Martes, 17 Abril 2018 22:52

DAVID G. LAGO / CORAZON INMUEBLE /Ed. Lastura, 2017/

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DAVID G. LAGO

CORAZON INMUEBLEE

Ed. Lastura, 2017?

 

 

Poema finalista del Certamen de Poesía y Microrrelato de la Casa de la Juventud de Córdoba.

 

 

Se vende corazón para entrar a vivir.

De reciente construcción. Calidades de lujo.

Coqueto y diáfano. Zona tranquila y residencial.

Amplia terraza con vistas al mar. Alegre y soleado.

Buen aislamiento térmico, acústico (y sentimental).

Suelo de parquet.

Ideal para principiantes de mundano paladar.

 

Se vende corazón para reformar a su gusto.

Orientación sur. Todo interior.

Tarima flotante. Lleva años sin navegar.

Buena ubicación. Zona ajetreada.

Necesita reparaciones. Normal, corrientes de aire.

Escasas humedades. Esporádicos cortocircuitos.

Familiar y cotidiano. Vistas anodinas.

Ideal para conformistas. Precio a convenir.

 

Se vende corazón sin tejado. Inmobiliaria "Borrón y cuenta nueva".

Amplio solar. Infinitas posibilidades.

Suelo de barro, para andar descalzo.

Bien ventilado y luminoso. Vistas al universo.

Ideal para soñadores y dementes. Mejor ver.

 

 

 

 

negro sobre negro

 

He creado un Universo.

Espero que no te importe.

No tiene planetas, pero

podría pintarte alguno.

Tardo seis días -o menos-.

 

Te lo puedo pintar sin satélites

o con un millón de soles;

con cien sonidos nocturnos

o sin vida inteligente;

con indómitos volcanes

o sin mares ni oleaje.

 

 

Mejor no construyo un planeta.

Vivamos solos tú y yo

en mitad de este Universo.

Solitarios y perdidos,

sin estrellas que nos ladren,

nos persigan, nos vigilen,

nos insulten o nos tienten.

 

No. Que nadie nos moleste,

mucho menos el planeta

donde tengamos nuestros pies.

Deambulemos por la nada,

en el todo que he creado

para que juntos flotemos,

ingrávidos y valientes.

 

Espero que no te importe.

 

¿Y si un meteorito impactase

en el centro del planeta

que jamás construiré?

Que reviente. Que reviente

mi proyecto de planeta.

Que estallen sus mil colores.

 

No necesito pintarlo.

Ya he creado un Universo

perfecto, a nuestra escala,

sin detalles anecdóticos,

sin nada que lo pueda estropear,

sin nada que pueda eclipsarnos.

 

Esta noche nos mudamos.

Tú y yo, sin compañía. Solos

tú y yo. Negro sobre negro.

Espero que no te importe.

 

 

 

Perdulario

 

He perdido un tiempo de oro falso

esperando tu respuesta, tu retorno, tu reacción.

 

He perdido las llaves oxidadas

que abrían el cerrojo de acceso

a la caja fuerte de tus promesas.

 

He perdido la poca cordura que había en mi seso

cortejando a tu sombra escurridiza

por nocturnos callejones sin salida.

 

He perdido la esperanza inagotable y absurda

en un mundo mejor que habría de llegar

caminando de tu mano mutilada

-solo he pasado mil noches en vela-.

 

He perdido los partidos disputados

preguntando ¿en tu cancha o en la mía?,

y he sido goleado sin clemencia

una y otra vez.

 

He perdido todo el capital que invertí con ilusión

en tus trucos de ilusionismo

cuya falacia empiezo a vislumbrar

-solo he tardado mil noches en vela-.

 

He perdido todo el peso que no gané

cenando contigo a la luz de la Luna

en noches cegadas que me devoraban

estando tan solo.

 

He perdido la brújula y el Norte,

y huyendo del Este persigo

mis instintos primitivos

para hallar tierra mansa

-territorio inexplorado-.

 

He perdido los nervios e incluso el nerviosismo

que me provocaban tus prontos de histeria

y ahora soy, al fin, un hombre sosegado

-solo me ha costado mil noches en vela-.

 

He perdido el hilo argumental de aquel guión

que quisimos escribir,

aquel del que quise ser protagonista

mientras recortabas mis escenas de actor secundario.

 

He perdido ese tren que llevaba a ningún lugar

y ahora viajo a pie, descalzo y satisfecho

por poner, al fin, los pies en tierra firme.

 

He perdido la vista de tanto mirar hacia el Sol,

y he ganado amplitud de visión

por mirar el planeta con ojos sedientos.

 

He perdido hasta el miedo a mis miedos ocultos,

y he levantado la losa que me silenciaba,

gritándole al mundo que he vuelto a la vida.

 

Y aunque vivo con la nada en los bolsillos,

no todo está perdido.

 

 

DAVID G. LAGO

Traducción de Miguel Ángel Real

 Cœur immobilier

 

À vendre cœur pour y emménager.

De construction récente. Prestations luxueuses.

Coquet et diaphane. Quartier calme et résidentiel.

Vaste terrasse avec vue sur mer. Joyeux et ensoleillé.

Bon isolement thermique, acoustique (et sentimental).

Parquet au sol.

Idéal pour débutants au palais mondain.

 

À vendre cœur pour réformer à sa guise.

Orienté sud. Tout intérieur.

Parquet flottant. N'a pas navigué depuis des années.

Bien situé. Quartier trépidant.

A besoin de réparations. Normal, des courants d'air.

Peu d'humidités. Des court-circuits sporadiques.

Familial et quotidien. Vue anodine.

Idéal pour conformistes. Prix à débattre.

 

À vendre cœur sans toit. Agence « On fait table rase».

Ample terrain à bâtir. Des possibilités infinies.

Sol en terre cuite, pour marcher pieds-nus.

Bien aéré et lumineux. Vues sur l'univers.

Idéal pour rêveurs et déments. Plutôt le voir.

 

 

 

Noir sur noir

 

J'ai créé un Univers.

J'espère que cela ne te gêne pas.

Il n'a pas de planètes, mais

je pourrais t'en peindre quelques unes.

Cela me prend six jours (ou moins).

 

Je peux le peindre sans satellites

ou avec un million de soleils ;

avec cent sons nocturnes

ou sans vie intelligente ;

avec des volcans indomptables

ou sans mers ni houle.

 

Plutôt je ne construis plus de planète.

Vivons seuls toi et moi

au milieu de cet Univers.

Solitaires et perdus,

sans étoiles qui nous aboient dessus,

qui nous poursuivent, nous surveillent,

nous insultent ou nos tentent.

 

Non. Que personne ne nous dérange,

et encore moins la planète

où nous aurons nos pieds.

Déambulons dans le néant,

dans le tout que j'ai créé

pour qu'ensemble on flotte,

légers et courageux.

 

J'espère que cela ne te gêne pas.

 

Et si une météorite s'écrasait

sur le centre de la planète

que jamais je ne construirai ?

Qu'elle crève. Qu'il explose

mon projet de planète.

Que ses mille couleurs éclatent.

 

Je n'ai pas besoin de le peindre.

J'ai déjà créé un univers

parfait, à notre échelle,

sans détails anecdotiques,

sans rien qui puisse l'abîmer,

sans rien qui puisse nous éclipser.

 

Cette nuit on y déménage.

Toi et moi, sans autre compagnie. Seuls

toi et moi. Noir sur noir.

J'espère que cela ne te gêne pas

 

 

 

 

NEGLIGENT

 

J'ai perdu un temps en faux or

à attendre ta réponse, ton retour, ta réaction.

 

J'ai perdu les clés rouillées

qui ouvraient le verrou d'accès

au coffre-fort de tes promesses.

 

J'ai perdu le peu de sagesse qu'il y avait dans ma cervelle

à courtiser ton ombre évasive

dans des impasses nocturnes.

 

J'ai perdu l'espoir inépuisable et absurde

en un monde meilleur qui devrait arriver

si je marchais en tenant ta main mutilée

-je n'ai passé que mille nuits blanches-.

 

J'ai perdu les matchs disputés

à demander « sur ton terrain ou sur le mien ? »

et j'ai été battu à plates coutures

encore et encore.

 

J'ai perdu tout le capital qu' j'avais investi avec joie

dans tes trucs d’illusionnisme

dont je commence à apercevoir la supercherie

-je n'ai tardé que mile nuit blanches-.

 

J'ai perdu tout le poids que je n'ai pas gagné

en dînant avec toi au clair de Lune

lors des nuits aveugles qui me dévoraient

dans ma grande solitude.

 

J'ai perdu la boussole et le Nord,

et en fuyant de l'Est je recherche

mes instincts primaires

pour retrouver une terre paisible

-territoire inexploré-.

 

J'ai perdu les nerfs et même l'énervement

que me provoquaient tes crises d'hystérie

et à présent je suis, enfin, un homme posé

-cela ne m'a coûté que mille nuits blanches-.

 

J'ai perdu la trame de ce scénario

que nous voulions écrire,

celui dont je voulais être le protagoniste

pendant que tu effaçais mes scènes d'acteur secondaire.

 

J'ai perdu ce train qui ne menait nulle part

et maintenant je voyage à pied, déchaussé et satisfait

de poser, enfin, mes pieds sur la terre ferme.

 

J'ai perdu la vue pour avoir tant regardé vers le Soleil,

et j'ai gagné une vision plus large

en regardant la planète avec mes yeux assoiffés.

 

J'ai perdu même la peur à mes peurs cachées,

et j'ai soulevé la dalle qui me faisait taire,

en criant au monde que je suis de retour à la vie.

 

Et même si je vis avec le néant dans les poches

tout n'est pas perdu.

 

 

 

 

Visto 5602 veces Modificado por última vez en Jueves, 19 Abril 2018 14:51
DAVID G. LAGO

(Córdoba, 1981) es profesor de Geografía e Historia en un instituto de Enseñanza Secundaria de la provincia de Córdoba. Es licenciado en Historia del Arte por la UCO y licenciado en Antropología Social y Cultural por la UNED. Actualmente, estudia el grado en Lengua y literatura españolas en la UNED.

Interesado por la creación literaria desde la infancia, en los últimos años se ha volcado en la creación poética, obteniendo algunos reconocimientos. En 2016 vio la luz su primer libro de poemas, 33 reflexiones que Cristo haría en mi lugar. En 2017 publica dos nuevos poemarios: Satán es un canalla despeinado y Corazón inmueble.

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