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DE FRANCIA A MEXICO (2)

 IÑIGO MALVIDO

IMPRESIONES / IMPRESSIONS

 

Traduction par Nadia Mondragón

 

 

Estos poemas fueron publicados en 2017 en la Editorial francesa RAZ,

en una colección dedicada conjuntamente a dos autores franceses y dos mexicanos.

Hoy les presentamos el texto Impresiones, del mexicano Iñigo Malvido.

Más información en https://razeditions.jimdofree.com/catalogue/collection-raz-fr-mx/

 

 

Angustia y pieles

 

Ahora no sé la presencia,

ésta se reparte en múltiples presencias

y cada una debe escuchar la luz.

Por la noche las manzanas hablan distinto

los nervios se humedecen

y la respiración parece surgir

desde el fondo de una alberca.

Con el alba todo cambia,

el instante aparece enloquecido

mientras los escalones observan

como se llena el cielo con bandadas de zapatos

ignorantes del reposo, que a veces

como rayo, atraviesa algún pie desnudo.

Pierdo mis brazos en la tarde,

las estatuas ríen cuando alargo la vista.

El vértigo recrea, la oscura pradera indefinida

en donde aúllo por encontrar un nombre,

un pulso que no se abata

y sostenga al mar de cada río.

 

Angoisse et peaux

 

Maintenant je ne sais pas la présence,

celle-ci se divise en multiples présences

et chacune doit écouter la lumière.

Le soir les pommes parlent autrement

les nerfs s'humidifient

et la respiration semble surgir

des profondeurs d'un bassin.

Avec l'aube tout change,

l'instant devient fou

tandis que les marches observent

comme le ciel se remplit de nuées de chaussures

insensibles au repos, qui parfois

comme un éclair, traverse quelque pied nu.

Je perds mes bras le soir,

les statues rient quand j'élargis le regard.

Le vertige recrée, l'obscure prairie indéfinie

où je hurle pour trouver un nom,

un pouls qui ne flanche pas

et qui soutienne la mer de chaque rivière.

 

 

 

Modern Love

 

Como novia de otro siglo

cultiva tu mano los fuegos del anillo.

Periodistas, relojes y pantallas

el encanto perecedero

tienen por sastre a tu desconfianza.

Aún recuerdas cómo hacer las cosas,

el viento no dobla a todos los árboles,

están los corazones que vigilan sus cenizas.

 

Hay algo que no se pierde

aunque forjamos la costumbre de mirar aviones

y descubrir continentes sin sorpresa,

lo saben las sombras

que prefirieron alejarse de la luz eléctrica.

 

La ternura de las estrellas calza tus zapatos.

 

 

 

Modern Love

 

Comme une fiancée d'un autre siècle

ta main cultive les feux de l'anneau.

Journalistes, horloges et écrans,

l'enchantement périssable,

ils ont ta méfiance pour couturier.

Tu te souviens encore de comment faire les choses

le vent ne courbe pas tous les arbres,

ils restent les coeurs qui surveillent leurs cendres.

 

Il y a quelque chose qui ne se perd pas

même si l'on forge la coutume de regarder des avions

et de découvrir des continents sans être surpris,

les ombres qui ont préféré s'éloigner de la lumière électrique

le savent.

 

La tendresse des étoiles porte tes chaussures.

 

 

 

 

 

Blanco

 

Señor, he puesto mi corazón

en el corazón de la diana,

la tierra y el cielo se desdoblan

mostrándome el camino.

Estoy despierto en tu santa

voluntad, respiro el agua

que transformas en vino,

me atrevo a mirarte en la mesa

que siempre hemos compartido.

No recuerdo cuánto censuré

tu tacto, que al holgarme

estuve con el niño

que con lágrimas alegres

doradas, sacudía a las montañas.

Confieso no me arrepiento,

la promiscuidad de la noche

también enciende a los sentidos,

la rebelión humana

afiló mi lengua

y haberme encontrado

más alto que los dioses

diamante de lo impuro

sobre el reflejo de un charco,

me ha hecho reconocer

lo sagrado del engaño.

Pido porque los hombres

tengamos la gracia de hallarte

presente, como eres,

en la intimidad de la memoria,

por el ablandamiento del alma

y porque corran libres

las aguas y la historia femeninas.

Señor, el sol acaricia las alas

de tu flecha, y en el corazón de la diana

está su corazón.

 

 

 

 

Blanc

 

Seigneur, j'ai posé mon coeur

au coeur de la cible,

la terre et le ciel se déplient

en me montrant le chemin.

Je suis éveillé en ta sainte

volonté, je respire l'eau

que tu transformes en vin,

j'ose 0 te regarder à la table

que nous avons toujours partagée.

Je ne me souviens pas combien j'ai censuré

ton toucher, ni qu'en m'amusant

j'ai été avec l'enfant

qui avec des larmes de joie

dorées, secouait les montagnes.

Je m’avoue sans regret,

la promiscuité de la nuit

allume aussi les sens,

la révolte humaine

a aiguisé ma langue

et de m’être trouvé

plus haut que les dieux

diamant de l'impureté

sur le reflet d'une flaque,

m'a fait reconnaître

le sacré du mensonge.

Je prie pour que nous les hommes

ayons la grâce de te trouver

présent, tel que tu es,

dans l'intimité de la mémoire,

pour l'amollissement de l'âme

et pour que les eaux et l'histoire féminines

courent libres.

Seigneur, le soleil caresse les ailes

de ta flèche, et au coeur de la cible

se trouve son coeur.

 

 

 

One of these days

 

Algún día

sin percatarme de la hora

voy a morir.

Mis huesos

se contentarán

con ser devorados

por la tierra,

que de ello

ha hecho siempre

un buen provecho.

Mi alma retornará

al sitio de las cosas ligeras,

donde uno puede holgarse

sin las tareas

que significan

al cuerpo del hombre,

donde la pena y la fortuna

son lo mismo

y nadie se ocupa

de vivirlas.

 

 

One of these days

 

Un jour

sans m´apercevoir de l'heure

je vais mourir.

Mes os

se contenteront

d'être dévorés

par la terre,

qui en

a toujours

bien profité.

Mon âme reviendra

sur le lieu des choses légères,

où l'on peut être à l’aise

sans les tâches

qui importent

au corps de l'homme,

où le malheur et la chance

sont la même chose

et personne ne s’occupe

de les vivre.

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Viernes, 09 Octubre 2020 03:06

Imágenes de Tehuantepec / César Rito Salinas /

 

 

Imágenes de Tehuantepec

César Rito Salinas

 

Ese

círculo que

forman las sillas

Alberto Blanco, EMNBLEMAS

 

Para Angélica Ambrosio

I

Ella juntaba las hojas secas,

las ramas del árbol.

Cuando llegaba la nube de zancudos

-tarde bermeja-,

ella encendía el fuego.

Por la tarde juntaba a sus hijos en el patio.

Junto al humo,

amorosa los protegía de los zancudos.

 

II

¿Qué puedo decir de la sopa de lentejas?

Cuidó mi infancia de huérfano.

Nada sabía de quiebras económicas,

huracanes nivel 5,

desgracias.

Cuando tembló en el 17,

entre ruinas, comí lentejas.

No pude encontrar nada mejor a la hora del derrumbe.

 

 

III

De vez en cuando me arrimo al fuego,

el humo trae de vuelta las certezas.

 

IV

Incompleto puedo poner palabras,

tarde bermeja.

 

V

Con el paso de años busco el verano

de las blusas holgadas,

los aguaceros repentinos,

las huellas de la mujer en la habitación.

Tarde bermeja,

nada mueve la nube de zancudos

que vuelven con el aire.

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NIEVES ÁLVAREZ

Traduction par Miguel Ángel Real

 

Poèmes du livre “Cercana lejanía / Closer farness”,

de Nieves Álvarez y Bina Sarkar Ellias. Edition bilingue anglais-espagnol.

Ed. Lastura, 2020

 

 

 

 

CHIFFRES

 

 

Les chiffres nous envahissent

avec leur couleur de sang et de paradis.

Les personnes sont des chiffres,

les animaux sont également des chiffres,

les mots d'amour et les promesses

que personne ne tient jamais :

recycler les ordures,

ne pas gaspiller l'eau,

protéger les oiseaux,

ne pas mettre le feu aux bois

-même si les commanditaires payent très bien-,

ne pas abandonner les chiens

ni les vieilles personnes qui à présent sont encombrantes

mais qui depuis toujours nous ont tout donné.

 

Les chiffres sont fatigués de compter

et les comptables font brûler à l'unisson

toutes les touches des calculettes

et le gaspillage des calculs

dans le rite cruel des suicides.

 

 

Les chiffres de la vie sur la planète sont dans le rouge.

Un vert continent de plastique et de rage

avance sur la mer des malheurs

réclamant aux morts et aux vivants

sa place dans l'histoire.

 

Les poissons se nourrissent

de notre déraison

et attachée à leur tristesse, ils ont

le poison qui porte notre nom.

 

Nous le savons, nous le commentons peut-être,

mais nous ne faisons rien et les chiffres de la planète

sont toujours dans le rouge.

 

 

 

 

 

NÚMEROS

 

Nos invaden los números

con su color de sangre y paraíso.

Las personas son números,

números son también los animales,

las palabras de amor y las promesas

que nadie cumple nunca:

reciclar la basura,

no derrochar el agua

proteger a los pájaros,

no prender fuego al monte

-aunque  paguen muy bien quienes lo ordenan-,

no abandonar a perros

ni a personas mayores que ahora nos estorban

y nos lo dieron todo desde siempre.

 

Los números se cansan de contar

y los contables queman al unísono

todas las teclas de calculadoras

que derrochan los cálculos

en el rito cruel de los suicidas.

 

La vida en el planeta está en números rojos.

Un verde continente de plásticos y rabia

avanza por el mar de las desdichas

reclamando a los muertos y a los vivos

su lugar en la historia.

 

Los peces se alimentan

de nuestra sinrazón

y llevan amarrada a su tristeza

el veneno que tiene nuestro nombre.

 

Lo sabemos, tal vez lo comentemos,

pero no hacemos nada y el planeta

sigue en números rojos.

 

FEMME

 

Que veux-tu que je te dise,

ta peau et ta tendresse sentent la peur,

tu baisses le regard et le sol

est ta patrie et ta vérité.

 

Ne t'abaisse pas, ne cache pas

tes seins volumineux,

ton visage souriant,

ta beauté infinie,

tes envies de vivre.

 

La perception de l'autre t'incommode-t-elle,

ses paroles t'agressent,

ses instincts assassins te violent,

sa religion te condamne peut-être ?

Ne permets pas qu'on gâche ta vie,

qu'on parle pour toi,

qu'on embrasse avec tes lèvres,

qu'on utilise ton nom.

 

N'arrête pas d'être toi.

 

 

 

                                              

MUJER

 

Qué quieres  que te diga,

huele a miedo tu  piel y tu ternura,

oblicuas la mirada y es el suelo

tu patria y tu verdad.

 

No te agaches, no escondas

tus pechos abultados,

tu cara sonriente,

tu belleza infinita,

tus ganas de vivir.

 

¿La percepción del otro te incomoda,

te agreden sus palabras,

te violan sus instintos asesinos,

te condena tal vez su religión?

No  permitas que te amarguen la vida,

que hablen por tu boca,

que besen con tus labios,

que utilicen tu nombre.

 

No  dejes de ser tú.

 

 

SOUVENIR PASSAGER

 

Nous jouions à faire la ronde, aux poupées,

aux osselets, aux petits chevaux, à mon petit œil voit

et on rêvait sans compter

quand les trains passaient, et nous agitions

notre mouchoir de lin et ses dentelles,

avec nos chaussures vernies,

une pluie d'étoiles

et quelques gouttes de magie sur le nez.

 

Personne ne nous avait dit que la vie était autre chose,

que les larmes étaient la pluie des jours sombres,

que grandir était une façon de vivre

sans quitter l'enfance

et qu'un jour les poèmes garderaient

la douleur et l'angoisse

dans des boîtes en cristal.

 

 

RECUERDO PASAJERO

 

Jugàbamos al corro, a las muñecas,

las tabas, el parchís, el veo-veo

y los sueños —sin nombre—

de ver pasar los trenes agitando

el pañuelo de lino con puntillas,

zapatos de charol,

lluvia de estrellas

y unas gotas de magia en la nariz.

 

Nadie nos dijo nunca que la vida era otra,

que el llanto era la lluvia de los días oscuros,

crecer era una forma de vivir

sin salir de la infancia

y un día los poemas guardarían

el dolor y la angustia

en cajas de cristal.

 

 

 

 

 

QUESTIONS SUCCESSIVES

 

Quelqu'un peut me dire où est-ce que je trouve

la phrase pertinente, le cataplasme fertile,

le remède précis contre la mer qui fait mal ?

 

Est-ce que quelqu'un sait guérir les hématomes

qui naissent dans la poitrine des oiseaux de passage

tout comme les morts respirent sur l'eau ?

 

Est-ce que quelqu'un connaît un vers, le mot précis,

l'adverbe, l'adjectif ou le pronom personnel

qui efface les chagrins échoués sur le sable ?

 

Est-ce que quelqu'un a la lettre décisive,

cette lettre capable de rendre visible

ce que personne ne semble vouloir voir ?

 

Est-ce que quelqu'un peut me dire en quelle langue

on nomme la tristesse, les soupirs de fond

de la mer Méditerranée, la force de la lumière ?

 

Est-ce que quelqu'un a chez lui les étreintes qui manquent,

les silences en trop, les mains généreuses,

l'accueil sûr du temps de vivre ?

 

 

 

 

 PREGUNTAS SUCESIVAS

 

¿Alguien  puede decirme dónde encuentro,

la frase pertinente, la cataplasma fértil,

el remedio preciso para el dolor de  mar?

 

¿Alguien sabe curar los hematomas

que nacen en el pecho de las aves de paso

lo mismo que los muertos respiran sobre el agua?

 

¿Alguien conoce un verso, la palabra precisa,

el adverbio, adjetivo o pronombre personal

que redime tristezas varadas en la arena?

 

¿Alguien tiene la letra decisiva,

esa letra capaz de hacer visible

lo que nadie parece querer ver?

 

¿Alguien puede decirme en qué idioma

se nombra la tristeza, los suspiros de fondo

del mar Mediterráneo, la fuerza de la luz?

 

¿Alguien tiene en su casa los abrazos que faltan,

los silencios que sobran, las manos generosas,

la segura acogida del tiempo de vivir?

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Martes, 29 Septiembre 2020 03:54

Ciudad hambrienta / Alejandro de la Concha /

 

 

Ciudad hambrienta

Alejandro de la Concha

 

Una ciudad poblada por fantasmas,

de sombras que sueñan ser hombres.

Una ciudad de ecos color cobre,

murmullos grises que sueñan ser palabras.

Una ciudad de relojes deformes,

en la que se muere al salir de casa,

en la oficina, en largas jornadas. 

 

Una ciudad de epopeyas inconclusas,

de juguetes rotos, de madera hinchada,

de faldas manchadas de sangre, rasgadas,

de jóvenes de esperanzas ilusas.

Donde la poesía ha sido olvidada,

donde lo bueno, lo malo, líneas difusas,

donde el dinero, la educación no alcanzan

para ese lujo llamado esperanza.

 

Una ciudad que tiene nombre de bestia.

Cronos devorando a sus hijos.

Una ciudad siempre hambrienta.

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Disertación contra el soneto

Roberto López Moreno

 

Perder en estos tiempos el tiempo en un soneto es ocio tedioso, odioso, porque el verso, aritmética oscura, limita su universo entre sumas y restas y restos de un faceto y chocante y pedante y pujante mamotreto. En un lenguaje nuevo francamente es perverso sujetar las palabras; si el efecto es adverso, por parir un poema se aborta un triste feto. Los poetas modernos debemos bien unidos formar un solo frente contra dicha amenaza. Los que no escriban sonetos son netos sonidos de su tiempo, de un tiempo, nuestro tiempo, nuestra era plagada de ritmos diferentes. Sonidos pasa los que contando versos jamás dijeron nada.

¡Jamás he escrito un soneto; qué mal gusto, no lo haría, verdad de Dios no lo haría, no lo haría Qué boleto! No lo haría ni en secreto, no lo haría, no lo haría, no lo haría, no lo haría.

Jamás he escrito un soneto.

¿La verdad? Que es una bronca, si una palabra no entronca con el final anterior, no falta un poeta añejo que te trate de pendejo y eso sí que no. Mejor, si un soneto me manda a hacer Violante y en la vida me miro en tal aprieto, le azoto con el arpa, porque un reto tan grosero, falaz y repugnante, no es para mí, poeta de talante, poeta de mi tiempo, de respeto.Total, no se hable más ¡Muera el soneto! y que rime rimando por delante. El argumento a favor del verso blanco es tan simple: la libertad que goza le cubre con prudencia todo blanco. El verso libre es forma portentosa.

Aquí ni el ni tu... ni yo me  atranco. ¿Un soneto? ¡For God!, qué fuchi cosa.

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DANIEL OLIVARES VINIEGRA

Traduction par Miguel Ángel Real

 

 

 

 

POÈME INFINI

 

Une femme est capable de toutes les drôleries

de faire sortir un chapeau d’un lapin

De sillonner pendant des heures, en donnant des cours de bavardage,

les places, les villes, les mondes ou les océans remplis de foules

(sans s'épuiser, d'ailleurs, même pas un peu)

...pour se repoudrer ensuite le nez

ou re-brosser à nouveau ses cils avec une cuillère

(pas forcément en bois

peu importe la taille

comme celles qu'on utilise pour manger, par exemple,

dans les marmites de mole ou de pozole)

 

Une femme est capable de toutes les démesures

D'extraire un candélabre de son sac

ou d'éliminer aussi celui ou ceux qui la ou les harcèlent,

les souillent, ou du moins ceux qui les rabaissent sournoisement

ou les font disparaître abominablement

ou du moins « ils tentent » de le faire par action ou par omission...

pour ensuite raccommoder ou broder des linceuls

qui disent à ces monstres misérables et bien ça suffit,

pas une de plus ni de moins et alors « bon vent »

 

Une femme est capable de faire des choses fabuleuses

De préexister même si on n'est pas encore dimanche

de réapparaître après vingt ans et dire à son retour, comme si de rien n'était,

« bonjour ;

je crois que j'ai un peu faim, qu'est-ce qu'on cuisine... »

Ou de s'évaporer (jamais pour toujours) dans le brouillard bleu d'un matin pâle

 

Une femme est capable de tiédir le vent le plus glacial

d 'abattre des murs orientaux et occidentaux

de faire bouillir même les hauts sommets enneigés

d'allumer le fourneau ou une révolution après un printemps prolongé

de rafraîchir et aussi de se rafraîchir devant certains sièges si mystérieux

tellement exaspérés car exaspérants

 

Une femme est capable d'accomplir tous les exploits incalculables

De courir les 100 mètres en 10 secondes

-ou peut-être un peu moins-

de gravir cinq cent fois l'Everest

ou de commander le prochain voyage habité vers la galaxie d'Andromède

pour coloniser en un clin d’œil tout le système Alpha du Centaure

pendant que (apparemment sans se plaindre)

elle s'occupe de sa maison, de son emploi au bureau,

et de sa demi douzaine -environ- de morveux insupportables

 

Et ne venez pas nous dire qu'une femme ne peut pas faire ceci ou cela

...parce qu'immédiatement vous aurez comme réponse

en plus d'irrépressibles simagrées ou de certains débuts de pleurs et d'orages,

un homme à moitié mort devant elle

ou finalement quelqu'un mort de peur, ou un demi homme, c'est selon,

à moins que tout simplement on vous applique au moins l'infaillible

rafale glaciale de son indifférence blessante

 

Un femme est capable de se rendre toujours puissante

D'ouvrir sa poitrine et offrir son cœur, blanche colombe

de séduire non seulement un mâle mais tout le troupeau

de mourir de tristesse au cas où

de finir un verre ou toute une bouteille sans avoir mal au crâne

de patiner dans les fanges innommables

et même de danser tregua et de chanter catala[1]

et aussi d'écrire, de raconter ou de chanter des vérités

pendant qu'elle danse et qu'elle calme les colères des autres

ou bien de signer et de condamner sa propre histoire

et de dessiner et de répandre, ensuite,

une lumière de diamant plus rose que rose sur toutes les

têtes souillées des autres

… de sonder et de remonter des défaites insondables

… de te fermer les yeux le jour de ta mort

… ou, à ce moment même, tout simplement,

de sourire, en te faisant croire qu'en vérité tu nais à nouveau

et de te bénir et de t'embrasser pour la dernière fois comme

cette fois-là ou, oui, vraiment, ce fut la première

Ce qui veut dire qu'elle te laisse partir (sans rien sentir) dans des spirales et des ritournelles

à jamais

en te disant un peut-être maintenant et de façon permanente

c'est pour ton bien :

« mon amour : je t'aime ».

 

Une femme est capable de tout...

 

 

 

 

 

POEMA INFINITO

 

Una mujer es capaz de cualquier cosa divertida

De sacar una chistera de un conejo

De surcar por horas y horas, dando clases de cháchara

por entre plazas, urbes, orbes u océanos atestados de multitudes

(sin agotarse, por demás, siquiera un ápice)

… para polvearse en seguida la nariz,

o re–enchinar nuevamente sus pestañas con una cuchara

(no necesariamente de madera

y sí inclusive de cualquier medida

como las que se usan para palear, por ejemplo,

entre las cazuelas del mole o del pozole)

 

Una mujer es capaz de cualquier cosa realmente tremenda

Tanto de extraer un candelabro de su bolso

como de eliminar también a quien o a quienes a ella o ellas las asedian,

las mancillan, o al menos a quienes preteridamente las disminuyen

o hasta ominosamente las desaparecen

o al menos “así intentan” por acción u omisión hacerlo…

para luego zurcir o bordar mortajas

que a esos desalmados infelices digan, pues ya está,

ni una más o ni una menos y pues entonces “buen provecho”

 

Una mujer es capaz de hacer cualquier cosa fabulosa

De preexistir aunque todavía no sea hoy domingo

de aparecerse luego de veinte años y decir como si nada, al regresar,

“hola, buenos días;

creo que ya voy teniendo un poco de hambre, qué preparamos…”

O de esfumarse (no nunca para siempre) por entre la niebla azul de una pálida mañana

 

Una mujer es capaz de entibiar el más gélido cierzo

de derrumbar muros orientales y occidentales

de hacer bullir incluso altas cumbres nevadas

de encender el fogón o una revolución luego de una prolongada primavera

de refrescar y refrescarse también ante algunas de esas sedes tan ignotas

como harto exasperadas por exasperantes

 

Una mujer es capaz de cualquier hazaña incalculable

De correr los 100 metros en diez segundos

-o quizá tal vez en un poco menos-

de escalar quinientas veces el monte Everest

o de capitanear el próximo viaje tripulado a la galaxia de Andrómeda

para colonizar en un dos por tres a todo el sistema Alfa Centaury

en tanto (sin aparente queja alguna)

se hace cargo de su casa, de su empleo en la oficina,

y su poco más de casi media docena de insoportables mocosos

 

Y no se atreva a decir usted  que una mujer no puede hacer tal o cual cosa

… porque de inmediato tendrá como respuesta

a más de irrefrenables aspavientos o ciertos amagos de llantos y tormentas

ante ella un hombre medio muerto

o al fin un muerto de miedo, o medio hombre, dado el caso,

si no es que meramente a usted se le aplica al menos la infalibe

ráfaga glacial de la (su) lacerante indiferencia

 

Una mujer es capaz de cualquier cosa poderosa…

De abrirse el pecho y ofrecer su corazón blanca paloma

de seducir no sólo a un macho sino a toda la manada

de morirse de tristeza por si acaso

de apurar una copa o toda una botella sin marearse

de patinar por entre fangos innombrables

lo mismo de bailar tregua que de bailar catala

y lo mismo de escribir, contar o cantar verdades

mientras danza y aplaca ajenas furias

o bien de firmar y sentenciar su propia historia

y de dibujar y desparramar, luego de ello,

rosa y más que rosada luz diamantina sobre todas aquellas

ajenas cabezas mancilladas

… de sondear y remontar derrotas insondables

… de cerrarte los ojos el día de tu muerte

… o de, en ese preciso instante, simplemente

sonreír, haciéndote creer que en verdad naces de nuevo

y bendecirte y besarte por última vez como aquella

o esta otra que sí / en verdad / fue la vez primera

Lo que viene a ser dejarte ir (y sin sentir) en espirales y ritornelos

para siempre

diciéndote un quizá ahora sí y de manera permanente

es por tu bien:

“mi amor; te quiero”.

 

Una mujer es capaz de cualquier cosa…

 

 

 

 

NOPOÈME INFINI (OU TOUT SIMPLEMENT POUR RESTER)

 

Ceci n'est pas un Poème

il ne fut pas écrit pour secouer l'univers

il ne brandit pertinemment aucune cause, ni personnelle ni étrangère

il ne remonte pas vers des arcanes inconnus et immémoriaux

il n'évoque pas non plus les plus anciennes ou millénaires langues mortes

il n'est pas elfique, iambique et surtout pas dithyrambique

il n’égrène pas de souffrances ni ne griffonne de crépuscules

il ne s'abrite pas derrière l’influence de déesses blanches ou de n’importe quelle autre

                                                                                                                                  bordée

                                                                                                                                  perlée

                                                                                                                             polychromie

                                                                                                                          (poly) phonique

Il ne résonne ni ne chante

il ne s’envole pas

il ne prétend pas secouer les consciences

ce n’est pas un poème d’amour ni de deuil

Sans traducteur ni propagateur possible

il ne fait ni allusion à Marcel Duchamp ni à René Magritte

ni ne pratique la vivisection des grenouilles

ni ne dissèque des objets

Il est truffé de lieux communs

il ne brille même pas comme un loriot

ce n’est pas non plus une élégie ni une romance ni un vers

(que SR veuille bien m’excuser… ainsi que monsieur RR[2])

Il n’aspire pas à rendre hommage

il ne célèbre aucune bataille héroïque

il ne brise pas des écoles

il n'intertextualise pas ni ne cite d’autres brillants auteurs

à l’exception peut-être de ceux qui vont de César Vallejo à Ida Vitale

Il tombe largement dans un ton familier

il n’est ni mythique ni ascétique

et encore moins sceptique ou même laïc

 

Ce n’est pas un cocktail Molotov

 

Il ne se balance ni avec la mer ni avec le vent

Il n’est pas une simple négation comme non plus jamais en aucun cas

 

Ceci n’est ni ne sera un poème :

il n'a cure de la forme ni de la versification

Il n’attaque ni ne défend…

Il n’est et n’a pas prétendu être

Il ne fut pas et il ne devient pas non plus

Il ne sera pas même s’il le veut

Aussi imparfait que plus-que-parfait

jamais il n’atteindra

ni tes oreilles

ni tes yeux

 

Ceci est aussi bien un simple Non

 

-GirOndO[3]  et rOnd-

 

Ou pas aussi simplement

 

                        … sans vouloir être à peine.

 

 

NOPOEMA INFINITO (O PARA SIMPLEMENTE PERMANECER…)

 

Esto no es un Poema

no fue escrito para sacudir al universo

no enarbola procedentemente ninguna causa ni propia ni ajena

no remonta hacia ignotos arcanos inmemoriales

no evoca tampoco a las más antiguas o milenarias lenguas muertas

no es élfico ni yámbico, ni mucho menos ditirámbico

no desgrana padeceres ni emborrona atardeceres

no se ampara en influjos de diosas blancas o de cualquier otra

                                               orlada

                            perlada

                            policromía

                           (poli)fónica

No suena y no canta

no eleva el vuelo

no pretende sacudir conciencias

no es un poema de amor ni de duelo

Sin traductor ni propalador posible

no hace alusión a Marcel Duchamp ni a René Magritte

ni vivisecciona ranas

ni disecciona objetos

Plagado está de lugares comunes

no destella siquiera cual oropéndola

no es tampoco una elegía ni un romance ni un verso

(con perdón de SR…lo mismo que del señor RR)

No pretende un homenaje

no celebra ninguna heroica batalla

no rompe escuelas

no intertextualiza ni cita a otros brillantes autores

con excepción quizá de los que van de César Vallejo a Ida Vitale

Incurre sobradamente en lo conversacional

no es místico ni ascético

mucho menos escéptico como tampoco seglar

 

No es una bomba molotov

 

No se mece ni con la mar ni con el viento

No es mera negación como tampoco jamás nunca

 

Esto no es ni será un poema:

no cuida la forma ni la métrica

No ataca y no defiende…

No es ni ha pretendido

No fue ni tampoco viene estando

No será aunque lo quiera

Tan Imperfecto como pluscuamperfecto

jamás llegará

ni a tus oídos

ni a tus ojos

 

Esto es si acaso un simple No

 

–GirOndO y redOndO–

 

 

Si bien no simplemente

 

…sin querer apenas siendo.

 

 

 

[1]Termes inventés par Julio Cortázar dans Historia de cronopios y de famas

[2]SR : Silvio Rodríguez, chanteur cubain. RR : Roberto Rosales, poète mexicain.

[3]Oliverio Girondo, poète argentin (1891-1967)

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ISABEL MIGUEL

Traduction par Miguel Ángel Real

 

 

 

ÉL

 

Él se acuna en la forma de la risa,

en la luz del anzuelo contra el agua

prodigando la vida frente al tiempo.

 

Yo entonces no entendía del verso de su boca

                                      ni de su mano ausente.

 

En un murmullo ciego,

                                     las paredes reclaman su presencia.

 

 

 

LUI

 

Il se berce dans la forme du rire,

dans la lumière de l'hameçon contre l'eau

prodiguant la vie face au temps.

 

Je ne comprenais pas alors le vers dans sa bouche

                                               ni dans sa main absente.

 

Dans un murmure aveugle,

                                               les murs réclament sa présence.

 

 

 

ELLA

 

Ella enhebra la aguja

descosiendo sus ojos en puntadas

y la radio fundiéndose en la tela.

 

Nosotras, puro juego,

desollamos la calle,

preservando la piel para el mañana.

 

Nunca tuvo mi tiempo más urgencia.

 

 

 

ELLE

 

Elle enfile l'aiguille

et découd ses yeux à chaque point :

la radio se fond dans la toile.

 

Nous, jeu pur,

nous écorchons la rue,

préservant la peau pour le lendemain.

 

Jamais mon temps ne fut plus urgent.

 

 

 

 

 

DESAHUCIO

 

Se llamaba María

y tenía su casa

muy cerca de la tuya.

Y  hace días, muy pocos, que no vive.

Hace días que no sale a la compra,

que no asoma su rostro a la ventana,

que no sueña

ni habla

ni respira.

Se ha vencido en el caos de la crisis

al terror del desahucio y del vacío.

Así mueren los pobres,

en silencio,

en el gris abandono de sus vidas,

sin conocer el grito de su fuerza,

su protesta en un coro de gargantas.

Y culpo a la avaricia,

a los mercados,

a los que nos gobiernan pese a todo,

de esta muerte.

Se llamaban María, Ana o Luisa,

poco importan sus nombres.

Su silencio es ahora

el fin de los silencios.

 

 

 

EXPULSION

 

Elle s'appelait María

et sa maison était

très près de la tienne.

Et depuis quelques jours, elle n'y habite plus.

Cela fait des jours qu'elle ne va plus faire les courses,

qu'elle ne montre pas son visage à la fenêtre,

qu'elle ne rêve

ni ne parle

ni ne respire.

Elle a été vaincue dans le chaos de la crise

par la terreur de l'expulsion et du vide.

Ainsi meurent les pauvres,

en silence,

dans l'abandon gris de leurs vies,

sans connaître le cri de leur force,

leurs protestations dans un chœur de gorges.

Et je blâme l'avarice,

les marchés,

ceux qui nous gouvernent malgré tout,

pour cette mort.
Elles s'appelaient María, Ana ou Luisa,

peu importent leurs noms.
Leur silence est maintenant

la fin des silences.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En qué la lágrima.

Si hay un talud de escombros y una mano.

Si hay una marcha-huida en el camino

y el peso del adiós rompe en la espalda.

 

En qué la lágrima.

Si hay hambre que es angustia y es futuro.

Si hay un temblor que llora en cada niño

y la muerte se esconde en sus zapatos.

 

Cuándo, dónde la lágrima.

Si una profunda arruga está tallando

su rictus de dolor en cada rostro.

 

El mar es tumba y llanto

para sus ojos secos.

 

 

 

En quoi les larmes.

S'il y a un talus de décombres et une main.
S'il y a une marche-fuite sur le chemin

et que le poids de l'adieu se brise sur le dos.

 

En quoi les larmes.

S'il y a la faim, qui est angoisse et avenir.
S'il y a un tremblement qui pleure dans chaque enfant

et que la mort se cache dans leurs chaussures.

 

Quand, où les larmes.
Si une ride profonde taille

son rictus de douleur sur chaque visage.

 

La mer est une tombe, des pleurs

pour ses yeux desséchés.

 

 

 

 

 

MURO

 

Dice tapia, pared

                           y digo muro.

Dice hormigón creciente

                          y digo llaga.

 

No es cicatriz, es larga herida abierta

de sangre triste y aciago recorrido.

 

Digo paz y aparece

herida la paloma.

 

Digo libre y justicia

y sus colores saltan,

salpican la grisura

e impregnan el cemento,

                      pero no lo derriban.

 

El muro fagocita

                     las ideas más nobles.

 

 

 

 

MUR

 

On dit cloison, paroi

                                    et moi je dis mur.

On dit béton croissant

                                    et moi je dis plaie.

 

Ce n'est pas une cicatrice, mais une longue blessure béante

au sang triste et au parcours funeste.

 

Je dis paix et elle apparaît

blessée, la colombe.

 

Je dis libre et justice

et ses couleurs sautent,

elles éclaboussent la grisaille

et imprègnent le ciment,

            mais ne l'abattent pas.

 

Le mur phagocyte

                        les idées les plus nobles

 

 

 

 

AGUIJÓN

 

En un chispazo, la certeza

de ser ya cuerpo herido.

 

La carne es una masa.

La carne es la apariencia y tu figura.

La carne que se apega a tanta carne.

 

Renunciar a la masa y no a tu cuerpo

y despedirte en ella de una etapa.

 

Adivinar en ese aguijonazo

el coste trascendente de estar viva.

 

 

 

DARD

 

Sur une étincelle, la certitude

d'être déjà un corps blessé.

 

La chair est une masse.

La chair est l'apparence et ta figure.
La chair qui s'attache à tant de chair.

 

Renoncer à la masse et pas à ton corps

et en elle prendre congé d'une étape.

 

Deviner dans ce coup de dard

le coût transcendant d'être vivante.

 

 

 

 

 

 

En la sal y la espuma,

en la umbría del árbol

entierro el rugido del hueso,

el feroz alarido de la carne.

 

La atávica certeza

y el arcano misterio

ocultos en la flor que alienta,

en el vigor pujante de la savia.

 

Como la piel,

la arena guarda

la pertinaz certidumbre del tiempo.

 

 

 

 

Dans le sel et l'écume,

dans l'ombre de l'arbre

j'enterre le rugissement de l'os,

le hurlement féroce de la chair.

 

La certitude atavique

et le mystère arcane

cachés dans la fleur qui t'encourage,

dans la vigueur puissante de la sève.

 

Comme la peau,

le sable garde

la certitude obstinée du temps.

 

 

 

 

Apenas se sucede la eclosión,

cada pequeña larva emprende la tarea.

Trabajo y alimento crean surcos,

dejan rastro de quera tras su paso.

Galerías, caminos, galerías.

Buscando qué futuro, qué salida.

Con su trabajo lento y continuado

apuntan  destrucción a este presente.

 

Todo terminará en la tristeza,

                                     así es su carcoma. 

 

 

 

L'éclosion se succède à peine,

chaque petite larve se met à la tâche.

Le travail et l'aliment créent des sillons,

laissent des traces de termite après leur passage.

Des galeries, des chemins, des galeries.

À la recherche de quel avenir, de quelle issue.
Par leur besogne lente et continue

elles visent la destruction de ce présent.

 

Tout s’achèvera dans la tristesse,

                                               telle est leur vermoulure.

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Miércoles, 12 Agosto 2020 01:47

Ricardo Venegas / Turba de sonidos*/

 
 
 
 
 
Ricardo Venegas

Turba de sonidos*

 

 

 

 

III

 

Volver,

alguien respira en la canícula del viaje,

sólo se escuchan remolinos de viento encadenado,

el vértigo de la palabra

y esta voz

con el velo del alba que se agita.

 

Vuelvo a nombrarte

desde la confusión de haber nacido

porque te reconozco

en cada cicatriz que me describe,

en cada rostro que amó tu rostro

y se extravió en el polvo.

 

 

IV

 

Ora mis pasos lanzan

espuelas de sentido,

¿cuántas veces me vi en otros ojos,

en la ceguera tibia de movimientos turbios,

en rincones de sueño en que se hunde la oración?,

¿cuántos vocablos hablaré para decir  

“también soy nube que regresó a la carne”?

 

 

 

V

 

 

Yo te perdono Dios

desde la infancia,

desde el niño llorando

por su premonición de gota de agua,

en medio de los vientos

que dejaste para encender el fuego,

perdono al pasajero

que deja su oración

para otro nómada.

 

Miro los páramos

y soy la voz en el desierto:

ábrete cielo,

abre la brecha a tus caídos,

esa es la puerta que nunca se cerró.

 

 

 

*Poemas del libro Turba de sonidos, de reciente aparición en la editorial española Juglar: https://editorialjuglar.com/producto/turba-de-sonidos/

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Miércoles, 12 Agosto 2020 00:47

Marco Antonio Orozco Zuarth / Selección Poética /

Foto: Victor Herrera

 

 

Selección Poética 

Marco Antonio Orozco Zuarth

 

 

 

No hay más

 

Escribo porque la lluvia

se ha de llevar la palabra

símbolo de los tiempos.

 

Escribo para ofrecerte

el quetzal  de mi pensamiento

para volar al infinito de tu sombra.

No hay más.

Escribo.

Vuelo de poeta

 

 

Chiapas fue el vuelo del poeta

y se hizo paisaje

y se convirtió en imagen

y la metáfora fue piedra

la piedra río y selva

historia y leyenda.

 

Nacayumba renació Dios

emergió la Reina Roja

y Pakal está ahí

 

La luna son seis desnudas

el mar y la noche espadañas

y soñó

              y vivió

                         y voló

paradigmas de un mismo paisaje.

 

Dama del silencio

 

 

 

Es en el silencio más profundo

dónde se encuentra el vacío

en el lugar de los sueños

ahí nace el caudal.

 

Vacío que no es la nada

sino universo y principio

lugar de las ideas

encuentro de significancias.

 

Ahí donde se escucha el susurro del silencio

ahí donde se multiplican las palabras

nacen torrentes como el agua

y la brisa bifurca los sentidos

 

Caudal de silencios eres

quién naufraga en el amor

como el que calla en el estruendo

como el que grita en el estadio.

 

Solo tú, como iniciada,

puedes ser la Dama del Silencio

siendo comunicadora, poeta,

cronista, académica y amiga

 

Silencio más silencio

uno a uno

no harán más que

abrazar tus palabras.

ESTA AHÍ

 

 

En Chiapas encontré un poema

que nunca se escribió.

Un poema que quise escribir o leer,

que busqué y no encontré.

 

Y es que el poema está ahí:

en las hojas, en el río, en la montaña

en el camino, en la hormiga y en el jaguar.

 

En todos y en cada uno de sus elementos,

que justamente armonizados

declaman, cantan y tocan la marimba.

 

Es un poema

está ahí,

lo sentimos, lo escuchamos.

 

Se oye en tzotzil, tzeltal, tojolabal,

castellano, zoque, mame, chol, lacandón

y hasta en el eco del antiguo maya.

 

Lo escribimos todos,

a la orilla del río, frente al mar,

en la casa, en la montaña,

en el valle, en la ciudad.

 

Lo escuchamos casi todos,

cuando estamos solos.

Junto a la compañera,

sus cabellos se asemejan a la poesía.

 

Los poemas visten pantalones, faldas,

usan huaraches, algunos pasamontañas,

otros… simplemente nada.

 

Los poemas hablan de amor,

de alegría, de ilusiones y de ensueños,

algunas veces de guerra,

pero casi siempre de paz.

 

En Chiapas está en todos lados,

en Rosario, en Duvalier, en Sabines, en Noquis,

pero también en Juan y en María,

están en todas partes,

pero no saben leer ni escribir.

 

Está en lo grandioso y en lo pequeño,

el poema no tiene dimensiones,

simplemente

está ahí.

 

SENTIDOS

 

 

I

 

Vivir la vida sin sentido,

no tiene sentido,

pero

          ¿cuál es ese sentido?

 

Si el sentido está definido en otra vida,

entonces

          ésta no tiene sentido.

 

Si el sentido está en el universo,

entonces tenemos que inventarlo aquí.

           Lo inventamos todos.

 

Algunos son comunes, son de todos.

Otros

          son sólo de uno.

 

De todos o de uno,

ahora el sentido es seguirlo.

Vivir y morir para ese sentido,

es ahora el sentido.

 

Si el sentido está aquí,

entonces ¿dónde está el universo?

¿Qué sentido tiene lo que no está aquí?

 

Muchos tratan de darle sentido

¿Será que el sentido de la vida,

son los sentidos que no encontraron

otro sentido?

 

¿Existe la libertad de buscar sentido?

¿Es la búsqueda de sentido lo que nos

da libertad?

¿Tendrá sentido la búsqueda de ese sentido?

 

 

II

 

Vivir para buscar sentido,

vivir mientras tenga sentido.

Morir cuando no hay sentido.

 

Tener un sólo sentido,

dos, tres, cuatro o cinco,

y morir con ellos.

 

Construir muchos sentidos,

seguirlos, alcanzarlos, rebasarlos,

encontrar contrasentidos.

 

Otros y muchos sentidos,

quizá alguno tenga sentido.

 

Procrear nuestro sentido,

engendrar a otros que

sigan nuestra búsqueda.

 

Sentido y contrasentido

para uno y para todos.

 

 

TU POESIA LA ESCRIBO DE NOCHE

 

 

Tu poesía la escribo de noche.

 

La luna te hacer brillar

    ​​​   te ilumina.

El sol te oculta

   ​​ te disuelve.

 

Durante el día

    te pierdes en la multitud.

 

Todo se aglomera

        te disipas en el semáforo

            ​​​de la esquina.

 

Por la noche eres mía

   te toco

te siento 

   te pienso.

 

 

En el día

el mundo se apropia de ti.

Te aferras a todo

   ​​  luchas por lo que eres.

 

Durante la noche

   solo yo.

 

Destierras lo construido en el día

    ​​y en la oscuridad

      ​​​ te entregas a la vida.

 

Te poseo

       te pienso

 y cuando me duermo

   te atrapo

     ​​ y eres mía.

 

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Humo Sólido no. 10 Mario Guzmán Pérez //  Cuando ya todo esté prohibido // abril - mayo 2017//

 

 

 

 

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