Domingo, 12 Noviembre 2017 20:45

LA VÍA LÁCTEA - GAZAPO /Ileana Mayanin/ traducción al francés /Miguel Ángel Real/

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GAZAPO

por Ileana Mayanin

Una vez fui un lobezno, de esos que no se comen a un conejo y que con tal de retener al suyo se vuelven vegetarianos y prefieren las sandías. Uno de esos lobeznos quienes ven a los ojos y gritan una y mil veces: ¡Estoy indefenso, no me lastimes! Sí... Sí lo fui, y de pronto, cuando mejor y más confiadamente dormía con mi conejo, un viento helado borró su sonrisa. Ya no me veía igual: su mirada era ausente, enojada, desconfiada, pero no hice caso, ¡era el mío!, ¿quién podría cambiarlo? Le abracé muy fuerte y quise acurrucarme con él y sentir su calorcito suave, su dulce pelaje, su olor a caramelo. De pronto, sentí un escalofrío que me recorrió todo el cuerpo haciéndome temblar. Me separé un poco, vi a mi conejo con su mirada perdida. Sus patitas tenían parte de mi cuerpo ensangrentado, así como también me lloraba el alma. No pude, tampoco tuve el valor de decir nada. Sólo se me ocurrió andar, partir lejos, a lugares remotos que poblaron mi infancia. Si me quedaba, corría el riesgo de morderlo, deshacerlo y tragarme ese dolor que me carcomía. Sí, no sabía qué pasaría conmigo, ni cuál sería mi rumbo, en tanto. Mientras avanzaba, mi cuerpo iba tomando otras formas (ya sin alma uno adquiere formas insólitas, casi macabras): me iba deformando y a poco iba buscando presas. Ya no quería comer sandías, mis colmillos crecían, ya no era yo. Aullé por el camino muy dolorosamente y sólo pude decir por última vez, muy bajito… ¡conejo te quiero, porque cuando no estabas, te extrañé!

LAPEREAU

 par Ileana Mayanin

Traduction de Miguel Ángel Real

Une fois je fus un louveteau, de ceux qui ne mangent pas un lapin et qui, dans le but de retenir le leur, deviennent végétariens et préfèrent les pastèques. L'un de ces louveteaux qui te regardent dans les yeux et crient une et mille fois: je suis sans défense, ne me fais pas de mal! Oui... Oui, je le fus, et soudain, au meilleur moment d'un sommeil confiant avec mon lapin, un vent glacial effaça son sourire. Il ne me voyait plus de la même façon, son regard était absent, en colère, méfiant, mais je n'ai pas fait attention : c'était mon lapin ! Qui pourrait le changer ? Je le serrai très fort et je voulus me blottir contre lui, sentir sa douce chaleur, son pelage suave, son odeur de caramel. Soudain, je ressentis un frisson qui parcourut tout mon corps en me faisant trembler. Je me suis éloigné un peu, j'ai vu mon lapin, son regard perdu. Ses petites pattes avaient une partie de mon corps ensanglanté, et mon âme pleurait aussi. Je n'ai pas pu, je n'ai pas eu le courage de dire quoi que ce soit. Je me suis juste mis à marcher, à partir loin, vers des endroits reculés qui avaient peuplé mon enfance. Si je restais, je courais le risque de le mordre, de le défaire et d'avaler cette douleur qui me rongeait. Oui, je ne savais pas ce que j'allais devenir, ni quel serait mon destin entre temps. Pendant que j'avançais, mon corps prenait d'autres formes (une fois sans âme, l'on acquiert des formes insolites, presque macabres) : je me déformais et peu à peu je cherchais des proies, je ne voulais plus manger de pastèques, mes crocs poussaient, je n'étais plus moi. Je hurlai sur le chemin, très douloureusement, je ne pus que dire une dernière fois, très doucement... mon lapin, je t'aime, car quand tu n'étais pas là, tu m'as manqué !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA VíA LÁCTEA

Por Ileana Mayanin


 

De pronto, desperté... fue un extraño sueño, olía a leche, a miel, te veía acariciando mi corazón. Cantabas canciones de amor, viajábamos por el espacio, entre polvo rojizo de Marte y estrellas. Dibujabas paisajes en el cielo, me susurrabas al oído cuentos multicolores y tres mariposas bailaban a nuestro alrededor al compás de una bella melodía. Al contarme esos cuentos, me hacías sentir viva. Me dijiste que la luna sí sabía a queso y que me conocías de mil años antes, que jamás te irías, que me habías buscado hace una vida y que vivía en tu corazón. Me recargué en tu pecho, escuché tu palpitar. Fue extraño oler incienso por primera vez, pero no me detuve a pensar en eso y continúe cantando tu vieja canción. Después, llegó la primera vela encendida... me pareció tan hermosa su luz que no vi las monedas brillar en tus ojos, ni los pétalos que se te caían de entre la ropa. Preferí abrazarte fuertemente y olvidar esos detalles que ya no tenían importancia. Vi más velas… Tu sonrisa era más hermosa aún, iluminada por esa tenue y armoniosa luz. Hacía frío, pero tú y yo lográbamos olvidar la gelidez del aire. No me percaté de tus manos ateridas, rígidas, ni observé tus pupilas fijas viendo al infinito. De repente llegó el día. Por fin pude ver a media luz que los anillos de Saturno servirían sólo como un ataúd. Marte se había ido para no volver jamás. Sí…Descubrí entonces que tiritaba, y que te era imposible reconfortarme. No había pulso desde hace mil años, nunca estuviste ahí, te habías muerto hace una vida, pero yo no lo recordaba. Sólo estabas vivo en mi interior, en mi mente, en mis sueños; te recosté suavemente, canté y bailé por última vez tu vieja canción, colocando nuevamente las monedas brillantes en tus ojos, acariciando tu cabello suave, ya sin vida. Me despedí, todo estuvo en mi mente. No eres real, ya no existes, hace muchas vidas te despediste.

 

 

 

 

LA VOIE LACTEE  

par Ileana Mayanin

Traduction de Miguel Ángel Real


 

Soudain je me suis réveillée... c'était un rêve étrange, ça sentait le lait, le miel, je te voyais caresser mon cœur. Tu chantais des chansons d'amour, nous voyagions dans l'espace, parmi la poussière rougeâtre de Mars et les étoiles. Tu dessinais des paysages dans le ciel, tu murmurais à mon oreille des histoires multicolores et trois papillons dansaient autour de nous au rythme d'une belle mélodie. En me racontant ces histoires tu me faisais sentir vivante. Tu me disais que la lune avait un goût de fromage et que tu me connaissais depuis mille ans, que jamais tu ne partirais, que cela faisait une vie entière que tu me cherchais et que je vivais dans ton cœur. Je me suis reposée sur ta poitrine, je l'écoutais battre. Ce fut étrange de sentir l'encens pour la première fois, mais je n'y ai pas fait attention et j'ai continué à chanter ta vieille chanson. Ensuite, la première bougie allumée arriva... sa lumière me sembla si belle que je n'ai pas vu briller les monnaies dans tes yeux, ni les pétales qui tombaient de ta robe. J'ai préféré te serrer fort dans mes bras et oublier ces détails qui n'avaient plus d'importance. J'ai vu d'autres bougies... Ton sourire était encore plus beau, illuminé par cette lumière ténue et harmonieuse. Il faisait froid, mais nous arrivions à oublier l'air glacial. Je n'ai pas réalisé que tes mains étaient gelées, rigides, ni n'ai observé tes pupilles fixes regardant vers l'infini. Le jour est arrivé soudain, j'ai enfin pu voir dans la pénombre que les anneaux de Saturne serviraient seulement comme un cercueil. Mars était partie pour ne plus jamais revenir. Oui... J'ai découvert aussitôt que je grelottais, et que c'était impossible que tu me réconfortes. Il n'y avait pas de pouls depuis mille ans, tu n'avais jamais été là, cela faisait une vie que tu étais mort, mais moi je ne m'en souvenais pas. Tu étais vivant seulement en moi, dans mon esprit, dans mes rêves ; je t'ai déposé doucement, j'ai chanté et j'ai dansé ta vieille chanson une dernière fois, en mettant à nouveau les monnaies brillantes sur tes yeux, en caressant tes cheveux doux, à présent sans vie. Je t'ai dit au revoir, tout avait existé dans mon esprit. Tu n'es pas réel, tu n'es plus, cela fait plusieurs vies que tu m'as dit au revoir.

 

Visto 172 veces Modificado por última vez en Martes, 28 Noviembre 2017 23:08
Ileana Mayanin

Ileana Mayanin: Artista plástico y diseñadora gráfica. Coeditora de "AMARGO ANIMAL" revista de poesía. Su obra ha sido expuesta en el instituto Jaime Sabines en Tuxtla Gutiérrez, Chiapas.  En Aguascalientes, Ags. Y en Morelia, Mich. Habiendo cursado varios talleres de artes visuales en los mismos. Ha impartido talleres de pintura y dibujo en zonas rurales para personas con discapacidad, hoy forma parte de la revista digital "LA PIRAÑA", como directora de arte y editora. Trabaja en su siguiente exposición "títeres"

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