Martes, 02 Julio 2019 01:39

ALEX CHICO POEMAS DE “HABITACIÓN EN W”, Traduits de l'espagnol par Miguel Ángel Real

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 ALEX CHICO

POEMAS DE “HABITACIÓN EN W”, La isla de Siltolá, Sevilla 2014

Traduits de l'espagnol par Miguel Ángel Real

 

 

 

SOBRE UN TEMA DE BLAS DE OTERO

 

 

Pregunto por la distancia

entre el libro y la vida

y accedo a la ventana para ver el mundo.

Una comarca indescifrable se abre paso

y me quedo a mitad de camino.

Establezco un pacto secreto con alguien

que asoma entre líneas.

No es más que un rostro oculto

a la espera de un nombre.

 

Se detiene el lenguaje

y descubre su función de siglos:

definir, en su justa medida,

las sombras que se deslizan

sobre una casa extranjera.

 

Pregunto por la distancia

y compruebo que no existe espacio

entre uno y otro punto.

Solo una extraña manera de permanecer,

de fingir,

de estar atento.

 

Aparentar que somos uno

cuando, al observar por la ventana,

también mentimos.

 

 

 

SUR UN THEME DE BLAS DE OTERO

 

Je m'interroge sur la distance

entre le livre et la vie

et j'accède à la fenêtre pour voir le monde.

Une contrée indéchiffrable se fraye un passage

et je reste à la moitié du chemin.

J'établis un pacte secret avec quelqu'un

qui pointe entre les lignes.

Ce n'est qu'un visage caché

en attente d'un homme.

 

Le langage s'arrête

et il découvre sa fonction séculaire :

définir, à leur juste mesure,

les ombres qui glissent

sur une maison étrangère.

 

Je m'interroge sur la distance

et je constate qu'il n'existe pas d'espace

entre un point et un autre.

Rien qu'une étrange manière de rester,

de feindre,

d'être attentif.

 

Prétendre qu'on est un

quand, en observant par la fenêtre,

nous mentons aussi.

 

 

 

 

ENCUENTRO

 

 

Somos el paisaje que ahora observamos.

Somos las aguas detenidas creando bancales.

Somos un  lugar remoto

y su proximidad al leerlo.

Somos el revés de una ciudad soñada.

Somos este entorno lleno de valles.

Su densidad cuando, al prevenirnos,

también nos expone.

Somos ese límite del mundo

que construyó murallas.

Somos su  forma de aislarnos.

Somos un cementerio de Yuste,

con ciento ochenta tumbas de soldados alemanes.

Somos memoria común

y, por familiar, callada.

Somos la moneda que alberga

en una misma cara ida y regreso.

Somos un  paseo a media tarde.

Somos cada uno de los palacios

que recuerdan un esplendor clausurado.

Somos ese instante perpetuo

a partir de unas pocas, sencillas verdades.

Somos  el abandono y  las ruinas,

la geografía de una naturaleza póstuma siempre.

Somos el río a su paso por una isla talada.

Somos esa encina solitaria que,

al llegar la noche, dialoga con el pasado.

Somos un territorio del suroeste de Europa.

Somos lugares de tránsito,

sus estaciones y sus dársenas.

Somos las vías de un tren regresando a Lisboa.

Los barcos sumergidos en el golfo de Nápoles.

Las islas por siempre varadas

de los mares de Grecia.

Somos la fotografía que se olvidó

sobre una mesa.

Somos el recuerdo de alguien que no existe,

mientras fija su perfil en los muros

desconchados de una ciudad del sur.

Somos esa luz que hacia dentro se dirige.

 

Somos  amigos.

Eso nos basta.

 

 

 

RENCONTRE

 

Nous sommes le passage que nous observons à présent.

Nous sommes les eaux arrêtées qui créent des terrasses.

Nous sommes un endroit lointain

et sa proximité quand on le lit.

Nous sommes l'envers d'une ville rêvée.

Nous sommes cet environnement rempli de vallées.

Sa densité quand, en nous prévenant,

il nous expose aussi.

Nous sommes cette limite du monde

qui a construit des murailles.

Nous sommes sa façon de nous isoler.

Nous sommes un cimetière de Yuste,

avec cent quatre-vingt tombes de soldats allemands.

Nous sommes la mémoire commune

et, en tant que familière, non dite.

Nous sommes la monnaie qui héberge

sur un seul côté l'aller et le retour.

Nous sommes une promenade au milieu de l'après-midi.

Nous sommes chacun des palais

qui rappellent une splendeur clôturée.

Nous sommes cet instant perpétuel

à partir de quelques vérités simples.

Nous sommes l'abandon et les ruines,

la géographie d'une nature toujours posthume.

Nous sommes le fleuve qui traverse une île élaguée.

Nous sommes ce chêne vert solitaire qui,

quand la nuit arrive, dialogue avec le passé.

Nous sommes un territoire du sud-ouest de l'Europe.

Nous sommes des lieux de passage,

leurs gares et leurs quais.

Nous sommes les voies d'un train qui retourne à Lisbonne.

Les bateaux coulés dans le golfe de Naples.

Les îles à jamais échouées

des mers de Grèce.

Nous sommes la photographie oubliée

sur une table.

Nous sommes le souvenir de quelqu'un qui n'existe pas,

pendant qu'il fixe son profil sur les murs

écaillés d'une ville du sud.

Nous sommes cette lumière qui se dirige vers l'intérieur.

 

Nous sommes des amis.

Cela nous suffit.

 

 

LA CURA

 

A veces todo lo importante

sucede en una minúscula fracción de tiempo:

el dibujo que alguien traza mientras cae,

la linea trasparente del curso del agua.

Ambos vuelven de lejos

y se reúnen con otra corriente más lejana.

La grieta se abre y nos descubre,

en su profundidad, una razón oculta.

(La alegría que supone vivir a solas

cuando te protegen ciertos seres,

igualmente invisibles.

La forma de estar en otros.

Los aplausos de un auditorio en ruinas.

La piel al descamarse lentamente por el frío).

 

Basta solo un minuto

para conocer las leyes del mundo.

Un fragmento.

Una pieza, mínima e insignificante,

capaz de enseñarnos

que resulta todo en ocasiones.

También vivir.

 

 

LA CURE

 

Parfois tout ce qui est important

arrive en un minuscule lapse de temps :

le dessin que quelqu'un trace pendant qu'il tombe,

la ligne transparente du cours de l'eau.

Tous deux reviennent de loin

et se réunissent avec un autre courant plus lointain.

La fissure s'ouvre et nous découvre,

dans sa profondeur, une raison cachée.

(La joie que suppose de vivre seul

quand certains êtres te protègent,

également invisibles.

La façon d'être en d'autres.

Les applaudissements d'un auditoire en ruine.

La peau qui desquame lentement à cause du froid).

 

Il suffit seulement d'une minute

pour connaître les lois du monde.

Un fragment.

Une pièce, minime et insignifiante,

capable de nous apprendre

qu'elle devient tout parfois.

Vivre aussi.

 

 

                          

NOSOTROS, LOS SOLITARIOS

 

Hay un reflejo y es efímero.

Ni siquiera la sombra nos acompaña.

Este domicilio de nadie

está en penumbra.

Así conservamos el aire,

los pocos alimentos

que nos mantienen aún con vida,

las paredes y su extraña palpitación

al ser golpeadas.

Fuera, el viento convierte en óxido

los goznes de la puerta,

los pliegues ya inservibles de las ventanas.

 

Y, sin embargo, conseguimos perpetuarnos.

Con alegría enferma,

en palabras de Ungaretti.

Salimos de la cueva

y pisamos la tierra con fuerza.

Alguien sentirá nuestro temblor

en otra parte.

 

Las sombras, al juntarse,

construyen algo parecido a la luz.

 

 

NOUS, LES SOLITAIRES

 

Il y a un reflet et c'est éphémère.

Même l'ombre ne nous accompagne pas.

Ce domicile de personne

est dans la pénombre.

Comme ça nous conservons l'air,

le peu d'aliments

qui nous maintiennent encore en vie,

les murs et leur étrange palpitation

quand ils sont frappés.

Dehors, le vent transforme en rouille

les gonds de la porte,

les plis finalement inutiles des fenêtres.

 

Et, pourtant, nous arrivons à nous perpétuer.

Avec une joie maladive,

en termes d'Ungaretti.

Nous sortons de la grotte

et nous foulons la terre avec force.

Quelqu'un ressentira notre tremblement

ailleurs.

 

Les ombres, en s'unissant,

construisent quelque chose qui ressemble à la lumière.

 

Visto 1126 veces Modificado por última vez en Martes, 02 Julio 2019 05:17
Álex Chico

Álex Chico (Plasencia, 1980)

 

es autor de la novela de ensayo ficción Un final para Benjamin Walter (Candaya, 2017, finalista del Prix européen de l’essai philosophique Walter Benjamin 2018), el cuaderno de notas Sesenta y cinco momentos en la vida de un escritor de posdatas, el ensayo Un hombre espera y los libros de poemas Habitación en W, Un lugar para nadie, Dimensión de la frontera y La tristeza del eco, reunidos en la antología Espacio en blanco 2008-2014 (2016). En 2018 apareció su libro de entrevistas Vivir enfrente y fue galardonado con una de las becas de escritura Montserrat Roig.

Sus poemas han aparecido en publicaciones como Turia, Suroeste, Litoral, ÆREA, Estación Poesía o Librújula. Ha ejercido la crítica literaria en diversos medios, como Ínsula, Cuadernos Hispanoamericanos, El Cuaderno, Oculta Lit, Revista de Letras o Clarín. En la actualidad forma parte del consejo de redacción de la revista Quimera.

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