Sábado, 26 Mayo 2018 05:46

MIRIAM MANCINI (Traduction par Miguel Ángel Real) MANIFESTE SEULEMENT

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MIRIAM MANCINI

Traduction par Miguel Ángel Real

MANIFESTE SEULEMENT

 

 

 

“la coutume nous tisse une toile d'araignée sur les pupilles”

O.Girondo

 

 

Je proteste contre la distance entre qui tu es et qui tu étais,

contre le confort de la coutume,

contra ta soumission et ta sagesse,

contre le conformisme, le manque de courage.

 

Je proteste contre la servitude de la peur,

la fuite de l'amour au plus offrant,

l'écroulement du rêve, la chute de la passion.

Je proteste contre les convenances et leurs conséquences,

la pauvreté des idées, la misère, et contre les misérables qui la génèrent.

 

Je proteste contre l'absence de ciel dans le regard,

contre les recoins sans baisers et la musique usée.

Contre la longue file d'excuses, la vieillesse anticipée,

contre l'application, et les pourquoi de la violence,

l'ennui et la carence.

 

Je proteste contre les politiques correctes d'action,

contre ce qui est dit et fait sans être ressenti,

contre l'autorité des temps meilleurs,

la diplomatie au détriment de la sincérité,

la rime au détriment de la poésie.

 

Je proteste contre la mélancolie,

contre la caresse vide, la fumée des jours,

contre l'étroitesse de la vision,

le manque d'inspiration, contre la parole qui décourage, qui heurte,

contre la célébrité du bien être, les pertes,

les mauvais moments, les impôts sur l'illusion.

 

Je proteste contre la fin de l'utopie,

contre la mauvaise presse de la folie,

contre l'absurdité des fins, contre toute sorte de mensonges.

Contre le silence qui cache,

la fissure qui sépare, la solitude qui ronge,

la vie qui simplement passe, les souvenirs qui blessent,

 

et la surprise qui s'échappe.

 

Contre le vent qui n'apporte pas de changements,

la lumière qui s'éteint, la joie dissipée,

la source des maux, l'enlèvement de l'espoir.

 

Contre ta voix endormie,

les raisons oubliées,

les remparts du je ne peux pas.

Je proteste, je proteste, je proteste ! Je proteste.

 

 

 

 

 

MOI, DONNE-MOI DE LA POESIE

 

 

« Que ton sang soit un avec mon sang,

que ta bouche entre dans ma bouche,

que ton cœur agrandisse le mien jusqu'à l'éclatement »

Juan Gelman

 

 

Je ne veux pas le temps qui se nomme temps.

Je préfère l'oubli.

Je ne veux pas la caresse vide,

la possibilité défaite, l'écoulement formel de la coutume, de l'ennui.

 

Je ne veux pas des essais répétés,

je ne veux pas des baisers sans perdre la tête,

ni savoir par cœur en quoi consiste ton destin,

quelles dettes te restent à payer. (Non, je ne veux pas te savoir à moi).

 

Moi, donne-moi ton abîme,

l'imprédictible instant où tu nais à nouveau,

ton agonie, ta conjuration.

Laisse-moi former un coin avec ton mystère,

et de là-bas te retrouver.

Je ne veux pas de situations inoubliables.

Je veux ton manque de bon sens, tes douleurs, la profondeur, le désordre.

 

Donne-moi le tremblement de tes tremblements,

la clé de tes rêves.

Je ne veux pas la vieillesse de la parole,

qui ne prend pas d'envol parmi les ombres.

 

Moi, donne-moi la vérité,

qui revit et qui tue.

Donne-moi le fracas de toutes tes batailles,

je veux la joie que l'on transpire.

Ne me donne pas  l'étroitesse du confort,

ni l'abri de ce qui est dû.

Moi, donne-moi l'authentique,

dans la simplicité comme dans la complexité.

 

Je ne veux pas le temps qui se nomme temps.

Je préfère l'oubli.

 

 

 

MIRIAM MANCINI

SOLO MANIFIESTO

 

 

 



"la costumbre nos teje una telaraña en las pupilas"

 O.Girondo


Protesto contra la distancia entre quien sos y quien eras,
contra la comodidad de la costumbre,
contra tu sumisión y tu cordura.
contra el conformismo, la falta de coraje.

Protesto contra la servidumbre del miedo,
la huida del amor a mejor postor,
el derrumbamiento del sueño, la caída de la pasión.
Protesto contra la conveniencia y sus consecuencias,
la pobreza de ideas, la miseria, y contra los miserables que la generan.

Protesto contra la ausencia de cielo en la mirada,
contra los rincones sin besos y la música gastada.
Contra la larga fila de excusas, la vejez anticipada,
contra la pulcritud, y los porqués de la violencia,
el aburrimiento y la carencia.

Protesto contra las políticas correctas de acción,
contra lo dicho y hecho sin sentirlo,
contra la potestad de los tiempos mejores,
la diplomacia en detrimento de la sinceridad,
la rima en detrimento de la poesía.

Protesto contra la melancolía,
contra la caricia vacía, el humo de los días,
contra la estrechez de la visión,
la falta de inspiración, contra la palabra que desalienta, que lastima,
contra la fama del bienestar, las pérdidas,
los malos ratos, los impuestos a la ilusión.

Protesto contra el fin de la utopía,
contra la mala prensa de la locura,
contra lo absurdo de los finales, contra toda clase de mentiras.
Contra el silencio que esconde,
la grieta que separa, la soledad que corroe,
la vida que simplemente pasa, los recuerdos que hieren,

y la sorpresa que escapa.

Contra el viento que no trae cambios,
la luz que se extingue, la alegría disipada,
la fuente de los males, la quita de la esperanza.

Contra tu voz adormecida,
las razones olvidadas,
las murallas del no puedo.
Protesto, protesto, ¡protesto! Yo protesto.

 

 

 

A MI DAME POESÍA

"Sea tu sangre una con mi sangre,

tu boca entre a mi boca,

tu corazón agrande el mío hasta estallar"

J.Gelman

 

No quiero el tiempo que se nombra tiempo.
Prefiero el olvido.
No quiero la caricia vacía,
la posibilidad deshecha, el discurrir formal de la costumbre, del hastío.
No quiero ensayos repetidos,
no quiero besos sin perder el juicio,
ni saber de memoria en qué consiste tu destino,
qué cuentas por pagar adeudas. (no, no quiero saberte mío).

A mí dame tu abismo,
el impredecible instante en que naces nuevo,
tu agonía, tu conjuro.
Déjame esquinarme en tu misterio,
y desde allí encontrarte.
No quiero situaciones olvidables.
Yo quiero tu insensatez, tus dolores, la profundidad, el desconcierto.

Dame el temblor de tus temores,
la clave de tus sueños.
No quiero la vejez de la palabra,
que no levanta vuelo entre las sombras.

A mí dame la verdad,
que revive y mata.
Dame el fragor de todas tus batallas,
quiero la alegría que se suda.
No me des la estrechez de la comodidad,
ni el amparo de lo debido.
A mí dame lo genuino,
en lo simple y lo complejo.

No quiero el tiempo que se nombra tiempo.
Prefiero el olvido.

Visto 228 veces Modificado por última vez en Jueves, 07 Junio 2018 04:11
MIRIAM MANCINI

Miriam  Miriam Mancini, oriunda de Buenos Aires, Argentina. Estudió psicología en la Uba, artes visuales y literatura. Escritora y poeta. Ganó certámenes de poesía en Argentina, de la editorial Ser y Dunken, participó de tres antologías de la editorial Dunken, presentadas en la Fil Argentina,es miembro de la primer plataforma colectiva argentina de poetas de la mencionada editorial, declarada de interés cultural por el gobierno de la provincia de Buenos Aires. Participa del grupo poético Pangea, cuya antología fue editada en México y presentada en la Fil en México. Con la editorial mexicana Dipsomania poética publicó la plaquette La premura de las rosas, presentada en diferentes eventos literarios en Mexico, su nueva plaquette De desmorirse hasta nacer, fue editada actualmente con la misma editorial. Su primer libro Irremediable en Argentina, se halla asimismo en edición.

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