Viernes, 21 Septiembre 2018 03:30

POESIDA / José Miguel Lecumberri /

Esta columna que saldrá cada vez que sea necesaria, sostiene la insostenible cabeza de la hydra. Textos ofrecidos a la Piraña para la deconstrucción del mundo.

 

 

POESIDA

José Miguel Lecumberri

 

 

“La destrucción fue mi Beatriz”, escribió Mallarmé,

Daba a entender que la poesía surge de algún lado

Que hay poesía antes que poema

Quizás sea el poema la ruina de la poesía,

Su dispersión

Por autofagia

Por canibalismo

Y quien convierta lo poético en escritura

Es un destructor

Un profanador ingenuo

De mensajes ultramanentes

Un cosificador

De artefactos sublimes

Que no pertenecen a este mundo

¿Es el poeta un completo idiota?

¿Qué significa ser poeta, hoy en día?

¿Existe tal cosa?

Esta época en la que conciencia

Y espiritualidad son modas frugales

Poses de alcurnia

El poeta se yergue aún con una voz sólida

Con una resonancia musical

Como trompeta de Jericó

Como ángel rabioso

Dispuesto a cabalgar a lomos

del Leviatán

Es labor del poeta detener

Aunque sea por un segundo

El horroroso progreso de la humanidad

Y de esta manera convertirse en un redentor

Es el acto poético

Un sabotaje

Hacia la civilización

Un acto terrorista

Como lo sugirió Hakim Bey

Que haga estallar la conciencia de consumo

Que destruya al zombie

Alquímicamente

Y lo transforme en dáimon

Acaso el poeta

Tiene ese poder

El poder del esquizo

Del delirante

El poder de resurgir de las catacumbas

Apestoso y putrefacto

Para anunciar nuevos mundos posibles

De luz y armonía

Traer la guerra para conquistar la paz

De forma definitiva

El poeta es un paria

Siempre lo ha sido

Un marginal

Y un suicida

Si no lo es

No es poeta

Porque lo que se carga

No es una cruz

Sino un arma de destrucción masiva

De las conciencias aburguesadas

Del proletarismo decadente

De la aristocracia infame

Un arma que arrasa con todo

Una destrucción perfecta

Caníbal

Sublime

Sus antiguas herramientas

Metro

Ritmo y rima

Son paradigmas momificados

En algoritmos sin alma

Instrucciones para el éxito literario

Putería

Machismo y payasada

Todo en volúmenes laureados

Por la crítica

En estúpidos versos sin poesía

No antipoemas

Contrapoemas

Como una enfermedad autoinmune

Los poetas están destruyendo la poesía.

 

J.M. Lecumberri

Publicado en ZONA DE DESASTRE

 

 

CONSUELO JIMÉNEZ

INCONTESTABLE

Traduction de Miguel Ángel Real

 

 

Soudain, vide, nul destin.

Rien que des nuages qui s'écoulent

en boucles d'abîme.

Soudain, un virage s'ouvre vers un autre,

les deux à coups de dents

avec la fureur du vent

ils s'emparent des rennes de la ligne droite.

Le secret sourire me ramène

au verbe, silence habité

dans la tanière du temps.

Le néant s'ouvre vers le tout,

la porte grince,

c'est l'heure sans aiguilles.

Soudain l'air choisit des accents,

des âmes qui guettent les battements.

Tais-toi, écoute, une tonalité résonne,

de vieux sons de ce nom

qui cille sur le revers de ma veste.

Soudain ta poitrine soupire

sous le seuil de l'histoire. Soudain j'écris quelque chose que je désire

hurler: ta lumière et ton ombre

comptent aussi dans ce défi vulgaire

d'avoir vécu.

 

 

 JE SAIS QUE CELA NE VA PAS TE PLAIRE

 

Il y a des jours où nous sommes en cristal,

on dirait que le cœur

s'oppose au verbe,

que la gorge se noie

dans le sourire forcé de n'importe quel

visage.

Il y a des jours où les miettes inondent

la table jusqu'à tomber par terre,

sans laisser-aller,

juste comme ça, vers l'abandon.

Il y a des jours où tu crois

que celui qui se réveille

le soleil dans la bouche

va l'avaler au prochain clignement des yeux.

Il y a des jours où tu voyages dans la fumée

d'une cigarette,

mais la cendre ne tombe nulle part,

il ne faut plus balayer.

 

 

 FOETUS RAIDE

 

Les paupières tiennent

sur le reflet de la fenêtre.

Mon corps, fœtus raide,

est un récit vétuste

d'un chêne aux branches fendues

qui gît dans le palpitement

de la fronde, son mystérieux,

appeau d'os détrônés

qui convoitent la sauge

aux fleurs bleues, violacées

ou jaunes, des vers pérennes

dans un monde qui est déjà écrit

 

 

CONSUELO JIMÉNEZ

INCUESTIONABLE

 

 

 

De repente, vacío, nulo destino.

Sólo nubes fluyendo

en rizos de abismo.

De repente, una curva se abre a otra,

ambas a dentelladas

con el furor del viento

se hacen con las riendas de la recta.

La callada sonrisa me devuelve al verbo,

habitado silenciar en el cubil del tiempo.

Se abre la nada al todo, la puerta chirria,

es hora sin agujas.

De repente el aire elige acentos,

almas que acechan latidos.

Calla, escucha, suena un tono,

viejos sones de aquel nombre,

que parpadea en mi solapa.

De repente suspira tu pecho

bajo el umbral de la historia.

De repente escribo algo que deseo

gritar: tu luz y tu sombra también

importan en este vulgar desafío

de haber vivido.

 

 

SÉ QUE NO TE VA A GUSTAR

 

 

 

Hay días, que somos de cristal,

parece que el corazón

se resiste al verbo,

que la garganta se ahoga

en la sonrisa forzada de cualquier

cara.

Hay días, que las migas inundan

la mesa hasta caer al suelo,

sin descuido,

sólo por un sí, al abandono.

Hay días, que crees,

que aquel que amanece

con el sol en la boca

se lo va a tragar en el parpadeo siguiente.

Hay días, que viajas en el humo

de un cigarrillo,

pero la ceniza no cae en ningún lugar,

ya no hace falta barrer.

 

 

 

 FETO YERTO

 

 

Se sostienen los párpados

en el reflejo de la ventana.

Mi cuerpo, feto yerto,

es relato vetusto

de un roble de hendidas ramas

que yace en el cancaneo

de la fronda, misterioso son,

reclamo de huesos destronados

que anhelan salvia

de flores azules, violáceas

ó amarillas, versos perennes

en un mundo que ya está escrito.

 

 

JOSÉ INIESTA

Traduction de Miguel Ángel Real

LA COUR OBSCURCIE

 

 

 

Repose, pensée, dans ces heures

sans personne.

Écoute les silences

de la cour obscurcie,

et le profond ravage de ta voix.

 

Et respire sans hâte

l'air de la nuit,

la féconde vigueur du souffle du monde

autour de ce jardin qui t'accorde

une odeur qui perdure

et les fleurs qui tombent.

 

 

 

 

 

SILENCE DANS LES VIGNES

 

Chaque jour nous atteignons encore plus le fond.

Il n'y a pas de douleur dans la terre que tu aperçois

transpercé par un étonnement paisible,

et aujourd'hui tout parle de toi dans les chemins

dans une journée sans nuages

de la fin de l'été.

 

Seulement ce que tu as aimé survit.

Enlever ta chemise et marcher déchaussé

de soif dans l'amour et devenir l'eau.

Quel silence retentissant dans les vignes,

quelle gravité dans chaque pas.

Quelle quiétude

que l'équilibre ancien d'un talus,

la prière du noyer près du chemin,

l'éclat du soleil sur ta peau

et en même temps sur les grappes serrées,

sur les terrasses sèches d'être vivant.

 

 

 LA NUIT AVEC MOI

 

Quel mystère dans la nuit,

quelle harmonie

sauvage

du cœur et des étoiles, face à face,

suspendue dans la quiétude du tourbillon.

Soudain rien n'avance ou ne recule.

Le regard me suffit, être du ciel

qui allume dans le vide ses chandelles,

respirer dans la cour obscurcie

l'arôme immédiat du jasmin

avec un amour profond. Tout vole,

et tombera vers son repos. Rien n'importe,

car dans cette aventure d'être vivant

et de ne rien savoir d'autre ni ne le désirer

je découvre un paradis,

mon ignorance.

 

 

  

SUR LE PONT

 

Il y a des endroits qui sont toujours retour.

Chaque jour ils nous donnent abondamment

ce que nous attendons sans le savoir,

la lumière quand il fait jour sur la mer,

l'eau soudaine dans les canaux,

les roseaux poussés par le vent,

le soleil des oranges

dans les vergers obscurs. Quelle liberté que de se taire et voir l'aurore

dans cet hiver nouveau de mon âge.

Je viens d'arriver jusqu'à ce pont

où chaque matin je m'arrête

sans connaître la raison

de me savoir si vivant,

et l'odeur de la terre me délie.

 

 

 

 UN VISAGE DANS LA LUMIÈRE BRISÉE

 

Minuit et orage.

Un point de destination, et la fenêtre.

Aujourd'hui ma main caresse sur les vitres

voilées par la pluie

ce qui a disparu,

la zone où la lumière est brisée.

La veine se dilate dans son frémissement. Nous n'exigeons plus rien dans cette maison,

et nous ravivons le feu qui s'épuise.

Dans sa permanence

l'amour est réponse,

et ces mains ouvertes à son offrande,

les pas qui retournent à travers la boue

vers la cabane de la fumée et de la pauvreté :

le calme déversé

sur la destruction.

 

 

 

 

 

 

 

JOSÉ INIESTA

EL PATIO OSCURECIDO

 

 

Descansa pensamiento en estas horas

sin nadie.

Escucha los silencios

del patio oscurecido,

y el hondo asolamiento de tu voz.

 

Y respira sin prisa

el aire de la noche,

el fecundo vigor del aliento del mundo

en torno a este jardín que te concede

un olor que perdura

y las flores que caen.

 

 

De “Bajo el sol de mis días”, Algaida, 2010

 

 

 

SILENCIO EN LAS VIÑAS

 

Cada día llegamos más al fondo.

No hay dolor en la tierra que divisas

flechado de un asombro sosegado,

y hoy todo habla de ti por los caminos

en un día sin nubes

del final del verano.

 

Tan sólo sobrevive lo que amaste. Quitarte la camisa e ir descalzo

de sed en el amor y ser el agua.

Qué silencio rotundo por las viñas,

qué grave cada paso.

Qué quietud

el equilibrio antiguo de un ribazo,

la oración del nogal junto al camino,

el resplandor del sol sobre tu piel

y a un tiempo en los racimos apretados,

en los secos bancales de ser vida.

 

De “El eje de la luz”, Renacimiento, Sevilla, 2017

 

 

 

 

 LA NOCHE CONMIGO

 

Qué misterio en la noche,

qué armonía

salvaje

de corazón y estrellas, frente a frente,

suspensa en la quietud del remolino.

De golpe nada avanza o retrocede.

Me basta la mirada, ser del cielo

que enciende en el vacío sus candelas,

respirar en el patio oscurecido

el aroma inmediato del jazmín

con un amor profundo. Todo vuela,

caerá a su reposo. Nada importa,

porque en esta aventura de ser vida

y no saber más nada ni anhelarlo

descubro un paraíso,

mi ignorancia.

 

De “El eje de la luz”, Renacimiento, Sevilla, 2017

 

 

 

 EN EL PUENTE

 

Hay lugares que siempre son retorno.

Cada día nos dan en abundancia

aquello que esperamos sin saberlo,

la luz cuando amanece sobre el mar,

el agua repentina en las acequias,

las cañas inclinadas por el viento,

el sol de las naranjas

en los huertos oscuros.

Qué libertad callar y ver la aurora

en este invierno nuevo de mis años.

Acabo de llegar hasta este puente

donde cada mañana me detengo

sin saber el porqué

de saberme tan vivo,

y el olor de la tierra me desata.

 

De “El eje de la luz”, Renacimiento, Sevilla, 2017

 

 

 

 UN ROSTRO EN LA LUZ ROTA

 

Medianoche y tormenta.

Un punto de destino, y la ventana.

Hoy mi mano acaricia en los cristales

velados por la lluvia

lo desaparecido,

la zona donde está rota la luz.

La vena se dilata en su temblor.

Ya no exigimos nada en esta casa,

y avivamos el fuego que se agota.

En su permanecer

el amor es respuesta,

y estas manos abiertas a su darse,

los pasos regresando por el barro

a la choza del humo y la pobreza:

la derramada calma

sobre la destrucción.

 

De “El eje de la luz”, Renacimiento, Sevilla, 2017

 

 

 

 

poemario inédito Lata kxtankgaxekg / Desde la raíz.

Manuel Espinosa Sainos

 

 

 

 

Lalakpuwanit

 

Unú’

lakatsu kkachikín

laktsu tawan litakaxtayanit

nkgalhtuchokgo,

stlan litliy xtatlín.

 

Amachá’

antá kxakilhtutu’

lakaminit tantam xuwachichí’

win tu lakpuwanit

ntasama.

 

 

 

Ambición

 

Aquí

muy cerca del pueblo

vestido de hojas vedes

el río

canta una canción.

 

Allá

en la otra orilla

un coyote nos mira

y aúlla

la bondad de la ambición.

 

 

Lalakgamakglhtit

 

Kupatan minchuchut, kiwani’,

lakapala wat xlisakgsi

stakganá.

 

Likgalhkgast nkilisakgsi’

chu chapakgó laktsu spun,

chapa chichiní tu pulha kkinkilhni’.

 

Akgchapawalí xmustalekg

kgastin ntu matsitsiwí

xatachiwín lapaxkit.

 

Paks wat skiti

ntu jun jun kgosa

kxakgan kinkaxanatna’.

 

Wat stlan chuchut

ntulakatsukú kkimpulakni’,

luliskayakatsant nki sen.

 

Kupatan minchuchut, kiwani’,

tsekg kilhpixka kintamanixni’,

pala puxtakgamakgant nkimakni’.

 

 

Arrebato

 

Yo quiero de tu agua, me dijiste,

y bebiste  de un solo sorbo

lo dulce de lo verde.

 

Te saciaste con mi néctar

y tomaste entre tus manos los pájaros,

el sol que nace en mi boca.

 

Te apropiaste de la sombra

de mis cerros abrigo

de la conversación enamorada.

 

Comiste todos los peces

que vuelan en los umbrales

de mis flores.

 

Tomaste el fluido limpio

que escurre de mis entrañas,

acabaste tu sed con mi piel de lluvia.

 

Yo quiero de tu agua, me dijiste,

mordiste los labios de mis sueños,

y de un chapuzón vaciaste todo mi cuerpo.

 

 

Patsankgat

 

 

Kiwani nkatsisnitá

mpi lakum xtamakgalán tiyat kit,

kinchant,

kimaxanatli,

kiakgaka’

liya liya nkimakgala’,

xlistakgan mintamanixni kwa,

chu kum nelhtu kililaya’

unu tlinkila kiakgxtakgyawa’.

 

 

 

Olvido

 

Me dijiste esa noche

que soy lo que la tierra produce,

me sembraste,

me floreaste,

me podaste,

una y otra vez me cosechaste,

fui el color verde de tus sueños,

y me dejas aquí

plantado.

 

 

 

Tankgaxekg

 

Wa imá wun wa xlakán xpipilekg

lakum talakapastakni xla ti lakapastak,

kilakán ntankgaxekg

lakum xlakán mputaknún ninín.

 

¿Ti xla ntokgxiwí kum niwá laktsu spun

nti mpaskwanankgóy kxakgán?

kilakán sen

lakum xla nkinakukán ntachiwín.

 

Ni kalitsokgsa xla napakgakaya wun,

ni kalitsokgsa xla namalakxiya xanat,

kakatsi mpi xkam jukiluwa nkin,

kakatsi mpi xtankgaxekg kiwichat nkin.

 

 

 

Raíces

 

El viento es de las mariposas

como el recuerdo es de quien lo vive,

las raíces nos pertenecen

como las tumbas a sus muertos.

 

¿De quién es el sauce sino de los pájaros

que hacen fiesta entre sus ramas?

es tan de nosotros la lluvia

como lo son del corazón las palabras.

 

No pretendas desramar el viento,

no pretendas a las flores desplazar,

somos tan hijos de la serpiente venado,

tan raíz profunda de la madre árbol.

 

 

 

Kamakxtukgow ninín

 

Kamakxtukgow ninín,

kamastokgw xlukut xlilakapastakkán,

kaliinkgow antaní ntlakg kawán.

 

Kamakxtukgow ninín,

lulakapalakgonit limimakgolh

xlikankan ntalatlawananín.

 

Kamakxtukgow ninín,

niskakkgoy xanat maski xatapulhu

nkum tunkun nachampalakgoyaw.

 

Kamakxtukgow ninín,

kama’akgachiniw xtamanixnitkán,

nixawá mpala nawaxakxtukgokán.

 

Kamakxtukgow ninín,

ni nikgoy xatapulhu ntankgaxekg

nkum tunkun nachampalakgoyaw.

 

Kamakxtukgow ninín,

kwenta katlawaw xtamputsnikán,

nixawá mpala namakgnipalakgokán.

 

 

 

 

 

 

 

 

Desenterrar a los muertos

 

Desenterrar a los muertos,

juntar los huesos de su memoria,

llevarlos a la tierra del edén.

 

Desenterrar a los muertos,

que con sus máquinas de fuego

los empresarios vienen ya.

 

Desenterrar a los muertos,

que aun arrancados no se secan

las flores si se vuelven a plantar.

 

Desenterrar a los muertos,

devolverles la posibilidad de soñar

antes que la ambición los excave.

 

Desenterrar a los muertos,

que las raíces no se mueren

si se vuelven a sembrar.

 

Desenterrar a los muertos,

protegerles el cordón umbilical

antes de que los vuelvan a matar.

 

 

 

Del poemario inédito Lata kxtankgaxekg / Desde la raíz.

“Proyecto apoyado por el Fondo Nacional para la Cultura y las Artes”

Publicado en OIDOS NEGROS(Poesía)
Martes, 18 Septiembre 2018 21:15

CONCIERTO CANDELA Roberto López Moreno

 

 

 

CONCIERTO CANDELA 

Roberto López Moreno

 

Marimba candela

Verberales geométricos,

rumor de corrientes despertando desde el centro de las sombras

a hacerse luz,

osario del sol,

tibias, radios, fémures, húmeros del sol,

hilera de dientes vegetales,

sabia vibrátil, plin plin

y la orquesta del mundo fluyendo, en el fondo,

plin plin, plin plin, ya está ayando el mundo.

Suena.

 

Candela nocturna   

Un jaguar gutura en la maleza,

la raigambre solar reverbera en luz nocturna,

en el oscuro vientre de la llama,

horno de los misterios,

el jaguar regurgita en el acecho,

la orquesta vegetal lo acompaña, sigilosa.

...la noche vibra... a punto de despertar

en el signo de su cuna ardiendo.

 

Toccata candela

Poder sacar la sangre hacia adelante,

sólo los que han hablado con los dioses del origen,

sólo los que vienen de la secreta ceremonia.

¿Cómo se convierte el sonido en brasa?

¿Cómo en brasa el sonido?

Sólo el que trata con el prodigio lo sabrá enteramente,

el que toca la entraña del enigma.

Bam Barambám tic-tic tic-tic Barambám.

Estamos inventando el tiempo.

 

Final

(Tres platillos chinos, dos gongs de ópera china, dos bongós,

  cuatro congas, dos tom-toms y un bombo de pedal)

 

Estamos inventando el tiempo.

(lito, mito, rito)

La sabiduría del tambor está naciendo del latido. Es.

Ahora Cúspide.

Ahora Apoteosis.

Locura-Cordura ta-ra-ra tara ta-ra-ra

Cordura-Locura ta-ra-ra tara ta-ra-ra

Corducura

Ta-ra-ra-ra-ra ¡tará!

Estalla la selva de la sangre.

Publicado en La nave de los locos
Martes, 18 Septiembre 2018 19:38

MATHEUS KAR EL OLVIDO

 

 

MATHEUS KAR

EL OLVIDO

 

 

                       

 

             Es el camino más corto.

Es otra forma temprana de la muerte,

que deja sola al alma, entre tantos recuerdos,

con su piel amarilla, como tigre, y sus rejas de bengala.

 

Atesoro y olvido momentos que no me pertenecen.

Esta celda musculosa me impone su memoria:

momentos que he recogido, y que son colectivos.

¿Momentos propios? Creo que no los recuerdo.

 

Un hueso teñido con gloria atraviesa mi pecho.

Hoy mi alma está sola,

ni mi compañía ni la de otros rebajará este sentimiento

que, cobarde, solo yo siento.

Llegó el tiempo de ser otro hombre y olvidar lo hecho en la Tierra.

Llegó el destierro divino, que para el viejo resulta oportuno.

Y al final, el huésped soy yo, soy lo que queda:

soy el intruso. La gloria es una excusa;

el anfitrión, como siempre, es el olvido.

 

 

DUBLÍN 1965

 

el terremoto industrial rajó las presas

despertó a los ríos de su extraño sueño

 

a la ciudad se le cayeron los tornillos

el mar fue una turba donde la playa naufragó

 

un vikingo pálido luminoso hace señales

—esperamos a beckett

lo han visto en the pavillon

dos niños que jugaban con el viento

 

¿qué utilidad tendrán los hijos? pregunta poldito bloom

consulta de diez caballos de fuerza

redimir los pecados del padre

 

sísifo cuesta arriba empujando una carreta de naranjas

y una color naranja se cae

rueda media calle

otra se tropieza

los pocos árboles laten una mañana que no volverá

pero es igual a otra a la misma hora

una calle y otra unen apenas uno o dos días reflexivos

y la luna emerge con la noche entre los dientes

 

dublín se quita el sombrero

el director dice ¡basta! que cambien la cinta

y rueden otra escena

dublín se dilata

su arquitectura permanece en reposo

 

el chico del macintosh

(el viejo fantasma de la poesía)

pasa entre macken street y el samuel beckett bridge

 

 

 

SE BUSCA

 

Ayer perdí mi sombra.

Yo, que la sacaba a pasear

y la cubría cuando la luz le dañaba los ojos,

la perdí.

 

Pero la sombra de todos los hombres se parece.

Quizá no la he perdido,

tal vez me la robaron.

¿Pero cómo saberlo?

¿Cómo saber si la sombra que tengo

es la que nos han dado?

 

¿Cómo saber si la nítida silueta,

entre todas las que hay, es la correcta?

 

Quizá tengamos la sombra de otro

y otro tenga la nuestra,

y nunca lo sabremos.

 

Quizá yo soy la sombra de mi sombra

o la sombra de otro hombre.

Quizá yo también esté perdido

y quizá nadie me esté buscando.

 

Publicado en OIDOS NEGROS(Poesía)
Martes, 18 Septiembre 2018 18:59

HEIDY MARROQUIN MINUTO DE SILENCIO

 

 

HEIDY MARROQUIN

MINUTO DE SILENCIO

 

Un minuto de silencio por vos,

por tu sonrisa,

por tus ojos y tu altura.

 

Un minuto de silencio

por el rompecabezas que en desorden

guardaron en esa caja.

 

¿Recordarán tu nombre

y el día en el que tus ojos temblaron

y no se cerraron?

 

Entre mis recortes,

aún sigue la fotografía de aquella noticia,

esta es una de tus piernas.

 

¿Recordarán, ellos, tus uñas rosadas?

 

 

ENTRE LA SOLEDAD DE ESTA CIUDAD

 

Él sangra,

él sangra frente a los ojos absortos

y las voces indignadas.

Él sangra,

él sangra mientras llaman a su contacto que dice: amor.

Él sangra,

él sangra mientras otros sangran,

él sangra mientras el gobierno lo ignora.

Él sangra,

sangra mientras su alma se pierde,

entre la soledad de esta ciudad.

 

 

 

 

 

NIÑOS INTERNADOS

 

Yo los veo apretando su corazón pequeño.

Mercedes Sosa

 

Corrió todo lo que pudo,

cansado,

se aferró a los barrotes de una tienda ya cerrada.

La luna repetía sus movimientos,

los policías agotados lo alcanzaron

y en la luminosidad,

sus manos grotescas lo tomaron.

 

Quería decirte que,

a esta hora,

también hay un niño internado,

pero lo sabés,

porque estás con él y llorás.

 

Sobre su nombre lleva una muerte,

la sombra de miles de muertes

de nuestros días oscuros

le dan la bienvenida.

Y estás con él en la batalla.

 

Cerraron las puertas,

se ha quedado en el lado equivocado.

Sospecho que,

por primera vez: escucha latir su corazón.

Desconoce los rostros,

mas no las señales de sus cuerpos.

 

Es cierto que lo ves y llorás,

cierto que estás con él,

nada se puede salvar,

nada,

ni siquiera su rostro.

 

A esta hora,

también hay un niño callado,

y la sombra de miles de muertos

sobre los nombres,

de los niños internados.

Publicado en OIDOS NEGROS(Poesía)

 

 

RODRIGUE LAVALLÉ

Poemas de “Décomposition du verbe être”

Traducción de Miguel Ángel Real

 

Poemas de “Décomposition du verbe être”, Ed. Tarmac, Nancy, Francia, junio de 2018

 

 

 

 

 

el verbo y su duración

es plantarle cara a la muerte

 

cómo

sin temor de atrapar

el rayo

a mano llena

 

 

***

 

 

 

barbecho del cuerpo eso

se llama fiebre

soledad

deseo

sin olvidar algunos muertos

bajo los dedos

 

 

de un segundo a otro

entonces descose el cielo

y fluye así

 

palabras a palabras

rostro en nuestras manos

 

 

***

 

el aguacero abraza

el silencio fragmentado del camino

 

andar teje con enigmas

los músculos y la piel

 

todo se tensa bajo el ojo vivo de la espera

como al borde apremiante de los acantilados

 

 

***

 

 

 

pétalos temblando sexos descubiertos

nuestras voces se marchitan con guerras

y amagos

 

cerrar aún los ojos

con los colores vivos

del tajo

 

nuestras fuerzas arrojadas al pozo

de un gozo antiguo

 

 

***

 

 qué contestar a la bruma

 

el deseo ciego

de ver

más allá nada

 

quién entre el paisaje y el ojo

zanja el alma

disfrazada con nuestros nombres

 

de pronto la noche vira

al tiempo desafinado

de un espejismo

 

desvío se lanza qué

responde qué

el espacio ensordecedor de los desiertos

 

 

 

****

 

 

 

 

hemos perdido desde entonces tantas palabras

sin comprender aún

lo que ganamos y de qué

 

cada vez se repite eso

lo extraño y la dicha

la debilidad

la sed

en el acto de fracasar

 

 

***

 

y cabe en la mano

lo que hacemos con este mundo

 

un poco redondo

en la mano

el bolsillo y vamos

con el camino

poblado de semejantes por lo visto

 

 

 

 

 

 

 

RODRIGUE LAVALLÉ

 

 

 

 

 

le verbe et sa durée

c'est tenir tête à la mort

 

comment

sans crainte de saisir

la foudre

à pleine main

 

 

 

***

 

 

 

friche du corps cela

se nomme fièvre

solitude

désir

sans compter quelques morts

sous les doigts

 

 

d'une seconde à l'autre

alors découd le ciel

et coule ainsi

 

mots à mots

visage à nos mains

 

 

 

***

 

 

l'averse enlace

le silence morcelé du chemin

 

marcher tisse d'énigmes

les muscles et la peau

 

tout se tend sous l’œil vif de l'attente

comme aux bords pressants des falaises

 

 

 

***

 

 

 

pétales tremblant sexes éventés

nos voix s'étiolent de guerres

et de feintes

 

encore fermer les yeux

aux couleurs vives

de l'entaille

 

nos forces jetées dans le puits

d'un jouir ancien

 

 

***

 

 

quoi répondre à la brume

 

le désir aveugle

de voir

au-delà rien

 

qui du paysage ou de l’œil

tranche l'âme

déguisée de nos noms

 

la nuit soudain vire

au temps désaccordé

d'un mirage

 

détour dévale quoi

répond quoi

l'espace étourdissant des déserts

 

 

 

***

 

 

on a manqué depuis tant de mots

sans comprendre toujours

ce qu'on gagne et de quoi

 

chaque fois se répète ça

l'étrange et la joie

la faiblesse

la soif

dans l'acte d'échouer

 

 

***

 

 

et ça tient dans la main

ce qu'on fait de ce monde

 

un peu rond

dans la main

la poche et l'on va

son chemin

peuplé de semblables à ce qu'on dit

 

 

“Décomposition du verbe être”, Ed. Tarmac, Nancy, France, Juillet 2018

Publicado en VENTANA FRANCESA

 

 

MURIEL DENÈFLE

El verano, la tierra

Traducción de Miguel Ángel Real

 

 

 

 

El verano, la tierra

Aubeterre sur Dronne, Julio de 2017

 

 

La glicinia se sube a la comisura de los labios como se encuentra un refugio

De frescor en el cuello de un amante

 

-

 

Piedra friable mi piel salada de sol

El árbol enfermo me mira y siento nacer en un hueco

El calor de las grietas

La piel dura de las serpientes.

 

-

 

La ventana talla el grito de los niños – mi sangre

Se hincha cuando sobre los postigos,

Al borde de las torrenteras, el río toma forma

De rostro.

 

 

***

 

Le doy fe a la nube que me cubre

De luz. Las palmas abiertas acarician

Lentamente el cielo. Me dejo

Entreabrir bajo sus dedos.

 

 

***

 

Poco a poco el cielo cava mi dolor como erosiona

El acantilado en el que estoy. Con los pies en el vacío, sin vértigo, contemplo

La umbrosa tormenta, amparo de los pájaros. El silencio en lo abrupto despierta

Las voces dormidas de los bosques.

 

Dona eis

Dona eis

 

Requiem,

 

Danos el descanso de los muertos, su paz de colina de ceniza.

 

 

***

 

Viviremos largo tiempo bajo el ardor de las nubes

Gatos salvajes que bordean rezando la ermita.

 

 

***

 

 

Alma acorralada, azul forestal, árboles

Sin savia que sacan de nuestros cuerpos, intactos,

Su peso de muerte.

Relámpago y cielo al unísono de la piedra

Encorvada en este día de equinoccio -  día y noche

Atraviesan a partes iguales mi cuerpo

Bendecido por un don de luz

Y de sangre.

 

 

***

 

 

 

Los muertos contemplan la colina y la luna

Que los escucha respirar.

 

 

***

 

 

 

 

Me gusta este cielo que pasa hilando - me gusta el matiz

Franco de la nube que gime y se inclina, sonriendo.

 

 

 

***

 

 

Atardecer, clemátides, estambres discretos,

Se cierran sobre nuestros miedos.

Amanecer, color de savia,

Hortensias, alud de esperanza,

Nos acechan.

 

***

 

¡Pueblo en laderas de piedra que me agarran!

Evito caer bajo el encanto

De tus iglesias, piraguas que recorren

Los altos robles de la tarde,

Armazones de sueño que navegan

Solos.

 

 

***

 

Bordeando tus paredes de gruta viva

Me acurruco

En el vasto edificio sin cuerpo de la muerte.
En su pegajosa cripta recojo el olor

Del olvido y el ardor

De una sola piedra

Que reza

 

 

***

 

 

 

Rumor de árboles -

Oración a penas

De lo que celebra

Sin conmoverse

 

 

MURIEL DENÈFLE

 

 

L’été, la terre.

 

Aubeterre sur Dronne, juillet 2017.

 

 

La glycine grimpe au coin de la bouche comme on trouve une niche

De fraicheur dans le cou d’un amant

 

-

 

Pierre friable ma peau salée de soleil

L’arbre malade me regarde et je sens naître dans un creux

La chaleur des lézardes

La peau dure des serpents

 

-

 

La fenêtre taille le cri des enfants - mon sang

Gonfle lorsque le long des volets,

Au bord des ravines, la rivière prend forme

De visage.

 

 

 

 

 

 

 

*******

 

 

 

 

 

J’accorde foi au nuage qui me couvre

De lumière. Les palmes ouvertes caressent

Lentement le ciel. Je me laisse

Entrouvrir sous leurs doigts.

 

 

 

 

*******

 

 

 

 

 

Peu à peu le ciel creuse ma douleur comme il érode

La falaise où je me tiens. Les pieds dans le vide, sans vertige, je contemple

L’ombreux orage, abri des oiseaux. Le silence en à-pic éveille

Les voix endormies des forêts.

 

Dona eis

Dona eis

 

Requiem,

 

Donne-nous le repos des morts, leur paix de colline en cendre.

 

 

 

*******

 

 

 

Longtemps nous vivrons sous l’ardeur des nuages

Chats sauvages longeant l’ermitage en priant.

 

 

 

*******

 

 

 

Âme à l’aboi, bleu de forêt, arbres

Sans sève puisant dans nos corps, intacts,

Leur poids de mort.

Éclair et ciel à l’unisson de la pierre

Courbée en ce jour d’équinoxe - jour et nuit

Traversent à part égale mon corps

Béni par un don de lumière

Et de sang.

 

 

*******

 

 

 

Les morts contemplent la colline et la lune

Qui les écoute respire.

 

 

 

*******

 

 

 

 

J’aime ce ciel qui passe en filant - j’aime la teinte

Franche du nuage qui gémit et se penche, souriant.

 

 

 

 

*******

 

 

 

Grand soir, clématites, étamines discrètes,

Se ferment sur nos peurs.

Petit matin, couleur de sève,

Hortensias, coulée d’espoir,

Nous guettent.

 

 

 

 

*******

 

 

 

Village aux flancs de pierres qui accrochent !

Je me garde de tomber sous le charme

De tes églises, pirogues parcourant

Les grands chênes du soir,

Charpentes de sommeil naviguant

Seules.

 

 

 

 

 

*******

 

 

 

En longeant tes parois de grotte vive

Je me love

Dans le vaste édifice sans corps de la mort.

Dans sa crypte collante, je recueille l’odeur

D’oubli et l’ardeur

D’une seule pierre

Qui prie.

 

 

 

 

*******

 

 

 

Bruissement des arbres -

Oraison à peine

De qui célèbre

Sans s’émouvoir.

 

 

Publicado en VENTANA FRANCESA

 

 

 

 

 

PABLO SIGÜENZA

Resistencia

 

Mi espalda es mazorca de maíz

                   repleta de granos para tu canto

nueve meses milpeando

una década de comunidad y plegaria.

Guardo para tu retorno

          un durazno madurando en el árbol

una corona de saúco en flor

                     en el tapanco de la milpa.

Somos camino de serpiente en resistencia

mano campesina limpiando acordes bajo el sol

                        marzo solidario, mayo de aguaceros

               agosto de un nosotros milenario.

Y ante cualquier cosa por venir

aferramos la vida

                    al encino más grande sobre la montaña.

 

 

 

 

 

 

Declaración local de derechos humanos

 

 

Todos merecemos una mañana tendidos

en el bosque bajo cientos de pinabetes

una tarde de lluvia y selva

nadando en el agua tibia del lago de los itzaes

una tarde de neblina y serpientes voladoras

un segundo en la garganta del diablo

un centenar de olas pequeñas

en las playas del este de la Habana

 

Merecemos un gran arcoíris sobre nubes grises

tejido en un güipil y pintado en un par de banderas

un llanto amargo en soledad y tres vasos de alcohol

una puesta de sol en el pacífico

un discurso honesto al centro de la plaza

una primera vez en la nieve

y aceite de coco en la espalda

 

volar un cometa reventador de hilos

 

un colibrí en las manos, la mirada de un jaguar

el canto de un cenzontle

una temporada de cosechas

el reflejo de miradas llenas de placer

el recuerdo cotidiano de los ojos de la abuela

 

Merecemos al menos un día de polen

un rincón del mundo

                               libre de cualquier odio

segmentos de camino con la mano trenzada

a unos dedos

                    que también nos aman.

 

 

Milpa es mi amor

 

Tus manos amenazadas por la muerte

buscaron refugio en la montaña

en la semilla enterrada

 

La lluvia las libró del olvido y la guerra

volvieron para hacer milpa

para enseñarme a sembrar

para enseñarme a querer

 

milpa es mi pensamiento


    milpa es mi trabajo

              milpa son mis hijas

milpa es mi amor...

Publicado en OIDOS NEGROS(Poesía)
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