Del libro Inclinación del relámpago

Gustavo Alatorre

 

Ebrietas, ebrietatis

 

Con un hijo entregado al alcohol, uno dispone del mundo como un príncipe y una baldosa de tierra es arrojada a la infancia del huracán más bello. Tres hijos me dieron los astros para curar mi alma, para mirarme entrar con ellos en la eternidad. A mi mujer la embellece la lluvia y en mis pulmones entran las estrellas de su cabello.

Pero lo mío es el vino, la ebriedad del instante que hace del mundo un carruaje en el que el Diablo espanta los atardeceres; por eso el día transcurre de noche y gira despacio en el engrane del tiempo.

Mi corazón dicen que es ternura, pero mis manos han derrotado más ocres y furias, más garamantas y tristezas. La oscuridad del nimbo, la templanza del mar o la sanación del enebro, fueron parte de mi dominio.

Cuando del mundo me vaya, mi eternidad será una sola.

Con un hijo entregado al alcohol, uno dispone del mundo como un príncipe.

 

 

 

 ***

 

Que el corazón de un dios habite tus ojos. Esta mañana te saludamos todos tus muertos. Mi planeta de herrumbre, mi cometa del aire: la distancia entre nosotros no existe por este día luminoso. Como el naufragio de un barco, mi alma se construye de pedazos de ti, de lugares donde los dos moramos como fantasmas de una casa enorme que es el mundo. Este dos de noviembre nos recorre las venas, nos hace tristes o decantados a una nostalgia de vidrio roto, de ventana entreabierta o de primera lluvia. Te dije que el amor crecía en mí como un desierto, pero fueron tus ojos los que dejaron vacío mi mundo, vacía mi tempestad, mi ciudad de ladrillo.

Que el tequila de un dios habite tu sombra.

Borracho, como la primera luz del mundo, siempre tuyo, desde ahora.

 

 

Gustavo Alatorre

 Extrait du livre “Inclinación del relámpago”

 traduction par Miguel Ángel Real

 

 

 

 

Ebrietas, ebrietatis

 

Avec un fils livré à l'alcool, l'on dispose du monde comme un prince et une dalle de terre est jetée à l'enfance du plus bel ouragan. Trois fils m'ont donné les astres pour guérir mon âme, pour que je me regarde entrer avec eux dans l'éternité. La pluie embellit ma femme et entrent dans mes poumons les étoiles de ses cheveux.

Mais le vin est mon affaire, l'ébriété de l'instant qui fait du monde une calèche où le Diable épouvante les crépuscules ; c'est pourquoi le jour se déroule la nuit et qu'il tourne doucement dans l'engrenage du temps.

On dit que mon cœur est tendresse, mais mes mains ont vaincu plus d'ocres et de furies, plus de garamantes et de tristesses. L'obscurité du nimbe, la tempérance de la mer ou la guérison du genévrier, ont fait partie de mon domaine.

Quand je partirai du monde, mon éternité sera une seule. Avec un fils livré à l'alcool, l'on dispose du monde comme un prince.

 

 

 

***

 

Que le cœur d'un dieu habite tes yeux. Ce matin nous, tous tes morts, te saluons. Ma planète de rouille, ma comète de l'air : la distance entre nous n'existe pas dans cette journée lumineuse. Comme le naufrage d'un bateau, mon âme se construit par des morceaux de toi, par des lieux où nous demeurons tous les deux comme des fantômes d'une énorme maison qu'est le monde. Ce deux novembre nous parcourt les veines, nous rend tristes ou décantés dans une nostalgie de verre brisé, de fenêtre entrouverte ou de première pluie. Je t'ai dit que l'amour grandissait en moi comme un désert, mais ce furent tes yeux qui ont laissé vide mon monde, vide ma tempête, ma ville de brique.

Que la tequila d'un dieu habite ton ombre.

Ivre, comme la première lumière du monde, toujours à toi, dorénavant.

 

Dos poemas de CATHERINE ANDRIEU

Traducidos del francés

por Miguel Angel Real

 

Extractos de “Nouvelles lunes”, Ed. du Petit Pavé, 2013

 

 

 

 

 

NEGACIÓN

 

¿Cuánto tiempo hace que la sangre no ha corrido entre tus muslos?

Planea el fantasma de la madre que te golpeaba y te encerraba en el armario.

Tú, hermanita, sola en la oscuridad, ojos abiertos pupilas bicolor

Gritabas. Yo te apretaba tanto contra mí que te hubiera asfixiado.

Callabas entonces. Y después para mí los largos pasillos blancos

Las puertas batiendo las cámaras de aislamiento cerradas a doble llave.

Palapaciones y electrochoques. Preguntas sin respuestas.

Haldol.

Planea el fantasma de la madre que terminaba las botellas y rompía el vidrio

Contra tus muñecas. Callabas más.

Yo estaba tras tu muro de silencio con las pupilas descoloridas a la escucha

De la noche que avanzaba sobre el crepúsculo, del odio que le vencía a la noche.

E invocaba al ángel de luz con relámpagos rojos y negros, a la tierra

Húmeda que gruñe y escupe los cuerpos que absorbe en chorros sulfurosos.

Vomitabas territorios enteros que yo recogía en mis manos de

Geógrafo.

Leía los Cantos de Maldoror. Encendía velas y practicaba

Encantamientos. Misas negras. Para que por fin te dejara, ella, la loca

Que destruía tus paisajes con una sola mirada de lava incandescente.

Hermanita, ángel mío, te invoqué pues como tú fui destronada

Por no haber conocido sino cólera y vergüenza. La revuelta de estar viva y ver

Con un don de visión doble.

¿Cuánto tiempo hace que el agua no ha corrido entre tus muslos?

Quería protegerte de la noche que avanza sobre el crepúsculo, del odio

Que le vence a la noche.

Pero ahí está el muro, entre tú y yo

Entre tú y yo.

Y hay largos pasillos blancos y manojos de llaves.

Las píldoras que me tomo y que hacen vacilar tu imagen. Ese hombre de blanco, que me dice que hace tres años Que estás muerta.

 

 

 

CARROÑA

 

Hurgabas en mí, tu ojo al filo del sexo. Yo, exhumada de la tierra húmeda, fría. Los restos de lo que yo era. Una carroña.

 

Alisabas mi cráneo calvo entre tus manos.

 

Había bebido el filtro, volver era para siempre, incluso de entre los muertos.

 

Revivir la misma escena.

 

Estar condenada a ello.

 

Contemplabas mis órbitas, te perdías en adivinaciones.

 

El ojo al filo del sexo. Abierto.

 

La pupila, raja vertical, estaba salpicada de luna.

 

Como un bajel muerto sobre las olas de plata del río del olvido.

 

No podía verte, porque ya no tenía ojos. Pero mi memoria abofeteada estaba intacta. Yo era tu cosa, y todo mi cuerpo disperso, inmóvil.

 

Yo no sentía, pero lo recordaba todo. La violación, aquella noche. El rumor de los árboles. Los reflejos rubios en tu pelo.

 

El temblor de tus dedos en torno a mi boca.

 

El largo cuello de cisne que zozobraba en el mar y dejaba tras él

 

Una lluvia de bruma y de espuma en las rompientes. Del olvido, incluso, me acordaba. Del sabor de la sangre. Del asco de mi infancia.

 

Yo era un cadáver, y tú clavabas más tu ojo. En mis entrañas. Pero te equivocabas, yo aún era algo. Ese dedo, putrefacto, tendido hacia el cielo.

 

Una raíz que une la tierra a las estrellas. Una uña cubierta de barro que se clava en tu ojo. Lo revienta.

 

¡Revienta, carroña!

 

 

 

 

CATHERINE ANDRIEU (Francia)

Dos poemas extractos de “Nouvelles lunes”, Ed.

du Petit Pavé, 2013

 

Déni

 

Depuis combien de temps le sang n’a-t-il ruisselé entre tes cuisses ?

Le phantasme de la mère plane qui te battait et t’enfermait dans le placard.

Toi, petite sœur, seule dans le noir, les yeux ouverts pupilles bicolores

Tu criais. Moi, je te serrais contre moi tant et tant à t’étouffer.

Tu te taisais alors. Et puis c’étaient pour moi les longs couloirs blancs

Les portes battantes les chambres d’isolement fermées à double tour.

Les palpations et les électrochocs. Les questions sans réponses.

L’haldol.

Le phantasme de la mère plane qui finissait les bouteilles et cassait le verre

Contre tes poignets. Tu te taisais encore.

J’étais derrière ton mur de silence les prunelles décolorées à l’écoute

De la nuit qui avançait sur le crépuscule, de la haine qui l’emportait sur la nuit.

Et j’invoquais l’ange de lumière dans des éclairs rouges et noirs, la terre

Humide qui gronde et crache les corps qu’elle absorbe en gerbes sulfureuses.

Tu vomissais des territoires entiers que je recueillais en mes mains de

Géographe.

Je te lisais les Chants de Maldoror. J’allumais des bougies et faisais des

Incantations. Des messes noires. Pour qu’elle te laisse enfin, elle, la folle

Qui détruisait tes paysages d’un seul regard de lave incandescente.

Petite sœur, mon ange, je t’avais invoquée car comme toi j’étais déchue

De n’avoir connu que la colère et la honte. La révolte d’être vivante et de voir

Du don de double vue.

Depuis combien de temps l’eau n’a-t-elle ruisselé sur tes cuisses ?

Je voulais te protéger de la nuit qui avance sur le crépuscule, de la haine

Qui l’emporte sur la nuit.

Mais le mur est là, entre toi et moi

Entre moi et moi.

Et ce sont les longs couloirs blancs et les trousseaux de clés.

Les cachets que j’absorbe et qui font vaciller ton image. Cet homme-là, en blanc, qui me dit qu’il y a trois ans Que tu es morte.

 

 

 

Charogne

 

 

Tu me fouillais, ton œil au bout du sexe. Moi, exhumée de la terre humide, froide. Les restes de ce qui était moi.
Une charogne.

Tu lissais mon crâne chauve entre tes mains.

J’avais bu le philtre, revenir c’était pour toujours, même d’entre les morts.

Revivre la même scène.

Y être condamnée.

Tu contemplais mes orbites, te perdais en divinations.

L’œil au bout du sexe. Ouvert.

La pupille, fente verticale, était éclaboussée de lune.

Tel un vaisseau de mort sur les flots d’argent du fleuve de l’oubli.

Je ne pouvais te voir, car je n’avais plus d’yeux.
Mais ma mémoire bafouée était intacte.
 J’étais ta

chose, et tout mon corps dispersé, immobile.

Je ne sentais pas, mais me souvenais de tout. Du viol, cette nuit là.
Du bruissement dans les arbres.
Des reflets blonds dans tes cheveux.

Du frémissement de tes mains autour de ma bouche.

Du long cou du cygne qui sombrait dans les flots et laissait derrière lui

Une pluie de brume et d’écume en vagues déferlantes. De l’oubli, même, je me souvenais.
 Du goût du sang.
 Du dégoût de mon enfance.

J’étais un cadavre, et tu enfonçais encore ton œil. Dans mes entrailles.
 Mais tu te trompais, j’étais encore quelque chose. Ce doigt, putride, tendu vers le ciel.

Une racine qui relie la terre aux étoiles.
 Un ongle couvert de boue qui s’enfonce dans ton œil. Le crève.

Crève, charogne !

 

ROCHER QUI SAIGNE

ROCA SANGRANTE

 Rocío García Rey

 

 

Soy de nuevo la roca sangrante.

Peñascos diluidos a mi alrededor,

relojes detenidos en una arena

y en un mar al que el barco no me invitó a llegar.

Abrazos desteñidos.

Mudos silencios de tan aprendidos fríos.

Cambio el disco para oír la misma lontananza.

Estoy harta de esculpir ausencias.

Tal vez ha llegado la hora de renombrar el mar.

En él Alfonsina apaciguó el derrumbe.

Labios secos

pintados hoy sólo con el eco de las distantes olas.

¿Alfonsina, cómo pude atraparme en los vestigios de la sombra del amor?

¿Cómo pude haber tocado mi cuerpo

si el mar no nombró mi eco?

Húmedas manzanas me ofrecía Eva

y yo torpemente me di la media vuelta.

Disco rayado me enferma.

Hoy sólo quiero dormir amortajada

con las señas de las teclas de Pizarnik.

Ya no buscaré papalotes para echar a volar los relojes de la ausencia.

Ya no pronunciaré la piel para llenar mis manos de distancia:

mis manos, filamentos desnudos para desgarrar silencios.

Sólo el silencio nos convoca.

No fuimos amantes no fuimos fragatas.

Dido y Filis, sin saberlo, me he unido a la procesión de

las que cavan su propia tumba.

 

II

Estoy haciendo el recuento de los abandonos.

Ausencias en forma de piel muerta.

Quise sobrevivir.

Pude haber abrazado

los pistilos de luz que me otorgaban mis palabras.

Preferí ir a los funerales de mis abuelas suicidas.

Luego inventé mil epitafios

en los que aparecieran palabras contra el olvido.

Cartas, dolor, lamento: abismos dentro del propio abismo.

Dido, Filis, lo sé, me enseñaron a distinguir los colores del ocaso

pero yo me trepé al tren de las convenciones amorosas.

Con sombrero ascendí a los vagones de la locura

Creí que podría convertir mi dulce sombrero en chistera desteñida

acaso sacar un bosque,

un texto de las extinguidas nubes

un patidifuso tratado sobre el extenuante exilio.

El bosque fue el libro deshojado

cuyo epigrama usé para cubrir mi propio féretro.

Adiós sombreros, adiós señor Huidobro.

Adiós a los dioses en los que creyó Eneidas.

De la chistera más de una

hemos sacado mil tumbas: flores desteñidas

y textos silenciados.

Quise sobrevivir

y abracé a un muchacho centroamericano.

Acaso temores para nombrar elamor.

Regímenes de la ternura clausurados.

Tristes países en forma de piel enferma.

Somos los derrotados

Los que en girones creímos en la palabra Patria.

Patria y suicidas como emblema

de los nuevos textos.

Sólo vimos espesuras para reventar la luz en forma de palabras.

Vívida muerte la de los suicidios.

Dido, Filis, Sylvia, Alfonsina, Alejandra, saben que los únicos rezos

son la amargura del silencio.

Después lugares comunes como cadáver – sombra – muerte

Nuestros amantes partieron en barcos,

en corolas en forma de miedo.

Nuestros poemas quedaron en la bóveda de los fantasmas.

Madre de las ausentes.

Madre beso diluido.

Filis, Dido:

¿Deberé seguir compartiendo mi cuerpo con la ausencia?

¿Deberé deshojar las hojas de los libros para cubrir mi cuerpo?

Desnudez huérfana de flores.

Campanarios que sólo anuncian la tradición de la tristeza.

Estoy a punto de inhumarme.

Estoy a punto de claudicar ante la escritura de un poema.

No hallo el cuadro de Séraphine Louis

para poder recordar el discurso de las flores.

Dido, Filis, Alfonsina, Sylvia, Alejandra

¿Dónde deposito las palabras que creí tenían el color de Eros?

Tacto rezagado, maravillosamente vuelto féretro de las historias.

Trazo los nombres, nombres de las suicidas y el nombre de mi amante.

Tánatos vomita su humo de alergia al tacto, a las palabras

 

Roca sangrante será mi nombre

No importa si hay acta de defunción pintada de relato.

 

III

Nací en las deshoras del invierno

Dulce estación para aguardar tristezas

Las nuevas diosas me esperaban

Heroidas / Suicidas / Combatientes de palabras

En un reloj no caben las horas de la ausencia ni del desamor

Ni del olvido ni del abismo extendido a nuestro cuerpo.

Las diosas aún permanecen

en los anales de la sospecha de Homero y de Ulises.

No quisimos reconocer que alguna vez

besamos colores demenciales.

Espadas, seconal, pastillas muertas.

Espadas, seconal: acaso una misma tumba.

Fosa común para las que se pintaron de pasión y de locura.

 

 

IV

Cavaré mi propia tumba:

roca sangrante

roca aterida, cansada de la multiplicidad de ausencias.

Rito funerario clausurado.

Yo ocuparé el lugar de las suicidas.

Dido y Filis por fin descansarán fuera de la tumba.

 

 

 

 

ROCHER QUI SAIGNE

Par ROCÍO GARCÍA REY

 

Traduction par Miguel Ángel Real

 

 

Je suis à nouveau le rocher qui saigne.

Pierres diluées autour de moi,

horloges arrêtées dans du sable

et dans une mer que le bateau ne m'a pas invité à atteindre.

Étreintes déteintes.

Silences tus par le froid si bien appris.

Je change de disque pour entendre le même éloignement.

Je suis lasse de sculpter des absences.

Elle est peut être venue l'heure de renommer la mer.

Alfonsina y apaisa l'écroulement.

Lèvres sèches

peintes aujourd'hui juste par l'écho des vagues distantes.

Alfonsina, comment ai-je pu rester piégée dans les vestiges de l'ombre de l'amour ?

Comment ai-je pu toucher mon corps

si la mer n'a pas nommé mon écho ?

Ève m’offrait des pommes humides

et moi, maladroite, je me suis retournée.

Disque rayé j'en suis malade.

Aujourd'hui je veux seulement dormir ensevelie

dans les signes du clavier de Pizarnik.

Je ne chercherai plus de cerfs-volants pour faire voler les horloges de l'absence.

Je ne prononcerai plus la peau pour remplir mes mains de distance :

mes mains, filaments nus pour déchirer des silences.

Seulement le silence nous convoque.

Nous n'étions pas amants, nous n'étions pas frégates.

Didon et Phyllis, sans le savoir, j'ai rejoint la procession de

celles qui creusent leur propre tombe.

 

II

Je fais le décompte des renoncements.

Absences en forme de peau morte.

J'ai voulu survivre.

J'ai peut être embrassé

les pistils de lumière que m'offraient mes paroles.

J'ai préféré aller aux obsèques de mes grand-mères suicidaires.

Ensuite j'ai inventé mille épitaphes

où apparaîtraient des mots contre l'oubli .

Lettres, douleur, regrets : abîmes dans l'abîme lui-même.

Didon, Phyllis, je le sais, m'ont appris à distinguer les couleurs du crépuscule

mais j'ai grimpé dans le train des conventions amoureuses.

Avec un chapeau je suis montée dans les wagons de la folie.

J'ai cru que je pourrais transformer mon doux chapeau en haut-de-forme déteint

en sortir peut-être une forêt,

un texte des nuages éteints

un épatant traité sur l'exténuant exil.

La forêt fut le livre effeuillé

et avec son l'épigramme j'ai recouvert mon propre cercueil.

Adieu chapeaux, adieu monsieur Huidobro.

Adieu les dieux dans lesquels Énée croyait.

Du haut-de-forme, plutôt qu'une

nous avons sorti mille tombes : des fleurs déteintes

et des textes passés sous silence.

J'ai voulu survivre

et j'ai embrassé un garçon d'Amérique Centrale.

Des craintes peut-être pour nommer l'amour.

Régimes clôturés de la tendresse.

Tristes pays sous forme de peau malade.

Nous sommes les vaincus,

Nous qui en lambeaux avions cru au mot Patrie.

Patrie et suicides comme emblème

des nouveaux textes.

Nous n'avons vu que des maquis pour faire éclater la lumière en forme de paroles.

Mort vive celle des suicides.

Didon, Phyllys, Sylvia, Alfonsina, Alejandra, elles savent que les seules prières

sont l'amertume du silence.

Ensuite, des lieux communs tels que cadavre – ombre – mort.

Nos amants sont partis dans des bateaux,

dans des corolles en forme de peur.

Nos poèmes sont restés dans la voûte des fantômes.

Mère des absentes.

Mère baiser dilué.

Phyllis, Didon :

Devrai-je partager encore mon corps avec l'absence ?

Devrais-je effeuiller les feuilles des livres pour recouvrir mon corps ?

Nudité orpheline de fleurs.

Clochers qui annoncent seulement la tradition de la tristesse.

Je suis sur le point de m'inhumer.

Je suis sur le point de céder devant l'écriture d'un poème.

Je ne trouve plus le tableau de Séraphine Louis

pour pouvoir me rappeler le discours des fleurs.

Didon, Phyllis, Alfonsina, Sylvia, Alejandra

Où puis-je déposer les paroles qui, je croyais, avaient la couleur d’Éros ?

Toucher en retard, merveilleusement devenu cercueil des histoires.

Je retrace les noms, les noms des suicidaires et le nom de mon amant.

Thanatos vomit sa fumée d'allergie au toucher, aux paroles.

 

Rocher qui saigne sera mon nom

Peu importe s'il y a un certificat de décès peint comme un récit.

 

III

Je suis née à n'importe quelle heure de l'hiver

Douce saison pour attendre les tristesses

Les nouvelles déesses m'attendaient

Héroïdes / Suicides / Combattantes de mots

Dans une horloge, pas de place pour les heures de l'absence ni de l'indifférence

Ni de l'oubli ni de l'abîme étendu à notre corps.

Les déesses restent encore

dans les annales du soupçon d'Homère et d'Ulysse.

Nous n'avons pas voulu reconnaître que parfois

nous avons embrassé des couleurs démentes.

Épées, séconal, pillules mortes

Épées, séconal : peut-être une même tombe.

Fosse commune pour celles fardées de passion et de folie.

 

IV

Je creuserai ma propre tombe :

rocher qui saigne

rocher transi, fatigué par la multiplicité des absences.

Rite funéraire clôturé.

J'occuperai la place des suicides.

Didon et Phyllis reposeront enfin hors de la tombe.

 

 

 

DÉFILÉ DÉSOLÉ UNE SECOUSSE DE PLUS À CDMX1

DESFILE DESOLADO UN TEMBLOR MÁS EN CDMX

EDUARDO CERECEDO

 

 

 

 

Salen de la CDMX camiones de volteo

unos llevan una bandera nacional parpadeando

otros banderas de piratas, otros de su equipo favorito

todos llevan en su carga, las miradas de los dolientes,

la angustia de su gente, los corazones latiendo en esos

terrones de bardas, paredes, puertas, ventanas, lámparas

que colgaban y daban en su vaivén el sino de sismo de la casa,

del departamento, de la sotehuela, del baño, de la cocina,

de la recámara, de la sala, ahí van repartids en dolor, copeteados

de ardor en los ojos, los camiones son de colores, rojos, azules, verdes,

negros, unos descarapelados como edificios aún firmes, otros nuevos

estrenando el dolor en sus carrocerías, inaugurando algún suspiro

de los que miran.

Se han arremolinado los ojos en aquel desfile de defunción, algunas ropas

emulan esas banderas del adiós, agitándose por su cuenta entre el cascajo

que tiembla en la carga que irá a rellenar otras grietas abiertas el mismo día

en que cayeron las víctimas, en otros campos, en el mismo

cielo que ves.

Una mano de entre tantas se levanta de ese bosque de penuria, dice adiós

sin esperar respuesta. Un machetero responde el saludo a la queja de motores

abandonando la ciudad en ese desfile desolado que tiembla ahora por los

baches del camino.

 

 

 

 

EDUARDO CERECEDO

DÉFILÉ DÉSOLÉ UNE SECOUSSE DE PLUS À CDMX1

Traduction par Miguel Ángel Real

 

 

Des camions à benne quittent CDMX

les uns portent un drapeau national qui clignote

d'autres des drapeaux pirates, ou encore ceux de leur équipe préférée

tous portent dans leur charge les regards des malheureux,

l'angoisse de ses gens, les cœurs battants dans ces

cloisons en terre, dans ces murs, ces portes, ces fenêtres, ces lampes

qui pendaient et dans leur va-et-vient sonnaient le destin sismique du foyer,

de l'appartement, de la cour, de la salle de bains, de la cuisine,

de la cour, du salon, les voilà qui partent agencées dans la douleur, remplis

d'ardeur dans leurs yeux, les camions sont de couleur rouge, bleue, verte,

noire, les uns écorchés comme des édifices encore solides, d'autres neufs

qui étrennent la douleur dans leurs carrosseries et inaugurent un soupir quelconque

de ceux qui regardent.

Les yeux se sont agglutiné dans ce défilé de défunts, quelques vêtements

émulent ces drapeaux de l'adieu, s'agitant de leur côté parmi les gravats

qui tremblent dans la charge qui ira remplir d'autres fissures ouvertes le jour même

où les victimes sont tombées, dans d'autres champs, dans le même

ciel que tu vois.

Une main parmi tant d'autres se lève dans cette forêt de pénurie, elle dit au revoir

sans attendre de réponse. Un ouvrier répond en retour à la plainte des moteurs

et abandonne la ville dans ce défilé désolé qui tremble maintenant dans les

nids-de-poule du chemin

 

AGRADECIDA

TULIA GUISADO

 

Este poema ha sido publicado en OCTUBRE de 2017 en el número OCHO

de la revista española LA GALLA CIENCIA (ISSN 2386-7965)

(consulten también la versión digital de la revista: http://www.lagallaciencia.com/)

 

 

Agradezco el aire, y la densa brisa de agosto

con sus raíles dilatados que invitan al tropiezo,

al accidente, a la muerte, o a la herida irrevocable.

 

Agradezco la luz, y el silencio, y la posibilidad:

torno la mirada

hacia aquello que no veo y apenas invoco

la palabra, su leve roce es el pago de toda cobardía

para la que no he nacido,

no lo lamento.

 

Agradezco el sol y su caricia tibia todo el año

para crecer donde nadie crece en un cobijo

de pulcritud y cándida esperanza.

 

Agradezco la cicatriz que el hombre me ha dejado

donde no beberé y no cedo al silencio:

aquí y siempre gracias por la sangre.

 

Agradezco el barro y el tedio encendido,

qué otra certeza podríamos tener que la gratitud

y la mansedumbre y la calma, gracias.

 

Agradezco el frío, más allá del páramo,

al que tantos permanecen sometidos

donde yo soy solo una invitada

y me detengo y busco abrigo y me oigo

vivir en el gemido de la piedra y su triunfo

se torna gris y transparente: yo no he muerto.

Todavía.

 

Agradezco el hambre y la terca multitud empeñada

en seguir produciendo leche para la gran máquina

y la ingenuidad del ciudadano agradecido.

Satisfecho.

 

Agradezco el tiempo diluido atravesar

la edad de un cuerpo y su memoria herida

como una bala o una rémora anidar

más allá del llanto buscar

un hueco entre los dedos que justifique la mano

y la reduzca

y la arrugue

y la doblegue.

 

Agradezco la herida y a Dios ensanchándola

magnánimo

verosímil

callado.

Agradezco así nuestra sordera

tan necesaria

para justilicar Su ausencia.

 

Tan agradecida de la mosca

en la perfecta mejilla infantil

surcada ahora por la lágrima,

en este momento

 

En algún lugar

qué precision del daño

que eficacia la del hambre.

Agradezco el rigor de las bombas

que siempre suenan a lo lejos

para que la distancia nos haga limpios e inocentes

en qué juicio, el de hoy, el de cada día y siempre

en la hora punta de la mañana: siempre

inocentes.

 

Agradezco mucho ese momento.

 

Agradezco la llaga amarilla del anciano que arde

solo

y su balbuceo errante en la cama blanca

de la que huye, solo, con el miedo seguro

de lo inevitable, pero inmóvil, perdida

su mirada en algún lugar de esta pared

hoy

siempre.

 

Agradezco tanto la solidez del látigo,

la espléndida parábola que en el aire traza

su definitivo golpe sobre el animal y

sobre nosotros. Que sangramos.

 

Así torno la mirada hacia aquello que no veo

y agradezco tanta perfección definitiva

tanta liquidez de los contornos

donde

por fin

ahogarnos

todos

en silencio.

 

RECONNAISSANTE

Par TULIA GUISADO

Traduction par Miguel Angel Real

 

 

 

Je remercie l'air, et la dense brise d'août

avec ses rails dilatés qui nous invitent au faux-pas,

à l'accident, à la mort ou à la blessure irrévocable.

 

Je remercie la lumière, et le silence, et la possibilité:

je tourne mon regard

vers ce que je ne vois pas et j'invoque à peine

la parole, son frottement léger qui paie le prix de toutes les lâchetés

pour lesquelles je ne suis pas née,

je ne le regrette pas.

 

Je remercie le soleil et sa caresse tiède toute l'année

pour grandir où personne ne grandit dans un abri

de netteté et de candide espoir.

 

Je remercie la cicatrice que l'homme m'a laissée

où je ne boirai pas et je ne cède pas au silence :

ici et toujours merci pour le sang.

 

Je remercie la boue et l'ennui enflammé,

quelle autre conviction pourrions-nous avoir à part la gratitude

et la docilité et le calme, merci.

 

Je remercie le froid, au delà de la steppe,

auquel beaucoup restent soumis

où je ne suis qu'une invitée

où je m'arrête et je m'abrite et je m'entends

vivre dans le gémissement de la pierre et son triomphe

devient gris et transparent : je ne suis pas morte.

Pas encore.

 

Je remercie la faim et la foule opiniâtre qui s'acharne

à produire encore du lait pour la grande machine

et la naïveté du citoyen reconnaissant.

Satisfait.

 

Je remercie le temps dilué traverser

l'âge d'un corps et sa mémoire blessée

comme une balle ou un rémora nicher

au delà des larmes chercher

un recoin entre les doigts qui justifie la main

et qui la réduise

et qui la froisse

et qui la fasse plier.

 

Je remercie la blessure et Dieu qui l'élargit

magnanime

vraisemblable

silencieux.

Je remercie ainsi notre surdité

si nécessaire

pour justifier Son absence.

 

Si reconnaissante de la mouche

sur la joue parfaite d'un enfant

que sillonne à présent une larme,

en ce moment.

 

Quelque part

que la douleur est précise

que la faim est efficace.

Je remercie la rigueur des bombes

qui résonnent toujours au loin

pour que la distance nous rende propres et innocents

dans quel jugement, l'actuel, le quotidien et toujours

à l'heure de pointe du matin, toujours

innocents.

 

Je dis franchement merci à ce moment.

 

Je remercie la plaie jaune du vieillard qui brûle

seul

et son balbutiement errant dans le lit blanc

dont il fuit, seul, avec la peur certaine

de l'inévitable, mais immobile, perdu

son regard quelque part sur ce mur

aujourd'hui

toujours.

 

Je remercie tellement la solidité du fouet,

la splendide parabole qui dans l'air trace

son coup définitif sur l'animal et

sur nous. Qui saignons.

 

Ainsi je tourne mon regard vers ce que je ne vois pas

et je remercie tant de perfection définitive

tant de liquidité des contours

enfin

nous noyer

tous

en silence.

 

Adan Echeverría

Ahí van las brujas sobre los helicópteros

 

Traduction par Miguel Ángel Real

 

 

 

 

 

la luz cae encima de los vagones del metro

¿A qué salir a la superficie?

quedémonos encerrados en el cuarto

en el subterráneo

en el subsuelo

en el búnker

para qué volar si podemos arrastrarnos

para qué sonreír si podemos despedazarnos

hey tú préstame tu machete

epa ahí va el machetazo

justo a tiempo legal

consolatorio machetazo de tenerte

lejos lejos del corazón

Ahí van las brujas sobre los helicópteros

y esta ciudad

que se me mueve toda como la fe

hey tú deja el gimoteo

y que venga la Salsa

¡arránquese maestro!

arránquese los brazos y la esperanza

a qué salir a la superficie

quedémonos encerrados en el cuarto

las malditas azoteas me harán desfallecer

y la luz continuará su fuga

Esto ya no es divertido

 

 

 

 

Adan Echevarría

Voilà les sorcières sur les hélicoptères

Traduction par Miguel Ángel Real

 

 

 

 

la lumière tombe sur les wagons du métro

à quoi bon remonter à la surface?

restons enfermés dans notre chambre

dans le souterrain

dans le sous-sol

du bunker

pourquoi voler si nous pouvons nous traîner

pourquoi sourire si nous pouvons nous déchiqueter

hé toi prête-moi ta machette

et hop le coup de machette

juste à temps légal

consolateur coup de machette de t'avoir

loin loin du cœur

Voilà les sorcières sur les hélicoptères

et cette ville

qui bouge tout entière comme la foi

hé toi arrête de geindre

et allons-y avec la Salsa

lancez-vous monsieur !

lancez vos bras et votre espoir

à quoi bon remonter à la surface

restons enfermés dans notre chambre

les terrasses maudites me feront mourir

et la lumière continuera dans sa fuite

Ceci n'est plus drôle

Miércoles, 24 Enero 2018 21:47

PALIMPSESTO / Rocío García Rey /

 

PALIMPSESTO

Rocío García Rey

 

"[…] El puerto retrocede, la ciudad se extiende. Los tiempos idos avanzan.

Se abren paso los fantasmas desde el

exilio tristón de la memoria".

 

Eduardo Galeano

 

 

 

            En el principio fue el mar, en el principio fue una textura diferente a la del asfalto, un sonido diferente al del asfalto, un olor diferente. Luego ella fue naciendo, pálida y amplia. Fue trazada y escrita para albergar en sus noches y días parte de las historias de los que llegaron en barco. Fueron entonces borradas las ciudades que habían existido antes. Las otras ciudades fueron enterradas porque eran textos diferentes al de los nuevos sueños que llegaban.

            La ciudad latinoamericana llegó en barco y fue entonces parida como palimpsesto. De esa suerte fue constituyéndose la nueva textura asfalto.

            La ciudadtexto fue escrita como extensión de poder, como extensión de un imaginario que permitía ocupar y destruir zonas y espacios no útiles a los propósitos de dominio y coerción. El poder fue entendido como la extensión de fuerza de opresión.  El poder buscó alimentar una nueva textura de las avenidas y se olvidó del respeto a la diferencia.

             Los barcos están lejos y ahora sólo las huellas y cicatrices de los que llegaron antes. ¿Cómo comprender este espacio  a la luz de este siglo siglo, de esta increíble debacle?

            Borges en el poema  "Fundación mítica de Bueno Aires" planteó, con respecto a las ciudades: ¿Hasta dónde empieza y hasta dónde termina la ciudad?

            "Una cigarrería sahumó como un rosa

            el desierto. La tarde se había ahondado en ayeres

            los hombres compartieron un pasado ilusorio.

            Sólo faltó una cosa: la vereda de enfrente.

            A mi se me hace me hace cuento que empezó Bueno Aires:

            La juzgo tan eterna como el agua y el aire".

 

            En el caso Latinoamericano la ciudad empezó como espacio de control a la vez que espacio de búsqueda de lugar (es) que permitieran una creciente acumulación de la riqueza a través de instituciones de administración. Comprendemos así, que los espacios urbanos fueron el equivalente a la demarcación de fronteras sociales, ideológicas y culturales, pues no es casual que en el momento que las ciudades coloniales fueron trazadas y puestas en marcha quienes podían habitarlas, eran solamente peninsulares. Los indígenas estaban confinados a espacios cercanos, pero no a la ciudad misma. De esta forma cruzar la ciudad era cruzar la frontera. La ciudad imagen y la ciudad poder fue un espacio reservado para y por  la naciente élite latinoamericana.

            El mar quedó olvidado, las cordilleras quedaron olvidadas. Las nacientes ciudades fueron emergiendo con características propias, dando paso, de esta forma, a una cultura urbana específica. Fueron creadas, de manera concomitante, determinadas formas de asentamientos humanos y dinámicas demográficas, pues al concentrar a determinados grupos de población la ciudad se convirtió en desmemoria, al olvidar a los que están del otro lado de ella. Aspiración de unos, la ciudad impone flujos de emigración e inmigración.

            Con el paso del tiempo la ciudad albergó elementos heterogéneos lo que devino mosaico de discursos. En una ciudad hay múltiples espacios en su interior, ghetos que son la expresión del olvido, más allá de los fastuosos centros comerciales, más allá de los edificios emanados de la modernidad están los otros espacios, los lacerantes, cantegriles, cinturones de miseria, extensiones un ordenamiento que no acepta en sus muros la palabra miseria

            La ciudad es una intertextualidad donde los escritos antiguos son el testimonio de su

nacimiento. La ciudad respondió al llamado de la ausencia y se volvió contraste de presencias, donde "los cinturones de viviendas son cada vez más prósperos a medida que uno se acerca al centro de la ciudad".

            La ciudad no termina en el espacio físico, la ciudad nació y crece en el seno del imaginario occidental donde el poder debe encontrar un espacio y un territorio tangible. Los semáforos son el siga y pare de los textos entrecruzados que le dan vida, que la alimentan.

            En la ciudad se entrecruzan también las expresiones de poder. En ellas está el poder ejecutivo, el poder judicial, el poder... En ellas también se alberga el militarismo y se acaba con los espacios que no pertenecen a la ciudad oficial.

            La ciudad es el lugar de la ausencias, Buenos Aires, Lima, La Paz, La Ciudad de México Santiago de Chile, son parte de un mismo escrito, donde hay matices de diferencias entre ellas, pero finalmente son el resultado de la misma pluma.

            Recuperar calles, edificios, recuperar historias, equivale a recuperar espacios del otro tiempo, de la cultura del gheto, de la del grafitti herido. Nombrar de otra forma las catedrales de la memoria.

 

 

 

Los múltiples caminos en ‘La bastarda de Estambul’.

Adán Echeverría

 

Hay que decir que la escritora Elif Shafak (Estrasburgo, 1971) ha desarrollado una novela capaz de ser ejemplo para brindar talleres literarios a los escritores noveles. En esta novela la autora nos muestra desde la forma de nombrar sus capítulos con nombres de algún tipo de alimento, especia o aderezo, excepto el último capítulo, evidenciando la capitulación como un proyecto de escritura. Pretexta el condimento, la comida, la receta, el acto de cocinar, para poder narrarnos la historia de la familia de Zeliha Kazanci, uno de sus personajes principales.

Nos habla de Oriente y Occidente, como de uno solo, haciendo a los personajes tan humanos para reconocernos tan discriminatorios, tan intolerantes con los otros que no son como nosotros. Tenemos miedo a lo que desconocemos, y creemos que los que tienen otra cultura, que creemos tan disímil de la nuestra son ‘los malos’. Y así nos hace viajar, como nos despliega y nos hace enfrentarnos culturalmente entre Estambul, Turquía contra Texas y San Francisco, en los Estados Unidos.

Pone a dos mujeres jóvenes, las une por un pasado aterrador y trágico (estira la línea de tiempo desde el actual siglo XXI hasta el 1915 que tanto cambió la historia política y geográfica del pueblo turco como del pueblo armenio) y las hace reunirse con otros personajes –a veces apenas bocetados- en Círculos Literarios. Los personajes de Estambul que se juntan en el Café Kundera, mientras que en los Estados Unidos se reúnen en un sitio de chat dentro del internet, el Café Constantinopolis. De esta forma logra espejearlos, y nos muestra al mismo tiempo los dos mundos. Lo que me agrada de la novela es cómo la autora no toma partido por ninguno de sus personajes, y menos por los sucesos trágicos como el Holocausto Armenio.

En su novela “La bastarda de Estambul”, Shafak consigue entretenernos, contarnos un poco de historia sin hacer juicios moralistas ni históricos, sin ponerse de lado de algún bando dentro del conflicto. Si hay algún sitio en donde Elif se sitúa es en el de la literatura, y eso se agradece. La autora, al trazar tantos personajes femeninos, nos hade presentir que se ha desdoblado por lo menos en tres de sus personajes; los primeros dos son Zeliha, la madre (tía) de Asya: “Ahora Asya apartó la vista para no tener que mirar más a su madre, la madre a la que nunca llamaba ‘mamá’ y de la que esperaba distanciarse al convertirla en ‘tía’”. El tercer personaje en el que la autora parece estar desdoblada es Armanoush, la hija de una gringa con un armenio que vive en el exilio.

El juego que la autora emplea para unir las vidas de las jóvenes Asya y Armanoush es justo el personaje gringo. La madre de Armanoush, de nombre Rose quien luego de su divorcio del padre de su hija, vuelve a casarse con el turco Mustafa a quien su familia había enviado a los Estados Unidos “para que escapara del mal presagio que caía sobre los hombres de la familia Kazanci”.

Y es por medio de Armanoush desde la que Shafak nos muestra su apetito lector, tanto como las ganas de esparcir el pensamiento. Nos muestra a su joven armenio-americana leyendo a Borges, John Kennedy Toole, Herman Hesse, Óscar Hijuelos, Milan Kundera, Juan Ramón Jiménez entre otros; tan lectora que la hace decir: “Cuando leo un libro no me parece que haya terminado nada. Así que empiezo otro”, como si lo dijera la misma autora.

En la novela se saborean las comidas que se preparan, con ese exotismo que nos plantea la comida turca y armenia; pero igual se agradece el uso de todos los sentidos que la autora logra hacia el lector: los sonidos, la percepción de las gotas, las campanas, las llamadas a la oración, la música de Johnny Cash, el humo de los cigarrillos, el establecimiento para hacerse tatuajes. Y todo esto lo hace de las manos de sus personajes, tanto como de la ambientación en que los conduce. Como una gran lectora, como una plausible creadora, Shafak es capaz de evidenciar muchos de esos recovecos literarios que son capaces de atrapar al lector, y tenerlo sentado hasta la madrugada sin soltar el libro.

¿Qué peros puede tener el libro? Tal vez la historia no termina nunca de ser grandiosa, tal vez a la autora se le cae la novela al final, tal vez a la autora se le escapa el cierre de su historia, y lo precipita. Pero aún así la novela se disfruta, entretiene, informa sobre los aspectos de la historia armenia, conduele, evidencia la violencia del machismo, muestra el grillete de las familias que insisten en rechazar el individualismo, pero mantiene la propuesta clara del respeto a las tradiciones.

En la novela uno puede encontrar los desfases del tiempo; puede uno ir al pasado, al presente, lee unos esos pequeños adelantos (forwards); disfruta el cambio de las voces de los personajes como de los narradores, muchos capítulos se narran desde otra visión. Y eso se agradece.

Pero de la misma forma la autora comete ciertos errores y se vuelve cándida en su construcción. Uno de ellos pueden servir como excelentes ejercicios, básicos, para el taller literario, pero que deberían ser mejor ejecutados a la hora de escribir, es el haber creado esos dos pequeños espíritus que le hablan a la tía Banu, los yinni.

Porque utiliza el recurso de estos espíritus que la tía Banu ha capturado para que le cuenten el pasado de las personas, rumbo hacia cualquier época, a cualquier instante. Porque los yinni lo saben todo (y con este truco literario la autora apenas suplanta al narrador omnisciente, y resuelve de golpe el cómo contarnos los pasados de sus personajes). Entonces la tía Banu, de profesión “vidente”, es capaz de conocer los misterios que las personas han querido esconder, con tan solo mirarlos, tocarlos, estar cerca de ellos. Y esa me parece una forma muy simplista de hacer que el lector se entere de cosas del pasado.

Shafak no es la única que recurre a estos trucos literarios, lo sabemos. Uno lo puede destacar en la película The Village (titulada para México como La Aldea), de M. Night Shyamalan, una excelente obra de suspenso que contiene una escena final en la que el director muestra a los “ancianos líderes” de la aldea, entrando juntos a un cuarto, y revisando unos recortes de prensa que muestra que son unos excelentes científicos que compraron la tierra donde ahora viven apartados de la civilización. Una gratuidad de escena, porque al parecer no supieron como resolver que no había “espíritus malignos en el bosque que rodea la aldea”, sino que los ‘científicos’ lo han construido todo. Y como no se contar la historia, o ya no me queda presupuesto para filmar mucho más, entonces hago una escena, donde –sin otra razón que contarnos a los espectadores- los ancianos y líderes se acercan, y juntos entran a un cuarto a revisar sus recortes. ¡Vaya pues!

Eso es lo que con candidez ocurre con la novela de Elif Shafak. La utilización de los yinni le permiten a la tía Banu y a los lectores conocer el pasado de varios de sus personajes, y terminar de armar la historia que leemos. Una simpleza, pero a pesar de ello hay que admitir que la obra se conduce con fluidez.

Sin embargo, hay espacios dentro de la novela que son excesivamente de interés para un lector que busca estructuras literarias como yo. El inicio del capítulo 5, denominado Vainilla. En este capítulo, una de las escenas transcurre en el Café Kundera “una pequeña cafetería situada en el lado europeo de Estambul”. En ella la autora narra la historia del nombre del café, ¿porqué tiene el apellido de uno de los grandes novelistas de la literatura universal?, y hace que sus personajes debrayen en el asunto. Pero lo que ha llamado poderosamente mi interés es la decoración del local que Shafak describe así:

“De las cuatro paredes colgaban cientos de marcos de todos los tamaños y colores, una multitud de fotografías, pinturas y dibujos, tantos que era fácil dudar que hubiera una pared detrás. Daba la impresión de que el local estaba construido con marcos en lugar de ladrillos. Y en todos los marcos, sin excepción, aparecía la imagen de un camino o carretera. Anchas autopistas de Estados Unidos, carreteras infinitas de Australia, bulliciosas autovías de Alemania, glamurosos bulevares de París, atestadas calles de Roma, estrechos caminos de Machu Pichu, olvidados trayectos de caravanas en África del Norte y mapas de viejas vías comerciales por la Ruta de la Seda siguiendo los pasos de Marco Polo. Había caminos de todo el mundo.”

¡Wow! Lo que representa dicho local para un escritor, para todo lector, para todos los personajes de la literatura. Es el mismo Aleph narrado por Borges, “uno de los puntos del espacio que contienen todos los puntos”.

Sabemos que la literatura es un viaje. Toda vida es un viaje, del nacimiento hacia la muerte. Eso somos los seres vivos, los humanos que alcanzamos a darnos cuenta de ese mismo asunto. Vivir significa viajar por el estado corpóreo, construyendo la historia; vivir es un viaje hacia el futuro. No es por demás irónico, o hasta mágico encontrar este lugar en la novela de Shafak. Las múltiples posibilidades, los múltiples caminos hacia todos lados, cada camino, cada carretera, brecha, bulevar, avenida, no son más que eso, el recordatorio de seguir avanzando. Hacia adelante está el futuro; todos los días viajamos en el tiempo hacia el futuro, inmediato futuro, en el que somos totalmente diferentes al que éramos un segundo antes. De ahí lo hermoso de fantasear la detención del tiempo, de viajar al pasado, el pasado que justamente son las fotografías. Entras a una cafetería, un punto detenido en Estambul, desde donde puedes viajar hacia cualquier sitio. Es de reconocerse el impulso vital que esa escena nos brinda a los comensales del café, como a los que somos sus lectores. Viajar. Caminar cada uno de esos caminos, caminos de todo el mundo, desde los más humanamente civilizados, hasta los que nos muestran la grandeza de nuestros antepasados: Machu Pichu. Viajar implica dejar las cosas atrás, lo que estábamos haciendo, lo que tendremos que hacer cada minuto que llega a nosotros: “Hace ya diez años que recorro el mundo/ He vivido poco / Me he cansado mucho”, nos dice el poeta peruano José Santos Chocano. Y eso es un poco todo, lo que nos hace pensar, reflexionar, la autora de “La bastarda de Estambul” con esta gran escena.

Una novela que vale mucho la pena leer. Una novela que entretiene, se despliega para ser habitada, comunica, charla, conduele. Como este espacio de los múltiples caminos ha recorrer, hay varios espacios narrados que son muy hermosos por ser tan literarios, el globo que pasa por una ventana, mientras la violencia habita un cuerpo, o esa misma ventana donde una mujer escucha el exterior y se deja llevar trepada en el sentimiento y la congoja, dentro de un hospital. Y de esta forma, no importa incluso el espacio narrado por los yinni; al final la magia de la literatura está justamente en eso, en saber apropiarnos de los recursos literarios para contar historias.

 

Elif Shafak. “La bastarda de Estambul”. 381 pp. One Book Sin Fronteras. Traducción al español Sonia Tapia. Penguin Random House Grupo Editorial. Barcelona, España. Noviembre 2016.

Publicado en La pluma sobre el ojo

 

 

¿Quién encerró al Minotauro?

Adán Echeverría

 

 

El día de muertos la feria amaneció instalada en el parque sin que nadie escuchara algo. Los más trasnochadores dijeron que se fueron a dormir, abandonando el parque, a eso de las tres de la mañana y aún no había nada. Solo la mujer que acostumbraba alimentar a las gallinas de madrugada, vio pasar las camionetas, escuchó voces y algunos martillazos, pero nada tan escandaloso que previera todo el trabajo nocturno para levantar las atracciones.

Ahí estaban los futbolitos, las sillas voladoras, la rueda de la fortuna, esas tablas para tirar canicas, y la zona de rifles de aire para cazar patos de aluminio. En el centro de la feria se encontraba la casa de los sustos y a un costado, la entrada al laberinto con la leyenda: ¿Quién encerró al Minotauro?, entre dibujos de cuernos, colas de reses, pezuñas, y el torso de un hombre corpulento con la cara de un buey.

Al atardecer, los encargados de la feria vociferaban atrayendo a los clientes. La gente del pueblo salió de misa de difuntos y, contrario a las costumbres, quisieron gozar el esparcimiento, contra las indicaciones del párroco, de algunas de las señoras piadosas y de los hombres que apoyaban en la comunión.

Desde la entrada al laberinto, un hombre gritaba:

-¡Llega a ustedes Eeel Laberintooo! -Y abriendo los ojos como un poseso decía a los que se le acercaban: -Acérquense y atrévanse a entrar –la gente sonreía y temblaba al mismo tiempo, ante la desorbitada mirada del hombre; y el palurdo entonces levantaba la vista y continuaba invitando con sus ademanes: -¡Miren al monstruo: Mitad toro, mitad hombre!

Las personas dudaban porque. Además, el párroco había bajado de la Iglesia para agredir verbalmente a los encargados de la feria, junto con los feligreses:

- Es noche de día de muertos. Vayan a sus casas. Hagan oración.

Con todo y la confusión que se había armado, muchos se percataron que Raúl, uno de los acólitos de tan sólo 13 años, como un desafío hacía sí mismo, decidió entrar al laberinto. No había oscurecido cuando el muchacho preguntó al encargado: -¿Cuánto cuesta la entrada?

- Para ti es gratis.

A las dos de la mañana cuando la gente decidió que era tiempo de refugiarse en su casa, porque el frío comenzaba a picarles la piel, y los ojos les ardían por esas ventiscas heladas que circulaban en el descampado, la feria comenzó a cerrar sus atracciones. Pero nadie vio salir a Raúl del laberinto.

Sus padres quisieron hablar con los encargados de la feria pero ellos solo argumentaban: Es imposible que haya entrado solo, no se permite. Los niños tienen que entrar acompañados de un adulto.

Los padres y otras muchas personas del pueblo, enfurecidas, despertaron al alcalde, quien con los policías, los que vieron entrar al muchacho, y hasta el mismo sacerdote obligaron a los encargados a desmontar el laberinto. Estaba oscuro y una densa neblina había caído sobre el pueblo. Nada pudieron hallar entre los retorcidos fierros y láminas.

Los hombres de la feria fueron llevados a la cárcel pública. Los policías recorrieron las calles, interrogaron a los amigos de Raúl, dieron rondines por las carreteras aledañas, las entradas y las salidas del pueblo, se internaron por el monte, sin encontrar nada.

Cansados vieron salir el sol del amanecer, y ante la luz dulce de la mañana, con el terror en los ojos, se percataron que el parque se encontraba abandonado, limpio y silencioso: ningún juego mecánico ni carpa se encontraban instalados. Todas las atracciones que habían disfrutado por la noche, ante la luz brillante del sol, habían desaparecido; la feria había sido levantada y nadie supo cómo ni en qué momento. Corrieron hacia la cárcel pública a pedir explicación a los detenidos, pero no hallaron a nadie tras las rejas, sólo algunos huesos humanos y unos cráneos relucientes y pequeños como de niños, cenizas y las colillas de cigarros que presumían haber sido fumados hacía poco tiempo aun desprendía su picante aroma.

Apareció entre ellos la mujer que solía alimentar a las gallinas muy de madrugada y les dijo: -A las tres de la mañana se fueron en sus camionetas.

Publicado en NARVÍBOROS(Narrativa)

 

Buscando a Daniela (me encuentro) en Lágrimas de Newton

Adán Echeverría

 

Daniela se busca, Daniela encontrándose. En el espejo, desdoblada en la entrega. Vocación y sentido. Veracidad y repudio de las formas, dani dani danielita en la mira, mira la mirada... hay una d que se desdobla, se desgaja, suelta sus amarras y un cigarro que va cruzando entre los ojos, el humo y la luz y la luz es el humo en la conciencia. Otro cigarro, y sus manos crecen hacia mi. Y Daniela sigue fumando y viajando hacia la página en blanco, toda ella, toda. Una lente que hace el zoom no tradicional. Historias de simplezas, proezas heroicas de lo simple, o de los simples que somos todos. Y yo con la angustia por el rompimiento. Y todo duele en las vísceras, y me espera el inodoro, pero no me asusta la soledad, la soledad de los parques, del metro,  las casetas telefónicas, de la interface y de la comunidad de ficticianos donde la he reconocido por vez primera: Volantes, Red Ribbon.

Ahí está Daniela Bojórquez y yo meditando en la presentación del libro de cuentos que agrupa a los talleristas de Alberto Chimal. Hay algo de frío, una cerveza en la mano y miro a Daniela, ahí, como siempre que la he visto, tomando la palabra, saludando a los que pasan a su alrededor. Soy yo buscando a Daniela, reconociéndola en las voces de los personajes que describe en esta su primera obra, como si cargara con ellos todo el día (y es que puede suceder que uno lleve a todos lados a sus personajes), soy el lector que intenta adentrarse en la soledad (y qué es el rompimiento sino abandonarse a uno mismo), —te he hablado de ella— le había dicho en un cuarto de dos por dos, tocando el techo con las puntas de los pies, y ella (mi ella de aquel entonces) desnudita como debió estarlo siempre, va pasando su lengua en mi barbilla, estiro el libro de cuentos y le hablo: “Por la noche vuelven las pesadillas y Mena no tiene a quién abrazar”, salto un poco: “...la manera es lo de menos, y Mena, el día después de mañana mirando a mamá muerta...” (en Monito maniquí), me han gustado sus cuentos, le había dicho pero quizá no me escuchara, planeábamos ya la separación. Y supe de la soledad, leer la soledad, leer a solas, al amanecer, en los camiones, devorarse, fue cuando comencé a buscar a Daniela, y me dí cuenta que yo habitaba estas historias. Habitaba mi pasión, mi sentimiento tirado al aire, voladores de odio, aletazos de abandonos, todos nos decimos adiós sin consecuencias (¿todos?), los seres humanos predecibles y patéticos: y creía que aún no era humano: tear down the wall, gritan a mi oído.

Acá estoy, mi aquella me ha invitado a la presentación del libro de los talleristas de Alberto Chimal, en esta institución de letrilleros me hallo inexacto, robando el tiempo a mi propia vida, y en el avión, y en el hotel, y en las noches de  chelas y hierba y siempre las voces, todos dejando sudor en mi conciencia, y Daniela, Daniela Bojórquez entre los dedos, hoja a hoja página y blancura, el desdoblamiento del artista, fotógrafa, escritora, egresada del diplomado de la SOGEM del Estado de México, integrante de la primera generación de narrativa de la Fundación para las Letras Mexicanas, ahí estaba esa noche, igual que yo, caminando equidistantes, esperando el brindis: más alcohol, pláticas, las presentaciones; yo esperaba a quien todavía estaba en mi historia y contemplé a la autora, sus manos girando junto a mi rostro, llevarse el cigarro a los labios, sus ojos estudiando, contemplando más allá de nuestra forma; queda atrás la noche de la presentación, la madrugada y las desnudeces de mi aquella, los pies caminando el techo en la luz tenue; tengo su libro y esta nueva noche me espera sobre la hoja blanca, y voy revisando de nuevo su trabajo; detenido en este gusto de sentirme terco y atrapado en la lasitud de nombrarme y reconocerme. Daniela te busco y me he encontrado.

Estoy sentado como una linda mujercita, escuchando a la amiga que viene a contemplar mi tristeza, a ser compañera como siempre en los rompimientos, y una cometa se eleva en el parque de enfrente, y acá está la lluvia, siempre presente, cuántas veces he reconocido el rostro en esos nubarrones, buscando al autor me siento Mirta sentada frente a la narradora, esa voz que le va contando sobre los amores que se diluyen, que permiten sentirme una tonta-imbécil, una tierna mujercita como siempre he querido serlo; y mi aquella de ese entonces sería mi propio Gutierre.

“Olvida a Gutierre. Tienes ojos profundos y pocos años. Gutierre mañana o a más tardar dentro de tres semanas, se irá con otra (la idea de él en otro lugar, con alguna otra mujer en este momento, posa un velo como bruma del campo sobre los ojos de Mirta —y me reconozco Mirta—, que me miran con cariño a veces, extrañeza casi siempre y enojo en este instante).”, (en Perder el hilo).

Cierro el libro de Bojórquez, avanzo las páginas: “Habían dejado de verse, ocupada una en la venta de collares y el otro en un viaje a las islas del sur.” (en Mece el mar), no puede ser, carajo, sigo dentro, sigo desdoblado inmerso en la soledad, girando, girando sobre mi propia sombra que se descompone.

Mi propia ella que se ha desvanecido, ella es mi machito, ella mi cabra, ella mi rémora sanguínea. ¿Cómo se siente el esqueleto del abandonado? “Le parece que si él llega, no necesitarán de otras palabras, con que llegue es suficiente...” (en No demasiado).

Y nada nos detiene al alejarnos, se rompe el punto del no-retorno, como en la fornicación, si no se da el apretón de la calma, entonces todo se dispara hacia la salida, la salida de tu vida, y la mía, y la nuestra y nos quedamos cadavéricos y reptilíneos, óseos; es poco lo que nos condiciona, acá estamos lúgubres tras el abandono. Y habitamos la tierra, esta tierra que es la verdadera, la fantástica tierra de las fantasías, la isla misteriosa, la villa de Oz, la canción del inmigrante, el dorado, acá en nuestro territorio completamente nuestro, el mundo feliz, un mundo feliz, habitando la literatura, belwayé (para ser regionalistas), la matrix, cualquier zona-paraíso-lugar: comala, macondo, santa maría, cualquier otro, nuestros terrenos, nuestras ficciones, y Daniela Bojórquez perdida corriendo en esos sitios, de sitio a sitio hay estaciones, años, décadas, movimientos literarios, becas, traiciones, rompimientos, sueños, guerrillas, unos mueren, se dictan sentencias, caen los ahorcados y perdonen ustedes siempre no había armas atómicas, pero el tipo era malo eso que ni qué, se le ahorcó en cadena nacional porque era lo mejor para los niños, y siempre las vitaminas que nos levantan, las encuestas que nos apuntan sus molares de máquinas y raciocinios, pero ella camina, yo camino, ellos caminaron, todos sobre la literatura, y es que nadie nos arruina la zona que construimos, ni sus lagrimitas, ni sus llamaradas, acá estamos construyendo, construyéndonos, y nos vamos todos por la misma ruta, sigue el camino amarillo, o la línea de fuego, o quizá debas seguir pedaleando letra por letra para construirte y basta: ella no construye sobre eso, ya viene implícito en su genética, desde el kinder o en la primaria pudo ver los volantes en las casetas telefónicas, o mirar por las ventanillas del metro, pero la formación televisiva, de cineastas, fotográfica, nos trae al punto de chocar, colisionar, como intelectos, transformándonos, ella en sus narraciones, yo como sus personajes, y doliendo doliendo como en Duela duele: “Vivir ahí sería perfecto, el problema es la inseguridad, más para alguien como ella, que está sola, una mujer joven y sola”.

Siempre la soledad y la lluvia, el asfalto, los edificios, el metro no puede faltar, y el hacinamiento, y que me dices de la inseguridad, todo recurrente, y la forma tiene que ser armada para ignorar el fondo, o para crear el mismo fondo, el mundo construido de Daniela Bojórquez es diferente en la percepción hacia lo que puede suceder con el verdadero Distrito, (el defectuoso que ni qué —qué de qué, bueno, pos pa luego...) y la autora nos mira de reojo y lee con nosotros, se lee con nosotros, nos lee al interpretarla, y yo sentado(a) (ah, las dualidades tan incomprendidas por los homofóbicos) , soy Mirta (en Perder el hilo):

“—¿Qué decías?— pregunta.” (pregunto pal caso).

“—Decía que para ti Gutierre ya no existe—. (Que ya no exista, Mirta, y esto lo pienso mientras mi amiga regresa a la conversación, a su capuchino, a su presencia en estas mesas de la terraza).”

Lo piensa la narradora(o), Daniela —quizá— la maldita que le ha dado baje con el novio, amiga, si chucha y sus calzonzotes.

Todo se nos nubla de nuevo, las intenciones, los rostros que van recorriéndose uno a otro, y nos queda la cometa, detenida en el cielo, brillando, en contraste con el firmamento.

Todo se nubla, todo, todo, se va descascarando y me encuentro, me he encontrado buscando a Daniela. Voy hacia el espejo, y ahí estoy con el estómago crecido de las caguamas, con el pelo enredado, los mismos jeans sucios, y dentro de la pupila, la sonrisa destartalada de Daniela Bojórquez, atrás han quedado los sinsabores del rompimiento, los horizontes son plenos y anaranjados, amanece, seguiremos la ruta de las lecturas, hoy alguien me ha salvado. He leído y se que existo.

Lágrimas de Newton por Daniela Bojórquez publicado por Ficticia y la Fundación para las Letras Mexicanas, en la colección Biblioteca de Cuento “Primeras Obras” dividido en 4 partes: El clima para hoy, Horizonte: ventanas, Cajita de chácharas y Dos camiones, contiene 20 cuentos cortos en un total de 96 páginas.

Publicado en La pluma sobre el ojo
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