FABIEN DROUET

FABIEN DROUET

FABIEN DROUET

Autor de poesías y relatos, músico, compositor, intenta vivir en lyon (Francia). Ha encontrado en la escritura y la lectura de formas cortas un medio vital de impresiones y de expresión.

Anima las revistas La Terrasse y 21 minutes.

Publicaciones :

Vive l’hôpital public, 2016, autoédition

Reflets du hasard, 2017, autoédition

Sans retenue (à paraître en octobre 2018) aux éditons Karbone

Contacto: Autoi : https://www.facebook.com/fabien.drouet2 Revista la Terrasse : https://editions-la-terrasse.blog4ever.com/numero-3-de-la-terrasse-revue-de-poesie-heteroclite

 

 

 

Compendio poético de

FABIEN DROUET

Traducción de Miguel Ángel Real

 

 

Recuerdo aquel viento

El sabor del pan en la calle vacía

Te perseguía como un niño

Tan ciego como la sangre

 

Recuerdo aquel viento

Que silbaba bajo una luna atenta

“Hermana, ¿cuánto tiempo tardaré

en dejar de ser sangre suya?”

 

Y quería que me dejaras atrás

Que nos perdiéramos para siempre

Pero el niño seguía persiguiéndote

Esperaba el próximo turno

 

Me presentabas como a un hijo

Recuerdo aquel viento

Yo ardía pero me portaba bien

Tan dócil como violento

 

Tengo miles de pedazos de iconos

Me encontraron en la calle vacía

Hicimos el largo viaje

Penetramos en la jaula

 

 

 

Cuelgan los cadáveres en los edificios las ruinas

Títeres exquisitos de ritmo monócromo

Al ver la ciudad su viento registra al gentío

Y los transeúntes tropiezan sin darse cuenta

 

Allá lejos el oleaje la brisa se extiende

Planetas sin ruido que nuestros sueños maquillan

Allá pájaros con pico regalan necrotecas

Para las miradas desviadas las razones de reinar

 

Esos dioses que olvidaron hacer ir salar la errancia

Con sus dientes afilados descarnar la luz

Y disfrazados de trance hipnotizan nuestros sentidos

Y los transeúntes se acechan y los transeúntes se acechan

 

Es nuestro el fuego del número y el apetito de los crímenes

Nuestros los brazos en la sombra de alcanzar las cimas

Revolver los códigos civiles y quemar las bastillas

Y los transeúntes tropiezan sin darse cuenta

 

Esgrimen la amenaza nos ensucian

 

 

 

 

 

 Mis fantasmas y mi bruma

 

 

Mis fantasmas y mi bruma

Las lágrimas que no lloré

Mis recuerdos mudos

Mi cuerpo es una caja

 

Las armas que cobré

En la punta de la lengua

Mis iras encadenadas

Y mis bailarines sin cuerpo

 

Floto como bandera blanca

Sobre el campo de batalla

Mis cenizas eternas

Me deletreo en vuestros ruidos 

 

No quiero la paz

Mis caballeros sin cabeza

No quiero la guerra

Voy a dejarnos llevar

 

Las armas que cobré

En la punta de la lengua

Mi cerebro desencajado

Lloro fusiles

 

Empapo mis sudores

En los besos de otras bocas

No huelo mal

Dibujo diablos

 

Me regalo un pedazo de mí

Me bebo ante vosotros

Mucho mejor si brindáis

Por mi niño perdido

 

Trozos de fuegos mínimos

Le dan alma al mío

Mis ojos no saben

Mirarse en ellos

 

Mis recuerdos mudos

Los busco en todas partes

Las lágrimas que no lloré

Mis fantasmas y mi bruma

 

En mis ojos cerrados

Es donde mejor veo

Cuando el corazón más lento

Hace latir vuestros tambores

 

En el secreto de las lenguas

Ajenas a mi voz

Los pinceles de la noche

Os dibujan un rostro

 

Soy un caballero

Sin nada que conquistar

Un caballerito

Solitario y hablador

 

A mis campanas empecinadas

Les regalo una misa

Mis fantasmas y mi bruma

Que no conozco

 

Las lágrimas que no lloré

Mis trozos de fuego mínimos

Mis recuerdos mudos

Mis fantasmas y mi bruma

 

Lo juro por la vida

ya no quiero más guerra

 

 

 

 

 Experiencia

 

 

Canta junto a su sombra

desfigurado

 

La ventana se abre, el ruido de la ciudad,

6h03 hace un silencio

 

Recuerda que la amó e incluso imaginó

una cita

 

La habitación gira -Vértigos-

y tres libros abiertos

 

Tumbado, con caballos en el vientre

Pesados

inmóvil ante el obstáculo

 

Disco de invierno,

Un viejo sol psiquiátrico amarillo pálido

llama,

 

el sonido se mezcla al rumor

 

Le reza a su sombra para que se lo lleve,

 

Su sombra, tumbada, lo escruta,

Intenta algo

 

 

 

Me acerco.

 

Ya no saber hablar.

 

Alcanzarte. Un olvido.

Revivir en el olor.

Alcanzarte.

O sólo acercarme.

Ahí estoy no espero. Animal.

No creer más.

No tener ya bando.

A pesar del sí y del no que ya son sólo dos.

Cuando toca elegir.

Rápido.

Con ellos no puedes elegir. Aquí.

Pero aquí ha terminado.

Me acerco.

Un olvido.

Reunirse

O sólo acercarse

ya no saber hablar Revivir en el olor

vivir el olor

de niño confundir la mañana la noche

y el ruido de una puerta que se cierra

el sueño el gesto

la piel

el alba

el ocaso.

Olvidar su aderezo en la corte de una noche. Que devora.

Y la armadura de los salarios.

Desnudo

un poco más desnudo

Jugar

Volver

Irse.

A caballo en el vientre

El misterio me perfora

Traspasa el cráneo de las ideas. 

Un sol nuevo un olor

brota fuera de mi sombra

que se alarga.

No dejas de huir.

No dejo de huir.

Aquí estoy. No espero nada de ti.

Alcanzarte.

O sólo acercarme

Alcanzarte

y revivir el olor.

 

El primer mensaje.

 

 

Fabien Drouet

 Compendio poético 

 

 

Je me souviens de ce vent-là

Du goût du pain dans la rue vide

Il te suivait comme un enfant

Aussi aveugle que le sang

 

Je me souviens de ce vent-là

Sifflant sous la lune attentive

« Ma sœur il me faudra combien de temps

pour ne plus être de son sang ?»

 

Et je voulais que tu me sèmes

Que l'on se perde pour toujours

Mais l'enfant te suivait quand même

Il attendait le prochain tour

 

Tu me présentais comme un fils

Je me souviens de ce vent là

Bouillonnant je me tenais sage

Aussi docile que violent

 

J'ai des milliers de bouts d'icônes

Ils m'ont rejoint dans la rue vide

Nous avons fait le long voyage

Nous avons pénétré la cage

 

 

 

Ils pendent les cadavres aux buildings les ruines

Marionnettes exquises au rythme monochrome

A la vue de la ville leur vent fouille les foules

Et les passants trébuchent sans s'en apercevoir

 

Au bout là-bas la houle la brise déroule

Des planètes sans bruit que nos songes maquillent

Là des oiseaux à becs offrent des nécro-thèques

Aux regards déviés les raisons de régner

 

Ces dieux sont laissés faire aller saler l'errance

De leurs dents aiguisées décharner la lumière

Et déguisés en transe hypnotisent nos sens

Et les passants se guettent et les passants se guettent

 

A nous le feu du nombre et l’appétit de crimes

A nous les bras dans l'ombre d'atteindre les cimes

Brouiller les codes civils et brûler des bastilles

Et les passants trébuchent sans s'en apercevoir

 

Ils brandissent la menace nous encrassent

 

 

 

 

Mes fantômes et ma brume

 

 

Mes fantômes et ma brume

Mes larmes non pleurées

Mes souvenirs muets

Mon corps est une boîte

 

Mes armes empochées

Sur le bout de la langue

Mes colères enchaînées

Et mes danseurs sans corps

 

Je flotte en drapeau blanc

Sur le champ de batailles

Mes cendres éternelles

Je m'épelle à vos bruits

 

Je ne veux pas la paix

Mes chevaliers sans tête

Je ne veux pas la guerre

Je vais nous laisser faire

 

Mes armes empochées

Sur le bout de ma langue

Mon cerveau déboîté

Je pleure des fusils

 

Je trempe mes sueurs

Au baiser d'autres bouches

Je ne sens pas mauvais

Je dessine des diables

 

Je m'offre un bout de moi

Je me bois devant vous

Tant mieux si vous trinquez

A mon enfant perdu

 

Des bouts de petits feux

Donnent de l'âme au mien

Mes yeux ne savent pas

Se regarder dedans

 

Mes souvenirs muets

Je vous cherche partout

Mes larmes non pleurées

Mes fantômes et ma brume

 

C'est dans mes yeux fermés

Que je vous vois le mieux

Quand le cœur plus lent

Fait battre vos tambours

 

Dans le secret de langues

Étrangères à ma voix

Les pinceaux de la nuit

Vous dessinent un visage

 

Je suis un chevalier

Sans rien à conquérir

Un petit chevalier

Solitaire et bavard

 

Mes cloches entêtées

Je vous offre une messe

Mes fantômes et ma brume

Que je ne connais pas

 

Mes larmes non pleurées

Mes petits bouts de feux

Mes souvenirs muets

Mes fantômes et ma brume

 

Je jure sur la vie

je ne veux plus la guerre

 

 

 Expérience

 

 

 

 

Il chante à côté de son ombre

défiguré

 

La fenêtre s'ouvre, le bruit de la ville,

6H03 fait un silence

 

Il se souvient il l’a aimée il s’était même imaginé

une rencontre

 

La chambre tourne - Vertiges -

et trois livres ouverts

 

Couché, chevaux dans le ventre

Lourds

immobile devant l’obstacle

 

Disque d'hiver,

Un vieux soleil psychiatrique jaune pâle

toque,

 

le son se mêle à la rumeur

 

 

Il prie son ombre de l’emporter,

 

Son ombre, couchée, le dévisage,

Elle tente quelque chose

 

Je m'approche .

 

Ne plus savoir parler .

 

Te rejoindre . Un oubli .

Revivre dans l'odeur .

Te rejoindre .

Ou juste m'approcher .

Je suis là je n'attends pas . Animal

Ne plus croire .

Ne plus avoir de camp .

Malgré les oui les non qui ne sont plus que deux .

Quand il faut choisir .

Vite .

Tu n'as pas le choix chez eux . Ici .

Mais ici c'est fini .

Je m'approche .

Un oubli .

Se rejoindre

Ou juste s'approcher

ne plus savoir parler Revivre dans l'odeur

vivre l'odeur

enfant confondre le matin le soir

et le bruit d'une porte qui claque

le rêve le geste

la peau

le lever

le coucher .

Oublier sa parure dans la cour d'une nuit . Qui dévore .

Et l'armure des salaires .

Nu

un peu plus nu

Jouer

Revenir

Partir .

A cheval dans le ventre .

Le mystère me perce

Transperce le crâne des idées .

Un soleil neuf une odeur

point hors de mon ombre

qui s'allonge .

Tu ne cesses de fuir .

Je ne cesse de fuir .

Je suis là . Je n'attends rien de toi .

Te rejoindre .

Ou juste m'approcher

Te rejoindre

et revivre l'odeur .

 

Le tout premier message