JULIEN TARDIF

TRES POEMAS DE “NOUS ÉTIONS DE CEUX-LÀ”, Ed Tarmac, 2017

Traducción de Miguel Ángel Real

 

 

 

Entonces

qué

Ya la tarde ya

la mañana más allá

de las fronteras

olvidados el tifus la disentería

las estrellas olvidadas

borradas la marea la emoción todo

el amor

A la mañana le basta con un día

con un despertador

un solo día le basta al asco

Sin el sentido

Sin una palabra

Entonces muero pero morimos desnudos

juntos en

nuestras salas tapiadas

Morimos ebrios de asco sin el

sentido de esta vida sola que pasa sin

darnos cuenta

Vivimos sobriamente sin ataque

y sin golpe perecemos lentamente

desde nuestros primeros vagidos

lentamente hasta la última

gota que cae

lentamente

 

 

**

 

Hay incendios a los que nadie

presta atención

Hay luces adaptadas a las tinieblas

del hastío

hombres y mujeres sin hijos

que no se reconocen en el hastío

 

Hay una barca horadada que un pescador

encontró cerca de un lago allí llena

de osamentas de pulseras de pacotilla

Hay carros rotos

en los corredores del olvido

Y los demás allí al abrigo que

nunca me creerán

 

 

**

 

Nosotros los negros

Esenciales para ustedes y para los otros

¡a las armas!

Desairados por los hombres

por los siglos de ignorancia

muda

 

Ganado

Secuestro

Inútiles vecinos aptos para el desguace

pero cuyo humo os molesta

 

Encontremos la réplica basta

con no escuchar más ni seguir

el sentido y las viejas palabrerías

 

Nosotros los negros

sin nervio

y sin armas

 

 

 

JULIEN TARDIF

“NOUS ÉTIONS DE CEUX-LÀ”, Ed Tarmac, 2017

 

 

 

 

 

Alors

quoi

Déjà le soir déjà

1e matin au-delà

des frontières

oubliés le typhus la dysenterie

les étoiles oubliées

effacés la marée l'émotion tout

l'amour

Il suffit d'un jour au matin

d'un réveille-matin

d'un jour seul il suffit au dégoût

Sans le sens

Sans un mot

Alors je meurs mais nous mourons nus

ensemble dans

nos salles murées

Nous mourons ivres de dégoût sans le

sens de cette vie seule qui passe sans

s'en apercevoir

Nous vivons sobrement sans attaque

et sans coup périssons lentement

depuis nos premiers vagissements

lentement jusqu'à la dernière

goutte qui s'écoule

lentement

 

 

 

**

 

 

 

Il y a des incendies auxquels personne

ne fait attention

Il y a des lueurs adaptées aux ténèbres

de 1'ennui

des hommes et des femmes sans enfants

qui ne se reconnaissent pas dans l'ennui

 

Il y a une barque trouée qu'un pêcheur

a trouvée près d'un lac là-bas remplie

d'ossements de bracelets de toc

Il y a des chars brisés

dans les corridors de l'oubli

Et les autres là-bas bien au chaud qui

ne me croiront jamais

 

 

 

 

**

 

 

Nous les nègres

Essentiels pour vous et les autres

aux armes !

Raillés des hommes

des siècles à l'ignorance

muette

Bétail

Séquestre

Inutiles voisins bons à la casse

mais dont la fumée vous dérange

 

Trouvons la parade il suffit

de ne plus écouter ni de suivre

le sens et les vieilles palabres

 

Nous les nègres

sans panache

et sans armes

Publicado en VENTANA FRANCESA

 

 

 

 

MIRIAM MANCINI

Traduction par Miguel Ángel Real

MANIFESTE SEULEMENT

 

 

 

“la coutume nous tisse une toile d'araignée sur les pupilles”

O.Girondo

 

 

Je proteste contre la distance entre qui tu es et qui tu étais,

contre le confort de la coutume,

contra ta soumission et ta sagesse,

contre le conformisme, le manque de courage.

 

Je proteste contre la servitude de la peur,

la fuite de l'amour au plus offrant,

l'écroulement du rêve, la chute de la passion.

Je proteste contre les convenances et leurs conséquences,

la pauvreté des idées, la misère, et contre les misérables qui la génèrent.

 

Je proteste contre l'absence de ciel dans le regard,

contre les recoins sans baisers et la musique usée.

Contre la longue file d'excuses, la vieillesse anticipée,

contre l'application, et les pourquoi de la violence,

l'ennui et la carence.

 

Je proteste contre les politiques correctes d'action,

contre ce qui est dit et fait sans être ressenti,

contre l'autorité des temps meilleurs,

la diplomatie au détriment de la sincérité,

la rime au détriment de la poésie.

 

Je proteste contre la mélancolie,

contre la caresse vide, la fumée des jours,

contre l'étroitesse de la vision,

le manque d'inspiration, contre la parole qui décourage, qui heurte,

contre la célébrité du bien être, les pertes,

les mauvais moments, les impôts sur l'illusion.

 

Je proteste contre la fin de l'utopie,

contre la mauvaise presse de la folie,

contre l'absurdité des fins, contre toute sorte de mensonges.

Contre le silence qui cache,

la fissure qui sépare, la solitude qui ronge,

la vie qui simplement passe, les souvenirs qui blessent,

 

et la surprise qui s'échappe.

 

Contre le vent qui n'apporte pas de changements,

la lumière qui s'éteint, la joie dissipée,

la source des maux, l'enlèvement de l'espoir.

 

Contre ta voix endormie,

les raisons oubliées,

les remparts du je ne peux pas.

Je proteste, je proteste, je proteste ! Je proteste.

 

 

 

 

 

MOI, DONNE-MOI DE LA POESIE

 

 

« Que ton sang soit un avec mon sang,

que ta bouche entre dans ma bouche,

que ton cœur agrandisse le mien jusqu'à l'éclatement »

Juan Gelman

 

 

Je ne veux pas le temps qui se nomme temps.

Je préfère l'oubli.

Je ne veux pas la caresse vide,

la possibilité défaite, l'écoulement formel de la coutume, de l'ennui.

 

Je ne veux pas des essais répétés,

je ne veux pas des baisers sans perdre la tête,

ni savoir par cœur en quoi consiste ton destin,

quelles dettes te restent à payer. (Non, je ne veux pas te savoir à moi).

 

Moi, donne-moi ton abîme,

l'imprédictible instant où tu nais à nouveau,

ton agonie, ta conjuration.

Laisse-moi former un coin avec ton mystère,

et de là-bas te retrouver.

Je ne veux pas de situations inoubliables.

Je veux ton manque de bon sens, tes douleurs, la profondeur, le désordre.

 

Donne-moi le tremblement de tes tremblements,

la clé de tes rêves.

Je ne veux pas la vieillesse de la parole,

qui ne prend pas d'envol parmi les ombres.

 

Moi, donne-moi la vérité,

qui revit et qui tue.

Donne-moi le fracas de toutes tes batailles,

je veux la joie que l'on transpire.

Ne me donne pas  l'étroitesse du confort,

ni l'abri de ce qui est dû.

Moi, donne-moi l'authentique,

dans la simplicité comme dans la complexité.

 

Je ne veux pas le temps qui se nomme temps.

Je préfère l'oubli.

 

 

 

MIRIAM MANCINI

SOLO MANIFIESTO

 

 

 



"la costumbre nos teje una telaraña en las pupilas"

 O.Girondo


Protesto contra la distancia entre quien sos y quien eras,
contra la comodidad de la costumbre,
contra tu sumisión y tu cordura.
contra el conformismo, la falta de coraje.

Protesto contra la servidumbre del miedo,
la huida del amor a mejor postor,
el derrumbamiento del sueño, la caída de la pasión.
Protesto contra la conveniencia y sus consecuencias,
la pobreza de ideas, la miseria, y contra los miserables que la generan.

Protesto contra la ausencia de cielo en la mirada,
contra los rincones sin besos y la música gastada.
Contra la larga fila de excusas, la vejez anticipada,
contra la pulcritud, y los porqués de la violencia,
el aburrimiento y la carencia.

Protesto contra las políticas correctas de acción,
contra lo dicho y hecho sin sentirlo,
contra la potestad de los tiempos mejores,
la diplomacia en detrimento de la sinceridad,
la rima en detrimento de la poesía.

Protesto contra la melancolía,
contra la caricia vacía, el humo de los días,
contra la estrechez de la visión,
la falta de inspiración, contra la palabra que desalienta, que lastima,
contra la fama del bienestar, las pérdidas,
los malos ratos, los impuestos a la ilusión.

Protesto contra el fin de la utopía,
contra la mala prensa de la locura,
contra lo absurdo de los finales, contra toda clase de mentiras.
Contra el silencio que esconde,
la grieta que separa, la soledad que corroe,
la vida que simplemente pasa, los recuerdos que hieren,

y la sorpresa que escapa.

Contra el viento que no trae cambios,
la luz que se extingue, la alegría disipada,
la fuente de los males, la quita de la esperanza.

Contra tu voz adormecida,
las razones olvidadas,
las murallas del no puedo.
Protesto, protesto, ¡protesto! Yo protesto.

 

 

 

A MI DAME POESÍA

"Sea tu sangre una con mi sangre,

tu boca entre a mi boca,

tu corazón agrande el mío hasta estallar"

J.Gelman

 

No quiero el tiempo que se nombra tiempo.
Prefiero el olvido.
No quiero la caricia vacía,
la posibilidad deshecha, el discurrir formal de la costumbre, del hastío.
No quiero ensayos repetidos,
no quiero besos sin perder el juicio,
ni saber de memoria en qué consiste tu destino,
qué cuentas por pagar adeudas. (no, no quiero saberte mío).

A mí dame tu abismo,
el impredecible instante en que naces nuevo,
tu agonía, tu conjuro.
Déjame esquinarme en tu misterio,
y desde allí encontrarte.
No quiero situaciones olvidables.
Yo quiero tu insensatez, tus dolores, la profundidad, el desconcierto.

Dame el temblor de tus temores,
la clave de tus sueños.
No quiero la vejez de la palabra,
que no levanta vuelo entre las sombras.

A mí dame la verdad,
que revive y mata.
Dame el fragor de todas tus batallas,
quiero la alegría que se suda.
No me des la estrechez de la comodidad,
ni el amparo de lo debido.
A mí dame lo genuino,
en lo simple y lo complejo.

No quiero el tiempo que se nombra tiempo.
Prefiero el olvido.

 

 

TROIS POEMES DE JULIO CÉSAR AGUILAR

 Traduction par Miguel Ángel Real

 

 

 

 

 

DÉSERTOIRE

 

Lézards de solitude les heures

                                   à rôder

            à scruter

le silence d'un regard

                       où se poser: profond

ciel

            abîme sinistré.

Contours qui ainsi entourent

la limpidité du feu

            et ses flammes envahissantes.

 

Seulement une lassitude abandonnée.

                                   Chambre

            où soudain on retourne.

 

Depuis le crépuscule de la dernière lumière

                                               et parmi l'étonnement

            de l'obscurité qui crépite

il y a encore des ombres à éclairer.

 

 

 

HALLUCINÉ

 

 

            par un spectre quelconque

                                               son profil

ou par une effigie qui s'estompe

                       silhouette peut être :

comme un nuage dans le brouillard

fragrance éphémère de cette fleur

            qui se voudrait sculpture d'air et de feu

visage à la furie secrète

quelque chose d'incertain depuis son néant :

                                   légèreté du subtil

à l'orée de l'oubli

                       où il déambule

 

 

 

 

 

BIENPARTI OÙ L'ON VA

 

Comme l'eau fugitive du nuage

                                   dans la tempête

            le vent des adieux s'enflamme. Eau

de l'oubli.

                       Furie stagnante

ensuite à peine pour s'y contempler

            vide le visage

                                   à la surface

de ce qui intacte reste et demeure.

                       Calmement l'écho

les traces du vacarme

            dans le feuillage de combien de jours inutiles.

 

                                               Louange

les ombres dans leur ascension.

 

 

 

JULIO CÉSAR AGUILAR

tres poemas

 

 

 

 

DESERTORIO

 

 

Lagartijas de soledad las horas

                                   merodeando

escudriñando

el silencio de una mirada

                       en la que posarse: hondo

cielo

            abismo siniestrado.

Contornos que así se ciñen

a la limpidez del fuego

            y a sus invasoras llamas.

 

Sólo un abandonado hastío.

Estancia

            a la que de pronto se vuelve.

 

Desde el crepúsculo de la luz postrera

                                               y entre el azoro

de la oscuridad que crepita

aún hay sombras que iluminar.

 

 

 

 

 ALUCINADO

 

 

de algún espectro

                       su perfil

o de una efigie difuminándose

silueta o algo así:

como nube entre neblina

fragancia efímera de aquella flor

            que se deseara escultura de aire y fuego

rostro de sigilosa furia

un algo incierto desde su nada:

                                   levedad de lo sutil

en las lindes del olvido

                       donde deambula

 

 

 

 

 

 

 

 BIENIDO A LO QUE SE VA

 

 

Como el agua prófuga de la nube

                                   en la tormenta

            el viento de los adioses se enardece. Agua

de olvido.

                       Remansada furia

luego apenas para contemplarse

            vacío el rostro

                                   en la superficie

de lo que intacto permanece y queda.

                       Quedamente el eco

las huellas de la algarabía

            en la hojarasca de los cuántos días inútiles.

 

Alabanza

las sombras en su ascensión.

 

 

 

 

 

 

 

Roberto López-Moreno

YVES BONNEFOY

Traduction par Miguel Ángel Real

 

(Les passages en italiques sont en français dans l'original, N.d.T.)

 

 

 

Et l'oiseau à nouveau se hissera dans son vol.

 

Pas des lettres gauloises, du cyrillique

il est descendu aux bourgeons,

des instants partagés sur les rives du Drim,

et en 80 je me joignais à son hommage du monde.

Le sol vert, l'eau claire,

jaillissant comme un vers qui monde veut monde.

Une accolade du 23 jusqu'à Struga, et la photographie

qui capturait une feuille toute récente de fois de calendrier. 99 certains.

J'ai toujours dit : (les mathématiques et la poésie...)

Maintenant -dans l'après forcé de ce maintenant- l'oiseau

se portera au-devant de nos têtes,

il descendra l'aile inévitable à nos tempes

comme le premier cyrillique aux bourgeons ,

nous aurons, cependant, Yves Bonnefoy,

j'aurai

cet instant capturé dans l'encre polychrome,

vous (tu) dans la pierre écrite, dans la pierre écrite. Immortalisée.

Et l'oiseau à nouveau.

 

 

 

 

 

LA LUNE SUR LA SEINE

 

La lune, d'en haut,

flotte sur la Seine,

(le fleuve, avec la lune, flotte dans le ciel).

Je suis à peine sur le pont

un paquet de cellules

prisonnier entre débit, hauteur et débit,

entre émotion et cause,

entre cet aujourd'hui

de verbe de projecteur de petit bateau de touriste

et un long et dense passé qui sent

les pages de la poussière.

Depuis quelles ombres du temps et de la distance

celle-ci, sur le Pont Sully?

Quelle autre ombre après moi

inventera la très ancienne légende ?

En haut, la lune observe à nouveau...

 

 

 

YVES BONNEFOY

Roberto López Moreno.

 

 

 

 

 

 

Y el ave de nuevo se alzará en su vuelo.

 

 

 

No de letra gala, del cirílico

 

descendió a las yemas,

 

de instantes compartidos a la orilla del Drim,

 

sumado yo en 80 del orbe en su homenaje.

 

El piso verde, el agua clara,

 

brotando como verso que mundo quiere mundo.

 

Un abrazo del 23 hasta Struga, y la fotografía

 

capturando hoja recientísima de veces calendarias. 99 unos.

 

Siempre dije: (las matemáticas y la poesía...)...

 

Ahora –en el después forzoso de este ahora- l’oiseau

 

Se portera au-devant de nos tétes,

 

descenderá el ala inevitable a nuestras sienes

 

como el primer cirílico a las yemas,

 

tendremos, no obstante, Yves Bonnefoy,

 

tendré

 

este instante capturado en tinta policroma,

 

usted (tú) en la piedra escrita, dans le pierre écrite. Inmortalizada.

 

Y el ave de nuevo.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA LUNA SOBRE EL SENA

 

La luna, desde arriba,

 

flota sobre el Sena,

 

(el río, con luna, en el cielo flota).

 

Yo soy apenas sobre el puente

 

un atado de células

 

capturado entre cauce, altura y cauce,

 

entre emoción y causa,

 

entre este hoy

 

de verbo de foco de barquito de turista

 

y un largo y denso pasado con olor

 

a páginas del polvo.

 

¿Desde qué sombras del tiempo y la distancia,

 

ésta, sobre le pont Sully?

 

¿Qué otra sombra después de mí

 

inventará la antiquísima leyenda?

 

Arriba, la luna, observa nuevamente...

 

 

 

YANNICK TORLINI

Extractos de “CE N'EST RIEN”, Ed. Tarmac, Nancy, Francia, 2017

Traducción de Miguel Ángel Real

 

que tout sème, que tout disjoigne. que tout atteigne à la perfection bancale. que tout sème et atteigne que tout soit cible.

 

que tout soit la cible des jours creux et des espoirs entamés.

 

que tout soit bancal dans ce monde trop stable.

 

que tout hurle, que tout soit voix. que des nuits émergent les syllabes jamais prononcées, que des ombres et des steppes essaime la langue sans langues.

 

que tout soit lisse ou rugueux, que tout soit droit ou courbe, que des angoisses viennent les jours fertiles et heureux.

 

que tout soit. que tout soit absolument dans ce monde.

 

je n'ai pas su que l'instant n'était qu'un instant. je n'ai pas su la lente mais irrémédiable fin des jours lumineux.

 

je n'ai pas su que ma peau finissait à l'endroit de ce monde.

 

 

 

 

**

 

 

nous avançons loin au-devant de nous-mêmes égarés, rien ne s'envole,loin au-devant et un poids entre les côtes.

 

nous avançons égarés la chair vide d'elle-même, comme un poids loin au-devant de nous-mêmes. entre les côtes.

 

nous avançons. nous avançons lourds entre les côtes nous avançons lourds.

 

de tout ce qui devient corps tu vois, de tout ce qui devient nous nous perdons.

 

dans les immeubles, les parkings, les rues, les gares, les stations de métro, les routes, les trottoirs, les frontières, les continents, les désastres d'hommes.

 

chaque désastre à mesure d'homme.

 

 

 

**

 

 

je ne comprenais plus rien de la langue plus rien de l'éveil et du sommeil, plus rien de ce monde sans moi.

 

plus rien de l'absurde nécessité du cheminement, l'absurde nécessité d'entasser une langue dans chaque instant.

 

je ne comprenais plus. je voulais que plus rien ne soit compris.

 

lorsque le sol ne tenait pas. lorsque la pluie ne cessait. lorsque le corps s'éteignait. lorsque les mains ne saisissaient plus.

 

lorsque les regards se perdaient. lorsque l'amour disparaissait.

lorsque la violence envahissait tout. lorsque les arbres les racines les plantes les pierres.

 

lorsque les animaux les insectes les êtres minuscules.

 

lorsque tout de ce monde me disait de cesser.

 

je ne comprenais plus. le corps a tenu ténu pourtant. le corps a tenu c'est un fait.

 

 

 

 

 

 

 

YANNICK TORLINI

 Extractos de “CE N'EST RIEN”, Ed. Tarmac, Nancy, Francia, 2017

 Traducción de Miguel Ángel Real

 

 

 

 

que todo siembre, que todo desglose, que todo alcance la perfección coja, que todo siembre y alcance que todo sea blanco.

 

que todo sea blanco de los días huecos y de las esperanzas desgastadas.

 

que todo sea cojo en este mundo demasiado estable.

 

que todo grite, que todo sea voz, que de las noches emerjan las sílabas nunca pronunciadas, que de las sombras y de las estepas enjambre la lengua sin lenguas.

 

que todo sea liso o rugoso, que todo sea recto o curvo, que de las angustias vengan los días fértiles y dichosos.

 

que todo sea, que todo sea absolutamente en este mundo.

 

yo no supe que el instante no era sino un instante. yo no supe el lento pero irremediable fin de los días luminosos.

 

yo no supe que mi piel terminaba en el lugar de este mundo.

 

 

 

**

 

 

avanzamos lejos al encuentro de nosotros mismos perdidos, nada abre el vuelo, lejos al encuentro y un peso entre las costillas.

 

avanzamos perdidos con la carne vacía de sí misma, como un peso lejos por delante de nostros mismos. entre las costillas.

 

avanzamos. avanzamos pesados entre las costillas avanzamos pesados.

 

de todo lo que se vuelve cuerpo ves, de todo lo que se vuelve nos perdemos.

 

en los inmuebles, los aparcamientos, las calles, las estaciones, las estaciones de metro, las carreteras, las aceras, las fronteras, los continentes, los desastres de los hombres.

 

cada desastre a medida de hombre.

 

 

**

 

 

yo ya no comprendía nada de la lengua ya nada del despertar y del sueño, ya nada de este mundo sin mí.

 

ya nada de la absurda necesidad del recorrido, la absurda necesidad de amontonar una lengua en cada instante.

 

ya no comprendía. quería que ya nada fuera comprendido.

 

cuando el suelo no resistía. cuando la lluvia no cesaba. cuando el cuerpo se apagaba. cuando las manos ya no agarraban.

 

cuando las miradas se perdían. cuando el amor desaparecía. cuando la violencia lo invadía todo. cuando los árboles las raíces las plantas las piedras.

 

cuando los animales los insectos los seres minúsculos.

 

cuando todo de este mundo me decía que cesara.

 

ya no comprendía. sin embargo el cuerpo tenue ha resistido. el cuerpo ha resistido es un hecho.

 

 

 

 

 

 

GREGORIO MUELAS BERMÚDEZ

Traduction par Miguel Ángel Real

REFUTATION D'ORNEMENT

 

 

 

Après Auschwitz,

enfer parmi les fleurs de la Pologne,

où ma mort chevauchait débridée,

implacable, irrationnelle, rancunière,

et où s'entassait l'espoir

le jour de la libération.

 

Après Auschwitz

on écrit de la poésie

comme un acte de civilisation

contre la soumission et la barbarie

pour savoir que le temps ne lèche

que les blessures superficielles,

et que l'oubli engendre des erreurs.

 

Après Auschwitz

on écrit de la poésie

pour dire avec un écho inapaisable

que la mort n'est pas la seule issue.

 

 

SCHUBERT PARK

 

Alors le silence se fit.

Ce fut un jours de mars, à Vienne,

en mille huit cent vingt-sept.

 

Ludwig van se trouvait au piano

à composer sa dixième symphonie,

quand le néant lui dit à l'oreille :

la musique est finie.

 

Et ces dernières mesures

se sont perdues dans la nuit

comme une ode à la tristesse.

 

Maintenant on n'entend que l'allegro

du vent qui berce les cyprès

dans Schubert Park.

 

 

 

 

 

 

EPITAPHE VENITIENNE

 

A Joseph Brodsky, San Michele

 

La place est vide,

les lampadaires s'éteignent doucement.

Une nuit noire

menace les angles de l'eau

où s'entassent les restes d'ordures

des marchands et des touristes.

 

Dans ce labyrinthe de canaux,

où colonnes, portiques et statues

martyrisent mes pupilles grises,

tout s'estompe comme un rêve

marqué par la double beauté d'un paysage

capable de se passer de moi.

 

 

 

 

 

 

 

 

GREGORIO MUELAS BERMÚDEZ

REFUTACIÓN A ADORNO

 

 

 

 

 

 

Después de Auschwitz,

infierno entre las flores de Polonia,

donde la Muerte cabalgaba desbocada,

inmisericorde, irracional, rencorosa,

y donde se hacinaba la esperanza

en el día de la liberación.

 

Después de Auschwitz

se escribe poesía

como un acto de civilización

contra la sumisión y la barbarie

para saber que el tiempo sólo lame

las heridas superficiales,

y que el olvido engendra errores.

 

Después de Auschwitz

se escribe poesía

para decir con eco inextingible

que la muerte no es la única salida.

 

De Un fragmento de eternidad (Editorial Germanía, 2014)

 

 

 

 

SCHUBERT PARK

 

Entonces se hizo el silencio.

Fue un día de marzo, en Viena,

el año mil ochocientos veintisiete.

 

Ludwig van se encontraba en el piano

componiendo su décima sinfonía,

cuando la nada le dijo al oído:

la música ha terminado.

 

Y esos últimos compases

se perdieron en la noche

como una oda a la tristeza.

 

Ahora sólo se escucha el allegro

del viento que mece los cipreses

en Schubert Park.

 

De Un fragmento de eternidad (Editorial Germanía, 2014)

 

 

 

 

 

EPITAFIO VENECIANO

 

A Joseph Brodsky, San Michele

 

La plaza está vacía,

las farolas se apagan lentamente.

Una noche cerrada

amenaza los ángulos del agua

donde se hacinan restos de basura

de mercaderes y turistas.

 

En este laberinto de canales,

donde columnas, pórticos y estatuas

martirizan a mis grises pupilas,

todo se difumina como un sueño

marcado por la doble belleza de un paisaje

capaz de prescindir de mí.

 

De Estado de acedia.

 

(Inédito)

Viernes, 25 Mayo 2018 05:27

TEOREMA José N. Méndez

 

 

TEOREMA

 

José N. Méndez

 

 

Y de tantas veces

elevado a la misma potencia,

tu alma dividida

y tu dignidad quitada;

maldito por nadie mas que por sí mismo

aquel que no escucha.

 

Al final fuiste insuficiente;

Sembradío de la caricia inquieta.

 

Tal vez es la fuga de ese silencio

en el ojo del gato

y una murmuración

extraviada en los cobertores del hotel

o el vacío y el silencio

apareándose y eyaculando distancias

justo donde era menos probable

que algo tan parecido a un adiós

y que no termina de serlo: emergiera

o tal vez uno se repite varias veces

que el adiós no lo es

y se traga su propia mentira

y por un rato le sabe bien,

no hay una incógnita qué despejar

y no se involucran los más antiguos sabios.

 

Entonces no existe…

Sí, es eso: no existe ni silencio, ni gato, ni semen en la sábana

ni llanto, ni labio pariendo sangre

y quizás ni tú ni yo estemos aquí

pronunciando lo que ya sabemos que duele, Raziel.

 

Porque después de todo no fue un adiós

ni parecía serlo

entonces no hay incógnita

ni variable

y se anulan las fuerzas

y las leyes

y las más antiguas ciencias

y ningún verbo punzante puede ser disparado

en pleno paseo por la Alameda

a las tantas de la mañana.

Publicado en OIDOS NEGROS(Poesía)
Lunes, 21 Mayo 2018 02:47

MUJER DEL FIN DEL MUNDO / EL SEIS /

 

 

MUJER DEL FIN DEL MUNDO

EL SEIS

 

Llega vestida de luces fosforescentes

Adornado su cabello con flores

de azahares aromáticos

Una diadema de lunas extraviadas

adereza su testa soñadora

Mientras tiembla de puro placer desmedido

un guayabo lejano

que arroja frutos exquisitos

y deja un sendero al paraíso derretido

Es su rostro un cielo explosivo

que arroja estrellas sonrientes

y miles de miradas lascivas

que derriten de pasión

hasta al monje más estoico

Tiene violetas en sus trémulos labios

que florecen vigorosas

cuando otorga ramos de besos

entre los jardines de sus muchos

devotos enamorados

Cuando camina no lo hace como los mortales

ella vuela sobre los árboles inquietos

se convierte en pájaros peregrinos

que desaparecen en los huertos privados

de los hombres desnudos.

 

 

Ella tiene en su boca de ensueño

el océano de mis besos

y hasta ciertos mares furiosos

de mis amores...

Y me maldice cuando llega la noche

y estoy sobre el ebrio tejado

danzando

y ella ronronea mi presencia.

Es mi gata en celo

yo su amante lejano

ausente

ebrio

loco

que suspira sus uñas afiladas

mientras me lamo el pelo

con mi lengua áspera.

Soy felino púrpura

visitando las palomas blancas

para "violarlas".

 

Publicado en OIDOS NEGROS(Poesía)
Sábado, 19 Mayo 2018 07:29

Mientras imagino / Mariana Ossa /

 

 

Mientras imagino

Mariana Ossa

Mientras imagino

Mariana Ossa

 

 

 

A veces imagino

una ciudad llena de cantos de sirena

hipnotizada, sonriente

con pájaros encima de los techos

haciendo de despertador

 

A veces imagino

un amor de dioses

iluminando esa ciudad

bajando lunas

para cada habitación

 

A veces imagino

niños pintados de mar

que no se ahogan

sacando estrellas

desde el fondo

 

A veces miro

y se me pierde la ciudad

mientras imagino.

 

 

Abrazos

                 A Daniel López

 

Hay abrazos que se parecen

A una estrella titilando

En los ojos de la noche

A una hoja que está por

Caer pero se aferra a

Ese árbol que es su vida.

 

Hay palabras que no necesitan decirse

Cuando hay abrazos que las desarman

Y se quedan mudos de existencia. 

 

Quién ha sentido esos abrazos

Sabe que entre el cielo, la naturaleza

Y el silencio

No hay distancia

Son

      un sólo misterio.

 

 

Instantes

 

En un aguacero
el niño que se queda a saltar charcos
y ver su reflejo en ellos.

En un temblor 
quien se pone a dar
vueltas con la tierra

En una cuerda
los que cierran los ojos
y se dejan caer

En un ritual 
la bailarina que 
se incendia el cuerpo

En esos instantes
ocurre la revelación.

 

 

 

 

 

 

Hartazgo

 

Harta los millones de disfraces que veo usar a diario y los que debo vestir para no ser arrojada al vacío
harta el interés de mis zapatos y no el de mis pies cansados
harta el dolor de no llegar a ser esa princesa vendida en el mercado donde todos compran

todo harta y lo único que puedo hacer es mirar al vacío, seguir caminando y ser eso que no se puede conseguir en los mercados.

 

 

NOSOTROS

                A Diego Sánchez                    

 Nosotros 
es la palabra más íntima
la más acompañada 
el yo desaparece 
y el tú se advierte lejano.

Nosotros 
suena a canto de sirena
a luces de New York 
a mar de los siete colores 
a poema inacabado.

Nosotros 
no es más que un soplo de esperanza
después de la avalancha 
una cortina siempre abierta 
para nunca estar a oscuras.

Cuando somos nosotros 
la tristeza es igual a 2 x 0 
y la alegría a 2 x 1 
el miedo baja al inframundo 
para traer más fuego
y la valentía es eso 
que cada día hacemos 
para despertar 
siendo NOSOTROS.

 

Publicado en OIDOS NEGROS(Poesía)

 

 

 

SUEÑO CON CABALLOS BLANCOS

MIGUEL TONHATIU ORTEGA

 

                                  A Brenda Aguilar

 

 

 

Hoy hubo algún muerto, quizá dos o tres.

Formas ancestrales que aún no tienen nombre.

Vienes de un sitio desconocido.

Tu naricilla fina de niña, tu forma extraña de conocer el mundo.

La playa.

Existen pocas cosas debajo de la luz:

algunos espejos exilian las sombras,

las llamas vacilantes por el viento, alguna efigie corriendo

en una intensa búsqueda, algun brillo instantáneo;

caballos blancos a trote e imágenes de cúpulas como

lunas ancestrales

y perdidas.

Hoy hubo algún muerto, seguramente. Sin los espejos llameantes,

ni silencios,

sólo la luz afilada de una luna parecida a [ti.

Sólo falta tu naricilla de niña.

 

 

 

MALA ENTRAÑA

 

El espasmo y el grito sólo son formas del malestar interior,

los sabios antiguos decían: lo que es arriba es abajo,

el mundo ha dado un vuelco lo que es adentro es afuera.

El campo abierto, el cielo de la ciudad, los hombres como fantasmas

pierden el rostro: el humo es cegador.

La mujer del cuadro espera su amante.

Hay un dolor interno: todo reposa en el vientre.

 

 

 

PERFIL DE ROCA

 

Algunas veces los dioses esconden

en la materia inerte,

otras, cuando la suerte vuelve su faz, pueden esconderse

en los sueños.

Unas formas extraordinarias atrapan la materia 

en un acto onírico, 

la forma de la greca,

el sonido hacen un viento interno indescifrable.

Publicado en OIDOS NEGROS(Poesía)
Página 8 de 34

Invitados en línea

Hay 6187 invitados y ningún miembro en línea