Jueves, 04 Abril 2019 05:45

L'ombre de toi Ramiro Padilla Atondo / Traduction de Miguel Ángel Real /

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L'ombre de toi

Ramiro Padilla Atondo

Traduction de Miguel Ángel Real

 

 

Il y a juste un instant, ma mère parlait de ces choses étranges qui arrivent. Comme si elle voulait m'avouer quelque chose, maintenant que sa vie s'en va. Je l'ai trouvée très fatiguée. Elle ne sort presque plus de sa chambre. Elle a un parcours qu'elle compte de façon minutieuse. Quinze pas de son lit jusqu'au fauteuil du salon, une sorte d'habitude qu'elle a peu a peu élaborée avec le temps. Quand elle est devenue veuve, elle jura solennellement qu'elle rejoindrait mon père dans un mois, tout au plus. Elle était inconsolable. On a dû lui administrer des médicaments pour qu'elle se calme. Dix années sont passées. Je ne sais pas si cette affaire des longues relations atteindra ce niveau d'intimité où le couple ne peut pas survivre sans l'autre. Dans le cas de ma mère, au moins, ce mantra ne s'est pas avéré être vrai. D'abord elle a eu des doses de mélancolie, elle refusait de manger et nous devions la convaincre. La dame qui nous aide nous fut d'une grande utilité. Elle parle avec passion de la tragédie de sa vie. Elle dit à qui voudra l'écouter que son mari fut toujours un salaud et qu'il la battait. Ses enfants sont partis loin et d'une certaine façon nous jouâmes à l'adoption mutuelle. Elle commença à nous aimer comme la famille qu'elle avait toujours voulu avoir, et nous, comme le membre de la famille venu pour rester. Sa maison finit par être totalement occupée par une de ses filles dont le mari est un escroc qui lui rendait la vie impossible. Nous avions été mis au courant de cela quand elle respira enfin, soulagée, à la vue de sa chambre du deuxième étage, un endroit bien éclairé avec une large baie vitrée orientée vers l'est, où pointe le soleil. Elle nous disait toujours que c'était la meilleure vue qu'elle avait eue de sa vie. Et elle a raison. Quand mon père arriva dans cette ville avec sa valise et que son épouse enceinte réalisa la potentialité du secteur. Un quartier au nord de la ville sur un paysage surélevé. Les pluies n'inondaient pas les rues à cause du dénivelé et la vue sur la vallée était magnifique. C'est pour cela que la femme de ménage adorait qu'on lui ait attribué cette chambre du deuxième étage. C'était ma chambre d'étudiant, autrefois inondée de posters de groupes de rock progressif des années soixante-dix et quatre-vingts. Moi aussi, je l'avais toujours aimée. Surtout après les fêtes. Mon père n'accordait aucune importance à mon heure d'arrivée car à cette époque-là la ville était un havre de paix, loin de la violence qui résonnait au nord.

 

Ma mère refusa d'utiliser le déambulateur pendant quelques années. Nous considérâmes la possibilité de lui mettre un casque car elle avait tendance à tomber, sûre de la force de ses jambes qui pliaient sans la prévenir. La transition ne fut pas facile. La fierté lui disait que ce serait honteux que des amis et des membres de la famille la voient ainsi, harcelée par la sénilité sans aucun droit de réponse. Et nous ne pouvions pas rester tout le temps pour nous occuper d'elle. Mais l'idée du casque l'incommoda encore plus. Malgré son âge, sa vanité reste intacte. Ses cheveux blancs sont encore épais et elle adore les brosser. Le manuel des gens bien stipule qu'à un moment donné de la vie, les enfants deviendront les parents de leurs parents. Un retour à la graine de la vie, l'arbre qui dépérit mais qu'il faut encore arroser. L'arroser avec amour. Contrairement aux gringos, planificateurs experts de la sénilité.

 

Ma mère m'a demandé d'aller faire les courses. Elle ne peut plus cuisiner mais elle adore s’asseoir devant la table de la cuisine pour donner des indications à Lola, qui nous aide. Même si sa main tremble, elle a encore une écriture suffisamment claire pour noter ce qu'elle pense cuisiner dans la journée. La routine de se lever du salon jusqu'à la cuisine n'a pas changé. A 10:45 précises elle pointe son bras vers la personne la plus proche. Elle s'approche du déambulateur et dans un effort titanesque elle se dirige vers la cuisine. Cela fait déjà vingt ans, au début de la maladie de mon père, celui-ci disait que ce n'était plus possible d'inviter les gens de la rue à manger. C'était une coutume adoptée par ma mère à l'endroit où elle avait grandi. Elle nous avait toujours dit qu'on ne refusait jamais la nourriture à qui que ce soit, jusqu'à ce qu'ils se fassent cambrioler. Et elle vieillit soudainement après l'attaque. Et de façon inexplicable. Cela a peut être à voir avec la croissance des villes. Des quartier autrefois pacifiques sont aujourd'hui en proie à la délinquance. Il n'y a plus de voitures ouvertes ni de portes sans verrou. Plus de bicyclettes laissées dans la cour ni de réservoirs de gaz sans chaînes. Tout est parti à vau-l'eau. Ma mère explique à Lola les ingrédients et les quantités pour préparer un ragoût de poisson. C'est une recette qu'elle a inventée. Lola l'écoute attentivement même si elle a préparé ce ragoût plus de mille fois. Elle fait cuire les légumes et les assaisonne, fait goûter le bouillon à ma mère qui acquiesce et sourit. Il y a de l'amour entre elles. Je sors dans la rue et je descends le long de l'avenue. Mon père avait décrit le cambrioleur comme un type élancé et brun, avec un aspect particulier qui lui avait semblé intrigant. Il disait qu'il fallait être terriblement stupide pour traverser vie en cambriolant des gens avec un visage si bizarre. Et je m'en souviens juste maintenant. Après sa retraite, la vie de mon père subit peu de modifications. Il voyagea beaucoup et il rêva toujours de finir cette vie bohémienne, de s'asseoir dans le fauteuil pour regarder la télévision jusqu'à ce que ses yeux éclatent. Et il tint parole. C'est pourquoi l'attaque modifia sa routine de façon inattendue. Bien que vingt ans se soient écoulées depuis le cambriolage, son bagout est toujours là, rebondissant. Pendant des mois, mon père ne parla de rien d'autre. Il appela la police et raconta l'incident en long, en large et en travers. C'était un fanatique des films de détectives. Les policiers lèverent quelque peu les sourcils en entendant certains détails de sa description. Mais il racontait l'attaque avec une telle passion qu'on aurait dit qu'il voulait être cambriolé plus souvent. C'est pourquoi je m'en rappelle de façon aussi nette. Car cela devint son histoire préférée. Il marcha le long de la rue principale, autrefois un sentier. C'est ainsi qu'on y faisait allusion, le sentier, car il y a des noms qui sont là pour rester. Quand mon père put enfin construire les deux pièces de ce qui serait la première étape de la maison, cette partie de la ville n'avait pas encore de nom. Beaucoup la connaissaient comme le repaire des coyotes, les confins de la ville, et sa rue principale, c'était tout simplement le sentier. Même si avec les années et la croissance le quartier cessa d'être un repaire des coyotes, pour devenir un faubourg qui avec le temps deviendrait un boulevard dégagé, avec un nom de date historique : le 18 mai. Ce que mon père oublia de dire à la police était que c'était lui qui avait invité le cambrioleur à manger. Ce fut toujours la clé de l'affaire. Un type qui sonne à la grille, et ma mère qui sort avec son sourire. Cuisinant toujours des portions généreuses, congelant la nourriture dans des sacs en plastique pour la réchauffer à nouveau quand l'occasion se présenterait. Et mon père qui ouvrait la grille au type au sourire. Car les cambrioleurs, bien évidemment, doivent prendre un certain air innocent. Il y a peut-être un autre genre de voleurs, mais dans ce cas, le type grand et démuni qui parle à peine ne représenterait jamais une menace pour un couple qui a accueilli des douzaines de gens comme cela. Depuis ceux qui, en guise de simple remerciement nettoient la cour ou lavent les casseroles jusqu'à ceux qui, non contents d'avoir le ventre plein, ont le culot de demander de l'argent. Mon père  refusait toujours, même si ma mère essayait d'atteindre son porte-monnaie devant le regard assassin de mon père, qui lui disait qu'il suffisait de les nourrir. C'est pourquoi ils n'hésitèrent pas à lui demander de venir s'asseoir à table, car pour tuer l'ennui ils pouvaient parler avec quelqu'un de différent, dont la vie est une tragédie qui trouve, justement, un moment de paix à cette table où l'on partage la nourriture de façon généreuse. Des migrants et des drogués, des mères qui cherchent leurs enfants, des grand-parents abandonnés et ainsi de suite.

 

Et mes parents les écoutaient attentivement, en développant une tactique très efficace : se lever discrètement pour ouvrir la porte à l'invité et s'assurer que sa vie suive ce parcours tragique. Je ne sais pas si, en faisant cela, ils en tiraient une quelconque satisfaction.

 

Il n'y a plus d’échoppe, ni de marché. L'échoppe de Don Cosme disparut à cause de la chaîne de supermarchés qui dorénavant poussent comme l'herbe dans n'importe quel quartier. Les villes cessent d'avoir une âme, et deviennent des copies des autres. J'achète peu à peu les ingrédients pendant que les autres clients parcourent les rayons, chacun à leur rythme. Les bouchers agissent avec nonchalance, comme s'ils étaient les maîtres du temps des autres. C'est du moins ce que je pense, pendant qu'on me sert les escalopes de poulet désossées que ma mère avait commandé. Tout va dans le caddie. Mon père disait que le type les avait menacé avec son pistolet. Qu'il l'avait caché dans ses vêtements. Que qui était-il pour vérifier que les personnes invitées chez lui à manger ne portaient pas d'armes. C'est qu'il avait dit à la police. Il leur dit que l'attaque eut lieu quelques heures auparavant, mais comme il ne comprenait pas très bien ce qui s'était passé, il n'avait pas parlé immédiatement. Moi, je ne me suis jamais demandé pourquoi il avait pris son temps. Les vieux ont des façons d'agir différentes, ils voient le temps autrement, comme un triomphe. L'enfance est une période de journées interminables où ton corps change de façon imperceptible. La vieillesse, c'est être sûr de se lever le matin. C'est peut-être ta dernière journée. Je connaissais bien mon père et ses manies, voilà pourquoi je n'en fus pas étonné. Lola et ma mère avaient toujours refusé de parler de l'incident. Quand j'essayais de leur poser quelques questions, elles pleuraient. Je comprends que ce soit une affaire traumatisante, mais de mon point de vue, ce n'était qu'un cambriolage. C'est ce que je pense, et ensuite je pense que c'était stupide de ne pas avoir pris ma voiture. Maintenant, la maison est sur la colline et pour moi ce sera un test de monter avec les sacs des courses pleins. Mais les femmes ne pensent pas comme les hommes. Lola et ma mère sont assises en silence. Lola

lui caresse les cheveux. Ma mère sourit tristement. On dirait qu'elle va se mettre à pleurer. Elle fait un geste pour que j'approche une chaise et que je m'assoie face à elle :

-Le cambrioleur n'a jamais quitté la maison – me dit-elle en retenant ses larmes- ; il est enterré dans la cour.

 

 

La sombra de ti

 

 

Justo hace un rato mi madre hablaba de esas extrañas cosas que suceden. Como si quisiera confesarme algo ahora que se le va la vida.  La vi muy cansada. Casi no sale de su cuarto ya. Tiene un recorrido que cuenta de manera minuciosa. Son quince pasos de su cama al sillón de la sala, una suerte de costumbre que ha ido elaborando con los años. Cuando enviudó juró de manera solemne que alcanzaría a mi padre a más tardar en un mes. Estaba inconsolable. Tuvieron que medicarla para que se calmara. Han pasado diez años. No sé si este asunto de las relaciones largas llegue a ese nivel de intimidad en el que la pareja no pueda sobrevivir sin el otro. En el caso de mi madre al menos ese mantra ha resultado no ser cierto. Primero tuvo sus dosis de melancolía, se negaba a comer y teníamos que convencerla. La señora que nos ayuda resultó de gran ayuda. Platica con cierta pasión la tragedia de su vida. Dice a quien quiera escucharla que su marido siempre fue un cabrón y que la golpeaba. Sus hijos se largaron lejos y de cierta manera jugamos a la adopción mutua. Ella nos empezó a querer como a la familia que siempre deseó tener y nosotros como al miembro de la familia que llegó para quedarse. Su casa terminó por ser ocupada de manera total por una de sus hijas cuyo marido es un malandro que le hacía la vida de cuadritos. De eso nos enteramos después cuando por fin respiró aliviada ante la vista de su cuarto en el segundo piso, un lugar iluminado con un amplio ventanal  orientado hacia el este por donde el sol se asoma. Siempre nos dijo que esa era la mejor vista que había tenido en su vida. Y tiene razón. Cuando mi padre llegó a esta ciudad con su maleta y la esposa embarazada se dio cuenta del potencial de la zona. Una colonia en el norte de la ciudad en una zona elevada. Las lluvias no inundaban las calles por el declive y la vista al valle era preciosa. Por eso la señora de la limpieza adoraba el que se le hubiese permitido esa habitación en el  segundo piso.  Esa era mi habitación de estudiante, otrora inundada de posters de bandas de rock progresivo de los setentas y ochenta. A mí también siempre me gustó. Sobre todo después de las fiestas. A mi padre no le importaba mucho mi hora de llegada porque en ese entonces la ciudad era un remanso de paz, lejos de la violencia que se oía en el norte.

Mi madre se rehusó a usar la andadera por un par de años. Nos vimos en la disyuntiva de colocarle un casco por la proclividad a caerse, segura de la fuerza de unas piernas que fallaban sin avisar. La transición no fue tersa. El orgullo le decía que sería vergonzoso que amigos y familiares la vieran así, asaltada por la senilidad sin derecho a réplica. Y no podíamos estar todo el tiempo para cuidarla. Pero la idea del casco la incomodó aun más. A pesar de su edad tiene la vanidad intacta. Su cabello blanco aún es abundante y le encanta cepillárselo. El manual de los biennacidos indica que los hijos en alguna etapa de la vida se convertirán en padres de sus padres. Una vuelta a la semilla de la vida, el árbol que se marchita pero aún hay que regar. Regarlo con amor. Contrario a los gringos, expertos planificadores hasta de la senilidad.

Mi madre me ha pedido que vaya a la tienda. Ya no puede cocinar pero le encanta sentarse en la mesa de la cocina a darle indicaciones a Lola, la que nos ayuda. Aunque le tiembla la mano, tiene todavía la letra lo suficientemente clara para escribir lo que piensa cocinar en el día. La rutina de levantarse de la sala a la cocina no ha variado. Justo a las 10:45 estira el brazo a la persona más cercana. Arrima el andador y con un gigantesco esfuerzo se dirige a la cocina. Hace ya unos veinte años, en los albores de la enfermedad de mi padre,  él le dijo que ya no era posible invitar a gente de la calle a comer. Esa era una costumbre adoptada por mi madre en el lugar en el que creció. Siempre nos dijo que la comida no se le negaba a nadie hasta que los asaltaron. Y ella envejeció de repente después del asalto. Y de manera inexplicable.  Quizá  tiene que ver con el crecimiento de las ciudades. Barrios otrora pacíficos hoy son blanco de la delincuencia. Ya no hay carros abiertos y puertas sin seguro. Ya no hay bicicletas tiradas en el patio o tanques de gas sin cadena. Ya todo se fue al carajo. Mi madre le explica a Lola los ingredientes y sus cantidades para preparar un estofado de pescado. Es una receta que se le ocurrió a ella. Lola la escucha con atención a pesar de haber hecho ese mismo estofado más de mil ocasiones. Cuece los vegetales y los sazona, le da a probar el caldo a mi madre que sugiere y le sonríe. Hay amor entre ellas. Salgo a la calle y bajo la avenida. Mi padre describió al asaltante como a un tipo espigado y moreno, con una seña particular que le intrigó. Decía que había que ser inmensamente estúpido para ir por la vida asaltando gente con una cara tan rara. Y lo recuerdo justo ahora. Después de retirarse, la vida de mi padre se vio pocas veces alterada. Viajó mucho y siempre soñó con terminar esa vida gitana, con sentarse en el sillón a ver la televisión hasta que se le reventaran los ojos. Y lo cumplió. Por eso el asalto movió la rutina de manera inesperada. Aunque hayan pasado veinte años desde el asalto, su narrativa sigue ahí, rebotando. Durante meses mi padre no habló de otra cosa. Llamó a la policía y contó el incidente con pelos y señales. Era un fanático de las películas de detectives. Describió la escena con detalles que hicieron que los policías arquearan un poco las cejas.  Pero contaba el asalto con tanta pasión como si quisiera que lo asaltaran más seguido. Por eso lo recuerdo de manera nítida. Porque se convirtió en su historia favorita. Bajó a pie la calle principal, otrora una vereda. Así le decían, la vereda, porque hay nombres que llegan para quedarse. Cuando mi padre pudo al fin construir los dos cuartos de lo que sería la primera etapa de la casa, esa sección de la ciudad aun no tenía nombre. Muchos la identificaban como la coyotera, los confines de la ciudad, y su calle principal solo como la vereda. Aunque con los años y el crecimiento, la colonia dejó de ser la coyotera para convertirse en una colonia con nombre de héroe nacional, y la vereda pasó a ser una calle que con el tiempo se convertiría en un boulevard, claro, con nombre de fecha histórica, la 18 de mayo.  Lo que mi padre omitió decirle a la policía era que ellos habían invitado al asaltante a comer. Ese siempre fue el meollo del asunto. Un tipo que toca la reja y mi madre saliendo con su sonrisa. Siempre cocinando en generosas porciones, congelando la comida en bolsas de plástico para calentarla de nuevo cuando se diera la ocasión. Y mi padre abriéndole la reja al tipo que sonríe. Porque los asaltantes desde luego deben fingir cierta clase de inocencia. Quizá haya otro tipo de asaltantes, pero en este caso, el tipo alto y desvalido que a duras penas articula palabras jamás representaría una amenaza para un matrimonio que en su casa ha recibido decenas de su tipo. Desde aquellos que por puro agradecimiento limpian el patio o lavan los trastes hasta los que no contentos con tener la panza llena tienen el descaro de pedir dinero. Mi padre siempre se los negaba aunque mi madre hiciese el intento de alcanzar el monedero ante la mirada asesina de mi padre, que le decía que era suficiente con alimentarlos. Por eso no dudaron en sentarlo a la mesa, porque para matar la aburrición pueden hablar con alguien diferente cuya vida es una tragedia que tiene un momento de paz justo allí, en esa mesa donde se comparte la comida de manera generosa. Migrantes y drogadictos, madres que buscan a sus hijos, abuelos abandonados y un largo etcétera.

Y mis padres los escuchaban con atención, desarrollando una técnica muy efectiva, levantarse con discreción para abrirle la puerta al invitado, asegurarse de que su vida siguiera ese derrotero trágico. No sé si hacerlo les produjera alguna forma de satisfacción.

Ya no hay tiendita sino mercado. A la tiendita de Don Cosme la secó la cadena de supermercados que ahora se reproducen como la hierba en cualquier suburbio. Las ciudades dejan de tener alma y se convierten en copias unas de otras. Voy surtiendo los ingredientes mientras los demás clientes recorren a diferentes ritmos los pasillos. Los carniceros actúan con displicencia, como si fueran dueños del tiempo de los demás. Al menos eso pienso yo mientras me despachan las pechugas de pollo deshuesadas que me pidió mi madre. Todo va al carrito. Mi padre dijo que el tipo los amenazó con una pistola. Que la traía escondida en la ropa. Que quién era él para revisar que los invitados a comer en su casa no trajeran armas. Eso le dijo a la policía. Les dijo que el asalto ocurrió unas horas antes, pero como no comprendía bien a bien lo sucedido no habló de inmediato. Yo nunca me pregunté por qué tardó. Los ancianos tienen dinámicas diferentes, ven el tiempo de otra manera, como un triunfo. La niñez es un periodo de días interminables en los que tu cuerpo cambia de manera imperceptible. La vejez es cerciorarte de levantarte en la mañana. Quizá sea tu último día. Conocía bien a mi padre y sus manías, por eso no me extrañó. Lola y mi madre siempre se rehusaron a hablar del incidente. Cuando intentaba cuestionarlas lloraban. Entiendo que es un asunto traumático, pero desde mi perspectiva era solo un asalto. Eso pienso y luego pienso en la estupidez de no haber llevado mi coche. Ahora la casa está en la colina y será una prueba para mi condición subir con las bolsas del mandado llenas. Pero las mujeres piensan diferente de los hombres. Lola y mi madre  están sentadas en silencio. Lola  le acaricia el cabello. Mi madre sonríe con tristeza. Pareciese que está a punto de llorar.  Hace un gesto para que arrime una silla y me siente frente a ella:

—El asaltante nunca salió de la casa—me dice conteniendo las lágrimas—está enterrado en el patio.

Visto 773 veces Modificado por última vez en Jueves, 04 Abril 2019 22:32
Ramiro Padilla Atondo

Ramiro Padilla Atondo

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