Miércoles, 20 Mayo 2020 04:18

CAROLE CARCILLO MESROBIAN / Traducción de Miguel Ángel Real /

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CAROLE CARCILLO MESROBIAN

Traducción de Miguel Ángel Real

 

 

Parfois
au gré des vents
d’ici
avalés par ton sang
par tes âges tes lèvres qui ne se cabrent plus sous la pente du souffle
tu marches

Le chemin de halage
t’enlise
sous l’épave d’un nom
l’épreuve du sable creux au boudoir des mondes
emprunte une quiétude poussive
qu’amenuise l’ennui

La distance de ton front à le terre
est cette démesure 
au regard des hommes
cette insistance ronde comme une nuit sans aube
à abjurer ta peur
bouche épaisse de vie
dans le bruit de ton corps
comme un soldat ferreux
dans la rouille du feu

Mais les champs recommencent
sur la plaie de la terre
et recommenceront

Dans le froid de ta chair s’épouse encore l’oubli

 

 

 

A veces

a merced de los vientos

de aquí

tragados por tu sangre

por tus edades tus labios que ya no se encabritan bajo la pendiente del aliento

caminas

 

El camino de sirga

te estanca

bajo el pecio de un nombre

la prueba de arena hueca en el tocador de los mundos

toma prestada una quietud positiva

que disminuye el tedio

 

La distancia de tu frente a la tierra

es esta desmesura

en la mirada de los hombres

esta insistencia redonda como una noche sin alba

para abjurar de tu miedo

boca espesa de vida

en el ruido de tu cuerpo

como un soldado ferroso

en el óxido del fuego

 

Pero los campos recomienzan

sobre la llaga de la tierra

y recomenzarán

 

En el frío de tu carne aún se desposa el olvido

 

 

 

 

 

Je panse la louve noire

on m’a vue ramasser

le pan des lunes sur les lacs

et me vêtir de tes paroles

 

On ne m’a jamais sue

comme ta bouche me nomme

tisser le fil chenu des chevelures

démesurées

portes du marécage

veineux de joncs

 

Je cherche la potence du monde

démunie des arcanes spectaculaires

des croyances

j’appelle ton front contre mon front

dans la poussière mutique

de nos âmes

 

Souviens-toi

des paroles du temps

son langage est la gangue des bouches

assoiffées de puissance

 

Nous nous sommes épelés

sur l’aura des béances

d’une transe elliptique

dans un murmure éteint

l’Aleph était notre ange

 

Viendras-tu me chercher

il n’y a plus d’automne capable de tomber

les feuilles de ma peine

Viendras-tu me chercher

 

 

 

Consuelo a la loba negra

me vieron recoger

el jirón de las lunas en los lagos

y vestirme con tus palabras

 

Nunca supieron de mí

como tu boca me nombra

tejer el hilo cano de los cabellos

desmesurados

puertas de la ciénaga

venosa de juncos

 

Busco la horca del mundo

desprovista de los espectaculares arcanos

de las creencias

llamo a tu frente contra mi frente

en el polvo mudo

de nuestras almas

 

Acuérdate

de las palabras del tiempo

su lenguaje es la ganga de las bocas

sedientas de potencia

 

Nos deletreamos

en el aura abierta

de un trance elíptico

en un apagado murmullo

el Aleph era nuestro ángel

 

¿Vendrás a buscarme ?

ya no hay otoño capaz de derramar

las hojas de mi pena

¿Vendrás a buscarme ?

 

 

 

 

 

 

 

Octobre
comme déjà
les gravats sentent gris comme un banc de baleines échouées par la pluie
ça git sous la fumée 
traîne pestilentielle de lueur à moi-même
et ni père ni mère
n’ont enclos ma distance
je suis de ce voyage
comme un aller perdu

 

Descendre jusqu’au fleuve
peut-être où oublier
le tablier d’absences qui empèse ma robe
et regarder aller sa splendeur rugueuse

 

Le sais-tu souviens-toi
toi qui habites enfin le sursis des montagnes
que nos frères sont là les matins de croyances
escamotés de peur pour couper sous la peau 
les soieries de l’enfance

 

Toi qui ne t’agenouilles qu’au-devant de ta nuit
mon parfum ma mémoire
te diront ma venue
tu sauras mon visage comme on lit dans le noir
l’énigme de l’oubli

 

J'espère que tu m'attends 
si peu même parfois
comme un présent 
munificent
j'espère que tu m'attends

 

 

Octubre

y ya

los escombros huelen a gris como un banco de ballenas varadas por la lluvia

yace bajo el humo

rastro pestilente de brillo a mí misma

y ni padre ni madre

han cercado mi distancia

soy de ese viaje

como una ida perdida

 

Bajar hasta el río

tal vez donde olvidar

el mandil de ausencias que almidona mi vestido

y ver discurrir su esplendor rugoso

 

¿Lo sabes ? Recuerda

tú que habitas por fin el plazo de las montañas

que nuestros hermanos están ahí en las mañanas de las creencias

escamoteados de miedo para cortar bajo la piel

las sedas de la infancia

 

Tú que sólo te arrodillas ante tu noche

mi perfume mi memoria

te anunciarán mi venida

sabrás de mi rostro como se lee en las sombras

el enigma del olvido

 

Espero que me aguardas

muy poco incluso a veces

como un presente

munífico

espero que me aguardas

 

Extractos inéditos de Octobre, escrito con Alain Brissiaud

Visto 529 veces Modificado por última vez en Miércoles, 20 Mayo 2020 04:54
Carole Carcillo Mesrobian

Carole Carcillo Mesrobian

 

Poeta, crítico literario, actriz y editora de revistas, es la autora de Foulées désultoires (2012, Editions du Cygne), A Contre murailles y Le Sursis en conséquence. (2013 et 2017, Editions du Littéraire), La Choucroute alsacienne (2016, Editions L’âne qui butine), Qomme questions, de y con Jean-Jacques Tachdjian par Vanina Pinter, Carole Carcilo Mesrobian, Céline Delavaux, Jean-Pierre Duplan, Florence Laly, Christine Taranov y A Part l’élan, con Jean-Jacques Tachdjian (2018, Editions La chienne Edith), Aperture du silence (2018, PhB éditions), Ontogenèse des bris, (2019, PhB éditions), Fem mal, creado por Wanda Mihuleac (2019, éditions Transignum), L’Agencement du désert, (2020, Z4 éditions, collection La Diagonale de l’écrivain).

 

Ha participado en las antologías Dehors (2016, Editions Janus), Apparaître (2018, Terre à ciel) De l'humain pour les migrants (2018, Editions Jacques Flamand) Esprit d'arbre, (2018, Editions pourquoi viens-tu si tard), Le Courage des vivants (2020, Jacques André éditeur), Le Chant du cygne, Anthologie 2020 (2020, éditions du Cygne).

 

Sus textos, entrevistas y críticas han sido publicadas en las webs Recours au Poème, Le Capital des mots, Poesiemuzicetc., Le Littéraire, Le Salon Littéraire, Décharge, Texture, Sitaudis, De l’art helvétique contemporain, Libelle, L’Atelier de l'agneau, Décharge, Passage d'encres, Test n°17, Créatures , Formules, Cahier de la rue Ventura, Libr-critique, Sitaudis, Créatures, Gare Maritime, Chroniques du çà et là, La vie manifeste, Francopolis, Poésie première, L’Intranquille, Phoenix. , Le Ventre et l’oreille.

 

Co-dirige la revista de poesía on line irecours au poème desde 2016 con Marilyne Bertoncini y se ocupa de la gestión de La Multinationale Poétique - LMP dirigida por Wanda Mihuleac

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